IGDPA : le professeur Mbata et son équipe reviennent sur le respect des constitutions en Afrique

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mbataRevue internationale, africaine, bilingue et multidisciplinaire des sciences sociales, le deuxième volume de la Revue Africaine de la Démocratie et la Gouvernance (RADG), comportant les numéros 5 et 6, de l’année 2015, vient d’être lancée sur le marché scientifique. Cette cérémonie de lancement, dirigée par le vice-doyen de la faculté de Droit en charge des recherches scientifiques, s’est tenue le vendredi 28 août 2015, dans la salle Pierre Akele Adau de la faculté de Droit de l’université de Kinshasa. Œuvre de l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IGDPA), ce deuxième volume a comme particularité, la participation des jeunes doctorants dans la rédaction des articles. Ces publications rentrent dans le cadre d’un bon développement d’une nation qui ne peut se faire qu’à travers les recherches scientifiques, a soutenu son rédacteur en chef, le professeur André Mbata Mangu.
Plusieurs sujets sont développés dans ces deux volumes. Il s’agit entre autres de «La fragilité d’un Etat et la crise à l’Est de la République démocratique du Congo ; «La problématique de l’Etat de droit et de sa refondation en Afrique : cas de la RD Congo» ; «L’obligation de démocratiser en droit international» ; «L’épidémie à virus ebola» : «Iimplication sur le processus de démocratisation en Sierra Léone» ; «Les banques commerciales sont elles insensibles aux taux directeurs de la banque centrale en RDC», «Décentralisation agricole, développement rural et gouvernance locale en RDC» ; «L’exclusion de la RDC de l’AGOA :le néolibéralisme au service de l’hégémonie américaine»; ; «L’institution d’une juridiction pénale internationale pour les crimes commis en RDC :une nécessité de justice et de paix durable enfin , le cas du président Bashir et le rétropédalage de l’Etat Sud Africain après Mandela ».
De tous ces articles, il ressort que la RDC est un Etat fragile, incapable de fournir des services essentiels à sa population, et d’assurer la sécurité de son territoire, des personnes et de leurs biens. Cette fragilité remonte à l’Etat indépendant du Congo qui, malgré sa renaissance internationale, était une propriété privée du Roi Léopold II, avec comme esclaves, les habitants. Le Congo belge et le Zaïre de Mobutu n’avaient reproduit que la prédation héritée du système d’exploitation léopoldien qui s’est aggravé avec les régimes après Mobutu.
La solution à cette crise passe par la reconstruction de l’Etat à travers la mise en place d’un gouvernement légitime et responsable, capable de s’acquitter des fonctions fondamentales qui consistent à consolider son autorité et sa légitimité,  assurer la sécurité du territoire, des personnes et de leurs biens, à fournir des services essentiels à la population, et à mobiliser des ressources financières nécessaires.
Pour ce qui est du rétropédalage de l’Afrique du Sud après sa ratification du Traité de Rome, avec le phénomène Omar al-Bashir, André Mbata a estimé que la constitution de 1993 qui était remplacée par celle de 1996 avait fait entrer l’Afrique du Sud dans une ère démocratique après l’apartheid. Aux termes de cette constitution, l’Afrique du Sud s’était fondée  sur des valeurs telles que la suprématie de la constitution, l’Etat de droit, et les droits humains.
L’élan donné par le président Mandela était poursuivi par le président Thabo Mbeki, avec notamment l’accession au statut de Rome établissant une Cour pénale internationale. Cependant, le traitement réservé par le gouvernement de Jacob Zuma au cas du président soudanais Omar Al-Bashir, poursuivi par la CPI et qui participait au sommet de l’union africaine à Prétoria en juin 2015, avant de repartir sans être inquiété constitue un recul concernant l’Etat de droit en Afrique du Sud.
Il n’est pas normal pour un pays qui s’est engagé librement au respect du doit constitutionnel et à une coopération avec la justice puisse s’opposer à une demande formulée par les autorités judiciaires. Cela équivaut aussi pour tous les pays en général et africains en particuliers, qui après avoir mis sur pied une constitution et promis de la respecter, se mettent ou cherchent à la violer à travers la modification des dispositions même verrouillées. Ce comportement des dirigeants africains, pour se maintenir au pouvoir, constitue un rétropédalage néfaste pour la démocratie et conduit à la ruine. Tous doivent apprendre à respecter la constitution qu’ils ont juré de respecter lors de leur prestation de serment.
Par ailleurs, il est important de signaler que l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique a remis un ordinateur à la faculté de Droit de l’Université de Kinshasa. Ce second ordinateur servira à la réalisation des recherches au sein de cette faculté.
Yves Kadima