Ifasic : sortie de la seconde femme professeure

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Grande distinction : c’est la mention qui a été prononcée par le professeur Hilaire Mbiye pour sanctionnée la thèse défendue samedi 29 mars à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (Ifasic) par Lucienne Kabangi Mutanda, alors Chef des travaux dans cet établissement de l’enseignement supérieur et universitaire.  Intitulé « Les crises politiques et la presse écrite en République démocratique du Congo. Analyse sociopolitique », le mérite de cette recherche doctorale dont les résultats sont désormais connus, c’est d’avoir  réussi à démontrer que dans la sphère politique congolaise, les crises politiques récurrentes trouvent leurs relais dans les médias, particulièrement dans la presse écrite. Cela du fait que chaque acteur politique en vogue ou pas  cherche  toujours à avoir une tribune où faire passer ses idées. Lucienne Kabangi Mutanda a de ce fait établi une passerelle entre la création des organes de presse écrite  et la situation politique, quelles que soient les époques. Et les deux périodes étudiées, notamment la période de 1960 à 1965 et la transition politique de 1990 jusqu’aux élections de 2006 marquent une forte poussée de titres de journaux  sur le marché médiatique RDCongolais.

            Promue par le Professeur Paul Okomba Wetshisambi de l’IFASIC, la thèse Lucienne  Kabangi  qui compte 379 pages avec 65 pages annexes est partie du constat selon lequel il existe une relation étroite entre les crises politiques et la prolifération des journaux en RDC. Elle était pour cela  persuadée que les crises politiques encourageaient la mise sur le marché de nouveaux titres.

Pour vérifier son hypothèse,  Lucienne Kabangi a mené ses recherches en tablant sur deux périodes phares de l’histoire du Congo : la phase allant de 1960 à 1965, marquée par des tumultes politiques après l’indépendance, et la phase comprise entre 1990 et 1997, partant de la démocratisation du pays à l’avènement du régime des tombeurs de Mobutu.

            Concomitamment  à ces crises politiques à répétition, l’auteur de la thèse a constaté  à travers la vérification de ses cinq hypothèses, devenues désormais des thèses, qu’il y avait une augmentation exponentielle de nombre de journaux pendant ces crises. Ainsi, à titre de conclusion, cette production scientifique qui vient féconder le débat autour de l’opportunité de la création des titres de journaux en Rd Congo recommande aux acteurs politiques et socio-économiques,  aux éditeurs des journaux, aux leaders d’opinion ainsi qu’aux  journalistes, d’éviter «les écueils de  la création des journaux pendant la période de crise». Voilà une recherche qui va désormais faire tache d’huile  dans le secteur des médias en général et qui va nourrir les débats au sein de la corporation journalistique.

            Pour rappel,    Il a fallu, onze ans  passés  dans  la rédaction de cette thèse  pour que son auteure soit proclamée docteur en communication. En attendant d’être nommée officiellement professeur par arrêté  ministériel, à près de 69 ans,   Lucienne Kabangi Mutanda devient ainsi après plus de trente ans de métier  la deuxième femme à avoir défendu sa thèse en Sic avec une thématique qui ne concerne par directement la femme.

VAN

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