Horreur à Kinshasa : Camp Luka consomme l’eau polluée par des cadavres humains !

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Les habitants du quartier « Camp Luka », dans la commune de Ngaliema, coincé entre ‘Joli-parc’ et la commune de Kintambo au Nord et par la commune de Bandalungwa à l’Est – avec une population estimée à 117.869 habitants – n’ont d’autre alternative pour assouvir leur soif que de consommer une eau provenant d’une source de proximité, voisine de leur cimetière. On retrouve fréquemment dans cette eau des restes des cadavres humains déterrés et emportés par les éboulements ou les eaux de pluies. Cette nouvelle macabre ressort d’un exposé et des illustrations présentés par une organisation non gouvernementale de développement dénommée : « Réseau des femmes du secteur de l’eau, hygiène, assainissement et protection de l’environnement » lors de sa conférence sur le sous-thème : « Calvaire de l’Eau des populations périphériques de Kinshasa ». C’était le mercredi, 14 avril 2010, au salon « Congo » du Grand Hôtel Kinshasa.

En effet, depuis le mardi 13 avril 2010, il se tient en cet endroit, un atelier de quatre jours, allant du 13 au 16 avril 2010, sur les 2èmes Journées Portes Ouvertes (JPO) de l’Eau et de l’Assainissement qui ont pour thème général : « Investir dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement ». Elles sont organisées par le Comité national d’action de l’eau et de l’assainissement (CNAEA) sous le parrainage des ministères de l’Energie, du Plan et du Développement rural. La deuxième journée a connu plusieurs exposés des acteurs publics et privés du secteur de l’eau et de l’assainissement. Intervenant dans ce cadre précis, cette ONG a présenté son étude sur les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans ce quartier. Selon elle, le manque d’urbanisation, le rythme rapide de la croissance démographique, les faibles revenus de la population posent de sérieux problèmes de desserte en eau potable. L’eau consommée par la population provient des puits non couverts, des sources non aménagées et parfois à multiples usages (lessive, vaisselle, etc.)

 Des vêtements des cadavres dans les sources d’eau consommée

Certaines sources d’eau de ce quartier sont situées au bord du cimetière où l’on trouve des ossements humains. L’ONG a fait ce constat le 13 janvier 2010 et trois mois après lors de la grande pluie du 22 mars 2010. Elle a constaté que les sources d’eau étaient englouties par  les eaux de pluies et des sables ; que la population s’est livrée au déterrement des corps, pour les jeter dans les eaux de pluies et que les sources d’eau étaient mélangées aux vêtements usés des cadavres

Devant cette situation dramatique, l’ONG, avec ses moyens de bord, a tenté d’apprendre aux femmes des techniques de traitement de l’eau de source à domicile par des purifiants. Elle lance un appel aux bailleurs de fonds œuvrant dans le secteur de l’eau et au gouvernement d’intervenir devant cette situation urgente. En outre, dans la recherche d’une eau pure, les femmes et les enfants sont exposés aux tracasseries, aux viols et à l’extorsion des biens. Selon cette ONG, les morts provoquées par cette difficulté d’approvisionnement en eau potable se comptent chaque jours par dizaine.

SAKAZ

 

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