Guerre des moutures : la Majorité, l’Opposition et la Société s’expliquent

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Le deuxième report par le bureau de l’Assemblée nationale de la
publication de la liste des membres de la nouvelle Commission
électorale nationale indépendante vient confirmer la guerre qui fait
rage dans les milieux politiques. Attendu d’abord le mardi dernier et
ensuite hier jeudi, Le président Aubain MINAKU vient de reporter la
plénière consacrée à cette matière à une date ultérieure, selon le
communiqué lu sur les antennes de la Télévision du parlement.

Entre-temps, les salons politiques grouillent des conciliabules et
réunions. Hier, des représentants des partis politiques de la majorité
et de l’opposition ainsi que de la société civile ont tenu une
conférence de presse au  Centre des de rééducaion pour handicapés
physiques de la Gombe pour éclairer la religion de l’opinion au sujet
des profils de certains candidats retenus sur une mouture publiée
depuis mercredi dans certains médias écrits de la capitale et qui
circule sous les manteaux et le Net. Présidée par Innocent NDOLOMINGU
de la Majorité Présidentielle, entouré des certaines figures de proue
de l’opposition politique et de la société civile, ladite conférence a
révélé les critères qui ont prévalu au choix de certaines
personnalités retenues sur cette mouture qui serait à la base du
deuxième report de la plénière prévue hier pour la publication de la
liste définitive. Ce sont les quatre membres du prochain bureau qui
sont appelés à occuper les quatre premiers postes, notamment le
président, le premier vice-président, le rapporteur général et son
adjoint.
A la question de savoir pourquoi les confessions religieuses ont
jeté leur dévolu sur la personne de l’Abbé Apollinaire MALUMALU,
malgré le refus opposé fermement par le Vatican, la CENCO et le CALCC,
Innocent NDOLOMINGU a indiqué qu’entre le diable que l’on connait et
un saut dans le vide, le choix était clair. Selon lui, l’Abbé MALUMALU
présente plus des garanties que le Pasteur NGALASI. Il a déjà fait ses
preuves depuis les négociations politiques inter congolaises de Sun
City où les cinq principales composantes à ce rendez-vous historique
lui avaient fait confiance en lui confiant la direction de la
Commission Electorale Indépendante pour les scrutins de 2006. Autant
un diable que l’on connait qu’un saut dans le vide qui peut être plus
dangereux que l’expérience douloureuse de novembre 2011.
Quant au Pasteur NGALASI, il est à ce jour l’objet d’un procès devant
les cours et tribunaux lui intenté par l’ancien n° 2 de son église
membre des  Confessions Religieuses du Réveil. Ensuite, il a joué un
rôle très néfaste et controversé dans le procès contre l’Archibishop
KUTINO Fernando, en se présentant comme témoin à charge. Son
témoignage a valu la condamnation de cet homme de Dieu à une peine
lourde de dix ans de servitude pénale. Son choix aurait révolté et
scandalisé une grande partie de l’opinion des chrétiens des églises du
Réveil.
Concernant André MPUNGWE, les orateurs ont fait savoir que cet homme
trimbale une grande expérience de conseiller dans de nombreux cabinets
ministériels. Ensuite, il est ressortissant du Nord-Katanga, d’où
provient le Pasteur Daniel NGOYI Mulunda. L’élément qui l’a emporté
quant à son choix, c’est que le PPRD avait présenté trois candidats.
Le premier, LUHONGE Kabinda Ngoyi, ancien premier président de la Cour
Suprême de Justice, est d’un âge avancé, tandis que le second, Me
BANZA a exercé tour à tour comme expert de la CEI et de la CENI.
Quant  à  Rémy MASSAMBA, il présente un cursus politique enviable
pour avoir été élu dans le parlement de 1984 à l’époque du
MPR-parti-Etat, avant de rejoindre l’UDPS où il se fit remarquer par
la hiérarchie de ce parti jusqu’à figurer parmi ses principaux experts
aux négociations politiques inter congolaises de Sun City. Au
lendemain du retour au pays en septembre 2003, Etienne TSHISEKEDI va
le choisir comme Secrétaire général, en remplacement du Dr Adrien
PHONGO Kunda. Quelques mois avant les élections de novembre 2011, il
va céder sa place à Me Jacquemin SHABANI pour rejoindre le cabinet
d’Etienne TSHISEKEDI en qualité de l’un des deux conseillers
principaux politiques. Enfin, il appartient à l’une des grandes
familles de la ville de Kinshasa, car son père fut l’un des tout
premiers fondateurs des écoles privées au Congo-Zaïre. Il est établi
que ce sont ces atouts qui lui ont valu des dizaines des milliers des
voix aux législatives de novembre 2011. En outre, a indiqué Innocent
NGOLOMINGU, il provient de l’interfédéral Léopoldville, un atout très
considérable sur le plan politique.
Le quatrième candidat provient du PALU. Il s’appelle Onésime KAKUTULA
et il bénéficie de la confiance du patriarche Antoine GIZENGA qui,
comme on le sait, avait conclu une alliance politique avec Joseph
KABILA au second tour de l’élection présidentielle du mois d’août
2006. Une alliance qui s’est maintenue en 2011 et jusqu’à ce jour. Son
parti bénéficie des assises solides dans les trois provinces de
l’Ouest de la République, à savoir Kinshasa, le Bandundu et le
Bas-Congo.
F.M.

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