Les images de Diongo font des victimes à Kinshasa

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franck-diongoAlors que le collectif des avocats de Franck Diongo animait un point de presse hier lundi 09 janvier 2017 au siège du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP), sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, pour dénoncer les irrégularités constatées dans le procès de cet acteur de l’opposition à la Cour Suprême de Justice, des hommes en uniforme se sont invités sur les lieux.
 A la base de cette intervention musclée de la police, il y avait des images de Franck Diongo placardées devant le siège de son parti. Ces images, a-t-on constaté, présentent le président du MLP comme un martyr de la démocratie, menotté, brutalisé et saignant abondamment au moment de son arrestation, le lundi 19 décembre 2016 à son domicile.
La résistance des militants du MLP, qui tenaient à tout prix à protéger ces images estimées historiques du chemin de la croix de leur leader, face aux forces de l’ordre qui voulaient les arracher, a provoqué des échauffourrées avec la police, qui  ne s’est pas empêchée d’investir la concession du parti de Franck Diongo.
            Militants, cadres du MLP et journalistes venus assister au point de presse des avocats de Franck Diongo ont été dispersés sans sommation et certains frappés. Mais, aucune arrestation n’a été signalée.
            Les avocats de Diongo, avec Me Bondo en tête, étaient obligés d’interrompre leur activité à l’étape des questions et réponses avec la presse. 
            Avant l’incident, les avocats de Franck Diongo ont démontré que leur client était condamné dans un procès qu’ils ont qualifié de la honte. Pour le doyen de ce collectif, Me Bondo, le député national Franck Diongo a été condamné à cinq ans de prison par une juridiction ayant cessé d’exister depuis la réforme de la justice, dont les grandes lignes sont esquissées dans la Constitution du 18 février 2006.
            Il a souligné que la Cour Suprême de Justice a été dissoute depuis le 15 novembre 2016 par une ordonnance présidentielle, et 30 jours après la publication de ladite ordonnance dans le Journal officiel, soit le 15 décembre 2016, elle était d’application sans faille.
            « Les juges de l’ancienne Cour Suprême de Justice ne peuvent plus se muer en juges de cassation pour juger Franck Diongo », a-t-il martelé. D’après Me Bondo, le procès intenté contre l’élu de Lukonga était éminemment politique, d’autant plus que les juges recevaient des instructions de l’extérieur, et que l’arrêt rendu pour la circonstance avait été diffusé par des médias proches du pouvoir plusieurs minutes avant son annonce en audience publique.
            Les autres avocats ont dénoncé la manière cavalière dont Franck Diongo avait été arrêté puis conduit de force par les forces de l’ordre de l’hôpital où il se trouvait aux soins d’urgence jusqu’à la Cour Suprême de Justice, contre l’avis de son médecin traitant. On l’avait même vu couché sur une chaise roulante et sous perfusion devant la barre.   EW