Hommage à V. Trierweiller pour son action caritative en faveur des femmes violées à l’Est de la RDC

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20861Votre ex-compagnon vous a laissé tomber pour une femme plus jeune. C’est terriblement banal, communément normal. Consolez-vous Madame, seuls les poètes, les peintres, les philosophes voient la beauté sublimée par l’imperceptible temps qui passe. Vous êtes belle Madame. Vous êtes unique quand la jeunesse éphémère est standardisée. Soyez indulgente pour la faiblesse de la gente masculine quand vient le temps et le besoin d’un miroir magnifiant. Tournez la page, Madame.

La République Démocratique du Congo vous a accueilli en première Dame de France, plaisir pour les yeux, symbole de l’éternelle élégance à la française, sur les traces de Carla Bruni Sarkozy. Mais c’est Valérie Trierweiller qui est entrée dans le cœur des femmes congolaises en vous faisant la porte- voix des femmes massivement violées au Kivu, au cours de la 23ème  session des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève. A New York, en compagnie du Dr. Mukwenge qui répare inlassablement les organes génitaux, les appareils urinaires, les anus et les intestins des femmes violées dans son hôpital  de Panzi à Bukavu, vous avez participé à une réunion internationale sur les violences sexuelles dans les conflits. Vous avez été cosignataire d’une tribune libre avec notamment Jacques Chirac, Mme Yamina Benguigui et l’ancien boxeur Mohammed Ali pour  que la Monusco, Mission des Nations Unies au Congo fasse son travail de protection de la population. Dans la foulée, le Conseil de Sécurité a enfin mis en place la brigade spéciale d’intervention qui a assisté les Forces Armées de la République du Congo jusqu’à la reddition complète des rebelles du M 23. Ne nous abandonnez pas Madame. Il n’y aura pas de paix durable en RDC sans réhabilitation des femmes violées et des enfants issus de ces viols. Ces viols des femmes sont une arme de destruction massive à effets durables, arme d’épuration ethnique pour constituer une population homogène sur des terres à balkaniser ; arme biologique implacable pour bâtardiser  les tribus  ennemies et les éliminer par la propagation du sida ; arme de destruction spirituelle de la croyance aux pouvoirs de protection des ancêtres. Les femmes victimes des viols et leurs enfants sont exclus des communautés car porteurs de la marque de l’infamie. Ils sont considérés porteurs de  malédictions et doivent être réhabilités.

1.         Les femmes violées doivent avoir accès gratuit aux médicaments antirétroviraux car, elles ont été contaminées par le sida. Elles doivent avoir accès aux médicaments liés aux maladies récurrentes après viols résultant d’appareil génital, de voie urinaire et des voies digestives fragilisés et sujets à des maladies à répétition.

2. Les femmes violées doivent avoir accès au logement avec des latrines hygiéniques et de l’eau potable. Face à un appareil génital et une  voie urinaire fragilisés, les latrines indigènes ou l’absence de latrines provoquent des maladies. Boire fréquemment de l’eau potable permet d’uriner régulièrement et d’éviter les infections urinaires. Cela permet également d’avoir de selles fluides ménageant des intestins et un anus fragilisé.

3 : Les femmes violées doivent devenir propriétaires de leur logement, de leur lopin de terre, de leurs matériels agricoles. Elles doivent être maîtresses de leur commerce. Si elles ne récupèrent pas leurs maris dans leur lit pour cause de  séropositivité, elles les récupèrent dans leur maison par l’intérêt et sécurité. Ces femmes retrouveront leur fonction nourricière.

4 : Les petites filles, les petits garçons, les jeunes filles et les jeunes garçons victimes des viols en plus d’être réparés, doivent avoir accès aux médicaments antirétroviraux et doivent être scolarisés. Ils doivent avoir accès à l’apprentissage et à l’université. Pour ce faire, ils doivent obtenir des bourses d’études.

5: Les enfants issus des viols considérés comme porteurs de malédictions ou sorciers doivent être financièrement pris en charge : auprès de leurs mères, s’ils n’ont pas été abandonnés ou auprès d’orphelinats. Il faut aussi leur donner la possibilité d’être adoptés en RDC, au Rwanda ou dans d’autres pays étrangers. Ces enfants doivent être scolarisés et bénéficier de bourses d’études. Il faut se souvenir qu’il suffit de quinze années d’abandon pour transformer un enfant en soldat de la haine.

Pour réaliser ce vaste programme, la RDC et les Nations Unies coresponsables de la situation,  doivent se concerter pour créer un statut similaire à celui des réfugies des nations Unies pour organiser et financer les actions en faveur des femmes victimes des viols et des enfants nés de ces viols. En 1994, après l’horrible génocide au Rwanda,  les Nations Unies, portent une lourde responsabilité pour avoir  laissé les ex-forces armées rwandaises, ex-FAR et les milices interhamwe entrer dans les camps de refugiés au Zaïre de Mobutu avec armes et bagages ; ces camps étaient pourtant  sous contrôle du  Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies. Le Gouvernement Congolais est aussi  responsable pour n’avoir pas su protéger sa population de 1994 à nos jours. Il n’y aura pas de paix durable sans que les responsables de ces viols massifs soient poursuivis et sanctionnés par un tribunal spécial pour crimes de guerre. 52 personnalités féminines dont Rama Yade et Roselyne Bachelot ont signé une pétition réclamant la création de ce tribunal.

            Nous avons grandement besoin de vous Madame pour porter ce vaste programme. Retrouvez votre exaltant métier de journaliste comme Anne Sinclair qui fut également mondialement bafouée et humiliée ; utilisez votre notoriété pour de grandes causes comme Lady Diana Spencer. Devenez une grande dame de cœur comme Bernadette Chirac. Pour poursuivre votre destinée, Madame, vous n’avez besoin que de vous-même. C’est en s’oubliant qu’on se retrouve.                                     Fait à Kinshasa, le 30 janvier 2014

                                               TOKWAULU AENA

Bernadette

Ecrivaine Congolaise

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