Hygiène bucco-dentaire : pour consulter un dentiste, il ne faut pas attendre d’avoir mal

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L’hygiène de la bouche en général et des dents en particulier est essentielle pour l’état général du corps humain et la qualité de la vie. Pourtant, bon nombre de personnes ne prennent pas en compte les règles générales d’hygiène en vue de prévenir les maladies qui en découlent. En clair, la santé bucco-dentaire se caractérise par l’absence de douleur buccale ou faciale, de cancer buccal ou pharyngé, d’infection ou de lésion buccale, de parodontopathie (affection touchant les gencives), de déchaussement et perte de dents, et d’autres maladies et troubles qui limitent la capacité de mordre, mâcher, sourire et parler d’une personne , et donc son bien-être psychosocial. Et de toutes ces maladies de dents, la carie dentaire s’avère la plus courante. Selon les statistiques de l’OMS, 60 à 90% des enfants scolarisés dans le monde et près de 100% des adultes souffrent des caries qui entraînent souvent des douleurs et une sensation de gêne.

         Concernant la carie dentaire, le docteur Robert Buenimio, chirurgien dentiste à la clinique dentaire de Kigoma, dans la commune de Kinshasa, a renseigné que le sucre, quelle que soit sa composition (sucreries, pâtisserie…)  est parmi les principaux facteurs qui favorisent cette maladie.

         S’agissant des symptômes de la carie, il a indiqué que les premiers signes peuvent apparaître une fois que la maladie a atteint la dentine, deuxième couche de la dent après l’email et avant la pulpe. Parfois la douleur ne survient que très tardivement.  Parmi ces symptômes, il y a :

– douleurs au froid et lorsqu’on consomme le sucre ou les aliments sucrés, signes démontrant une carie active ou une dénudation du collet dentaire, qui nécessitent des soins spécifiques d’urgences.

– la sensibilité au chaud se manifestant par des douleurs qui indiquent généralement une reprise de carie sous une obturation qui a évolué discrètement et a provoqué la nécrose de la dent concernée.

         Ainsi, précise le docteur, lorsqu’on remarque un trou dans la dent, cela veut dire que la carie est déjà avancée et la dent risque d’être dévitalisée. C’est pourquoi il est vivement conseillé de ne pas attendre d’avoir mal pour consulter un dentiste, a-t-il renchéri.

         De ce fait, il a recommandé l’utilisation de la pate dentifrice à base du fluor (appliqué directement) pour ralentir ou stopper la progression de la carie, puisqu’une carie non superficielle demande l’intervention  d’un dentiste.

Conséquences du manque d’un traitement adéquat

En l’absence de soins ou de traitements adaptés, la maladie carieuse évolue vers la pulpite (deuxième couche de la dent)  puis la nécrose de la pulpe (le nerf), suite à la colonisation de la pulpe par les micro-organismes pathogènes.  Robert Buenimio a souligné que cette nécrose est généralement très douloureuse, et peut se diffuser par voie endodontique et se compliquer par une infection s’étendant à l’os.

Cette infection peut être chronique : granulome péri-apical chronique ou kyste (ou desmodontite apicale chronique). L’infection évolue alors souvent dans le silence  pendant plusieurs mois voire plusieurs années, et n’est parfois détectée que par un contrôle radiographique de routine. Cette infection peut aussi être aiguë : abcès péri-apical aigu (ou desmodontite apicale aiguë).

Au cas où un traitement n’est toujours pas entrepris, poursuit-il, l’infection continue à se propager jusqu’à déboucher sur une septicémie, infection du sang.

Conseils pratiques

         Pour conserver une bonne santé bucco-dentaire, il est recommandé :

-un brossage régulier avec un dentifrice fluoré après chaque repas trois fois par jour, ou au moins un brossage approfondi deux fois par jour.  .

         La durée utile du brossage n’est pas déterminée (3 et 5 minutes environ). Utiliser une petite brosse souple ou moyenne (changer tous les mois ou dès que les poils sont courbés) et pratiquer de petites rotations pour faire passer les poils entre les dents. En plus, ce brossage doit se faire en partant de la gencive vers le bas, pour la mâchoire supérieure  et de la gencive vers la langue, pour la mâchoire inférieure. A la fin du brossage, passer la langue à la surface des dents pour se rassurer qu’elles sont bien nettoyées. Si la langue glisse facilement sans rencontrer des couches à son passage, c’est que le brossage a été bien fait. Dans le cas contraire, reprendre le nettoyage jusqu’au résultat escompté.

– éviter de grignoter ou de boire des boissons sucrées en dehors des repas ;

– les sodas, sirops et jus de fruits sont très acides et diminuent le PH buccal, ce qui  en favorise l’apparition de caries. Les eaux aromatisées, jus « naturels » n’y échappent pas ;

– L’eau doit être la boisson privilégiée, surtout chez les jeunes enfants ;

– un régime alimentaire adapté : privilégier les aliments complets par rapport aux aliments raffinés, remplacer aussi le sucre blanc par du sucre de canne non raffiné

-un dépistage régulier chez le dentiste : cela permettra de traiter les caries à un stade initial. On ne guérit pas d’une carie dentaire, on stoppe sa progression par son curetage et on obture la cavité résiduelle. Ce dépistage se fera idéalement tous les six mois. Une visite annuelle au moins chez l’adulte  qui présente peu de problèmes de carie dentaire ou de problèmes gingivaux (importance du détartrage) est suggérée.

         Le dentiste Robert Beniamino a insisté sur le fait que l’on peut échapper à la carie dentaire et aux autres infections ou maladies bucco-dentaire, peu importe les facteurs de risque, si et seulement si on prend la précaution de respecter l’hygiène buccale.

Myraim Iragi et Perside DIAWAKU

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