Hommage à Kabasele Mwamba

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Kabasele Mwamba  Clément

Voici une prononciation d’un texte que je me permets de mettre, avec tendresse  attristée, dans la bouche et coeur de votre chère et tendre épouse, de vos enfants, de vos frères et soeurs chéries, de vos amis et amies. Je leur dis d’être là, Tu nous vois en train de chercher comment nous nous libérons du faux. Tous, esprits vifs, Tu nous vois en pleine souffrance pour négocier le virage de cet événement qui nous colle à la peau. Evénement étrange, étrangé, dans son étrangeté, non ! Événement quand même que nulle magie ne peut changer ni faire disparaître.

Clément, mon grand, regarde, regarde donc cette foule pleureuse aux sentiments si attachants à l’oeil nu visible – Regarde Clément, comment le fugitif réalise nos coeurs solitaires, ce moment de douleur éprouvant. Tu vois ces larmes, ces eaux chaudes qui sillonnent, sans murmures, ni cris, nos jougs et tristes visages. Clément Kabasele

Mwamba Wa Baluba, dis-nous ! Quoi peindre et retenir en ce moment ? Te voici là dedans dans ton lit funéraire dignement décoré pour ton plaisir, notre plaisir. Toi mort, on te voit entendre ces chants, ces cris, ces mélodies, ces soupirs.

Toi mort, je te salue ; toi être destructeur; je te salue, messager céleste, porte-flambeau de l’Immortel ; nous te regardons las de ta mort, dans cette mort non voulue. Clément, laisse donc ta mort, nous permettre tous de célébrer la grandeur de la vie. Ni mutilation, ni dislocation, ni lésion de ton être inépuisable, laisse-nous te dire, Clément, que tu viens d’opérer l’éprouvant passage vers l’Eternel. De purification en purification, de la libération juste, en Eucharistie en ton honneur, tous, nous croyons à jamais en ta vie nouvelle auprès de Maweja -a – N’nangila, l’Eternel. Tshiendelele. Ton ensevelissement de tout à l’heure est pour nous, ce retour merveilleux à la terre notre mère. Ici,
Clément, nous nous affirmons pour dévoiler le saint sein de notre demeure éternelle.

Kabasele Mwamba Wa Baluba, par ton oeuvre. monumentale, tu es, tu étais déjà aux côtés de tous tes amis et collèges inventeurs du monde entier. Tu as accompli le bon combat des esprits créateurs. Au feu I’injustice, au feu I’iniquité, au feu la folie des hommes. Dans la cour d’Albert Einstein nous te voyons déjà, nous voyons ton nom déjà inscrit en face du coucher du soleil à perte de vue. Assis, tu observes le temps, I’instant présent, tu observes ce sphinx reposant dans la divinité lumineuse qui consume lentement et discrètement pour entrer dans la présence de nos mémoires.

Clément, souviens-toi nous disions ensemble, que dans la vie, il faut savoir se retirer en soi-même, pour créer, créer encore, créer l’esprit, créer le corps, créer les perceptions, créer l’univers, créer enfin, toutes les choses que nous nomions réalité. Je te disais singulièrement que le temps, l’instant
présent appartient à son propriétaire, à Dieu. Le « Mikombo wa kaleo Nkayende mudifuke ». «  Le Diiba katangidi, tshishiki», l’Omnipotent qui n’appartient à personne qui est Eternité dans l’éternité. Clément, tu as passé toute ta vie à griffer le temps de Dieu. N’est-ce pas que tu es grand inventeur, plusieurs fois lauréat des prix d’honneur à toi décernés à travers le monde ? Ta biographie à ce sujet est réellement impressionnante et laisse voir que tu as exercé ton intelligence dans la dance éternelle de la création.

Clément, nous te connaissons un véritable guerrier de lumière qui savait prêter attention aux regards des enfants, car ceux-ci savent voir le monde sans amertume. Guerrier de lumière tu l’étais, Clément; car tu as compris le miracle de la vie, tu as lutté jusqu’au bout, même terrassé par la maladie. Tu as su entendre les charmes que la vie fait retenir dans ses profondeurs.

Et mes frères, mes soeurs, laissez-moi terminer cette oraison en vous disant avec le prophète que la vie est réellement élan.

Et tout élan est aveugle, sauf là où il y a savoir.
Et tout savoir est vain, sauf là où il y a travail.
Et tout travail est vide, sauf là où il y a amour.
Et lorsque vous travaillez avec amour, vous vous liez à vous-même, et l’un à l’autre, et à Dieu.
La mort de Kabasele Mwamba Wa Baluba est tout un événement.

Kwajiki.
Clément repose en paix auprès du Seigneur Jésus-Christ

Pr. Kambayi Bwatshia J.

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