Hillary Clinton à Kampala

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La Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a passé la nuit d’hier jeudi 02 août 2012 à Kampala, où elle est arrivée en fin d’après-midi, en provenance de Dakar, au Sénégal, où elle venait de séjournait 36 heures. Dans la capitale sénégalaise, elle s’est réjouie des avancées du pays de Léopold Sédar Senghor dans la voie de l’alternance démocratique, mais s’est inquiétée de la montée du mouvement terroriste Al Qaïda au Mali.

 Le double souci de la responsable de la diplomatie américaine au sujet de l’état de la démocratie et du terrorisme en Afrique intéresse particulièrement les Congolais. En effet, notre pays répond, comme par hasard, au décor d’un Etat en proie à la fois à une démocratie chancelante et à un terrorisme en gestation dans sa partie Est. Aussi, un discours de clarification est fortement attendu de Hillary Clinton, qui ne va pas manquer de parler du dossier « Congo » avec le président ougandais, Yoweri Museveni.
 Si l’on s’en tient à la lecture américaine des dernières élections présidentielle et législatives nationales, il n’y a rien à redire sur le manque de transparence de ces scrutins, Washington ayant estimé qu’il s’agissait d’une question intérieure congolaise. L’unique préoccupation soulevée par le Département d’Etat, c’était de voir la Ceni améliorer l’organisation des élections provinciales et locales.
 Quant à la crise de l’Est, les USA ont semé dernièrement le doute dans les cœurs des Congolais, en tentant de bloquer la publication du rapport du panel des Nations Unies ayant identifié le Rwanda comme pays agresseur de la RDC et principal soutien de la rébellion du M23 ainsi que d’autres groupes armés, nationaux comme étrangers, très actifs au Nord-Kivu. Le réajustement de la position américaine, à travers le feu vert au rapport sus évoqué et la suspension de l’aide militaire au Rwanda sont-ils des signes annonciateurs du changement, à Washington, de la manière de lire les relations congolo-rwandaises ?


 Nos compatriotes, avant de les croire, voudraient voir se multiplier des signaux plus clairs de la condamnation, par le gouvernement américain, des activités terroristes du régime de Kigali en territoire congolais. Il y a plus d’une année, des observateurs et des militaires américains ont été déployés au niveau des frontières de la RDC, de la RCA, du Sud-Soudan et de l’Ouganda, en vue de la traque de Joseph Kony et des rebelles de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur), avec le concours d’une force africaine et des armées des pays concernés.
 Ce dispositif sécuritaire a été mis en place pour barrer la route au terrorisme international, qui est capable de prospérer dans ce ventre mou de l’Afrique. Mais si la montée du terrorisme en Afrique constitue une grande préoccupation pour les USA, les Congolais voudraient qu’elle se traduise par une sérieuse implication de Washington dans le combat contre les agresseurs rwandais et les groupes armés à leur solde. Car, mine de rien, les mutins du M23 n’ont rien à envier aux terroristes qui contrôlent la moitié du Mali et qui sont en train d’infiltrer l’Afrique centrale et la région des Grands Lacs.
       


Kimp 

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