Il y a 20.000 ans, les mathématiques seraient nées en RD Congo

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La République Démocratique du Congo (RDC) serait le véritable berceau des mathématiques dans le monde. Vraiment étonnant voir même choquant pour plusieurs générations de mathématiciens et d’intellectuels congolais, africains ou étrangers à qui on a appris que cette discipline aurait pour berceau d’autres cieux tels que la Mésopotamie, la Grèce antique, l’Egypte ou encore ailleurs. Toutes ces civilisation naviguent autour de 5000 ans à partir d’aujourd’hui. Par contre, l’ « Os d’Ishango » (que certains nomment aussi Bâton d’Ishango), est le plus ancien objet mathématique découvert en 1950, après des fouilles archéologiques au Nord-Est de la RDC, dans un village appelé Ishango, au bord du Lac Edouard (que les autochtones nomment Lac Rutangike). Il fait remonter l’apparition des mathématiques aux environs de 20.000 ans à partir d’aujourd’hui. Un os sur lequel figurent des inscriptions mathématiques indéniables, ayant comme base les chiffres de 1 à 10. Il bénéficie de plus en plus d’une reconnaissance mondiale.
            L’Os d’Ishango continue à jeter les troubles dans l’esprit des chercheurs et intellectuels du monde entier à partir du Musée royal de Belgique où il est bien conservé. Après cette découverte, un autre os, du même genre a également été découvert sur le même site, pendant la même période, par un autre archéologue belge. Ah oui ! les preuves scientifiques sont là attestant l’antériorité de l’apparition des mathématiques dans notre pays. Cette situation a conduit Maker Mwangu Famba, ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPS/INC) et Président de la Commission nationale pour l’UNESCO – en partenariat avec l’Asbl Investing in People (IIP) – à organiser le samedi, 11 juillet 2015, à l’Hôtel Memling de Kinshasa, une conférence-débat sur le thème : « Et si les mathématiques étaient nées il y a 20.000 ans en République Démocratique du Congo ? ». L’objectif poursuivi par cette activité est double. D’une part, faire connaître l’Os ou Bâton d’Ishango au public congolais pour son appropriation  scientifique et culturelle en vue de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, d’autre part, promouvoir l’utilisation de l’héritage scientifique et culturel de nos sociétés traditionnelles (comme l’art Tshokwe) pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement. Le ministère de l’EPS/INC et IIP ont cherché ainsi à donner une occasion au public de découvrir cet objet mathématique et la civilisation qui l’a produit.
Deux conférences pour une appropriation du patrimoine culturel
            Deux conférences ont marqué cette rencontre. La première tenue par le Prof. Bakwafulu Paul, un archéologue, a porté sur « L’Os d’Ishango : sa découverte et son environnement préhistorique » ; tandis que la seconde, animée par Mme Raïssa Malu, directrice d’IIP asbl, physicienne et professeur de physique et de mathématique a porté sur le thème : « Et si les mathématiques étaient nées il y a 20.000 en RDC ? ». Les deux exposés ont montré que les intellectuels congolais, particulièrement les jeunes ne doivent plus considérer les mathématiques et les sciences comme des disciplines importées. Ils doivent au contraire se  l’approprier comme patrimoine de leurs ancêtres. Mme Raïssa Malu a davantage rappelé plusieurs exemple de nos culture, particulièrement chez les Tshokwe, où les questions mathématiques sont très développées.
            Un débat a permis aux participants d’enrichir la rencontre en invoquant plusieurs exemples culturels et mathématiques tirés de diverses traditions mais qu’on néglige. Des avantages de l’apprentissage en langues maternelles ont aussi été évoqués par les participants qui étaient des chercheurs, des membres de l’Unesco et des associations, des professeurs, des journalistes et des hommes politiques. A ce sujet, le ministre Maker Mwangu a informé l’assistance du projet « ELAN » (Etudes en langues nationales) qui privilégie, au niveau fondamental, la scolarisation en langues nationales. Actuellement, cette expérience est tentée à Kisangani (Province Orientale) où elle donne déjà de bons résultats.
SAKAZ