Guerre de l’Est : non à la diversion, non à la trahison…

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Selon l’agence panafricaine La PANA, les ministres des affaires étrangères du Rwanda et de la RDC se réunissent ce vendredi à Kigali pour discuter de la mise en application du protocole d’accord de coopération signé en 2009. Ils se pencheront aussi sur les axes de coopération en matière de sécurité, notamment sur la fameuse question des FDLR qui sévissent dans les deux provinces du Kivu.

Aussi curieux que cela puisse paraitre, aucune allusion n’est faite en ce qui concerne les « mutins » du M 23, un mouvement qui vient de naître par le jeu des anciens éléments du CNDP de Bosco NTAGANDA en fuite, car recherché par un mandat de la Cour Pénale Internationale.
Cette rencontre répond aux vœux exprimés depuis quelques jours par le ministre rwandais de la Défense et celle des Affaires étrangères qui ont offert leur médiation entre Kinshasa et  ces « mutins » du M 23. 
Il est admis généralement que les Etats n’ont pas d’amis et ne sont guidés que par leurs intérêts. Qu’on les aime ou pas, les autorités rwandaises sont en droit de se battre pour les intérêts de leur pays. Tout d’abord, Kigali prend toutes les précautions pour informer son peuple de toutes les démarches destinées à défendre la sécurité intérieure et endiguer toute menace à court, moyen et à long termes.
 
Dangereuse diversion 
  
Si le comportement de Kigali est justifiable à certains égards, il pêche cependant  par cette fixation, la question des FDLR qu’il invoque comme un fond de commerce pour divertir et flouer l’opinion tout en se moquant de la bonne foi et de l’esprit d’hospitalité séculaire des Congolais. En 2009, les opérations  militaires conjointes conclues sous le sceau du secret d’Etat se sont effectuées à la satisfaction de deux gouvernements. Avec comme effet surprenant le limogeage de Vital KAMERHE, alors président de l’Assemblée Nationale de l’époque qui avait commis le crime de lèse-majesté en s’opposant publiquement à l’entrée des troupes rwandaises sur le territoire congolais. 
D’une part, ces opérations militaires conjointes se sont révélées comme la preuve éclatante que la question des FDLR ne peut trouver de solution que par un dialogue politique inter rwandais. Dès lors que deux mois plus tard, ces éléments des FDLR se sont rappelés à la mémoire collective en intensifiant les massacres, viols massifs, pillages, destructions méchantes et déplacements des populations congolaises. La réalité sur le terrain ne donne-t-elle pas aujourd’hui raison à Vital KAMERHE ? Dès lors que l’un des points de ces rencontres de deux jours à Kigali concerne effectivement l’éventualité de relancer encore une fois ces opérations militaires conjointes. Car, en ressuscitant le problème des FDLR tout en faisant allusion au génocide, Kigali fait d’une pierre deux coups. D’un côté, le Rwanda cherche à émouvoir l’opinion internationale et de l’autre il occulte la tragédie qui sévit actuellement au Kivu pour éviter que sa responsabilité dans cette affaire ne soit engagée.    
 
Aveu de complicité
 
D’autre part, Kigali se comporte en donneur de leçons en proposant sa médiation entre le gouvernement d’un pays voisin et des mutins qui sèment la mort, les viols massifs et les déplacements des populations pour obtenir la reconnaissance des grades de leurs « officiers » à la nationalité douteuse et qui n’ont même pas terminé l’école primaire.  Les actes criminels perpétrés par ces mutins du M 23 n’ont rien à envier à ceux posés en 1994 par les interahamwe. Selon les statistiques du Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés et du PNUD, il y a à ce jour, deux millions des déplacés internes à la suite des troubles perpétrés par ces mutins qui se disent fidèles d’un homme recherché pour des crimes commis en Ituri entre 2002 et 2003. Chaque jour qui passe apporte son lot d’enfants, vieillards, femmes qui meurent des suites des intempéries, maladies, viols, massacres, assassinats, etc. 
 
Un silence incompréhensible 
 
Entretemps, ce qui choque et énerve, c’est le silence opposé par le gouvernement de Kinshasa face aux massacres, viols, déplacements forcés des populations, menaces sur l’intégrité du territoire national qui se commettent dans les territoires du Kivu par des éléments venus d’un pays voisin. C’est toujours par la bouche des officiels rwandais que l’opinion nationale apprend que son gouvernement a envoyé des délégations ministérielles à Kigali pour discuter des questions de sécurité. Rien sur la question des « mutins » du M 23 qui répandent la mort et la désolation, pillent et vident des villages entiers. 
L’opinion nationale a été scandalisée d’apprendre de la bouche du président de l’Assemblée Nationale que la question de ces «mutins» du M 23 sera examinée au cours d’une plénière à huis clos. Cela, lorsque LUSENGE Bonane, député élu de Lubero sur la liste de l’UDCF de Pierre PAY PAY avait dénoncé l’implication de Kinshasa et de certains acteurs politiques du Nord Kivu dans cette tragédie. Depuis, silence radio !
 
Où est l’intérêt de la RDC ?
 
En quoi l’affaire des FDLR intéresse-t-elle la RDC ? Certes, ces éléments posent des actes de violence sur des populations civiles congolaises. Mais, il faut se rendre à l’évidence que les FDLR disposent des complicités au niveau des institutions de la République essentiellement dans les opérations de trafic illicite des matières précieuses. Or, il  est établi que le Rwanda se vante d’avoir rétabli la sécurité totale sur toute l’étendue de son territoire. 
Au moment où une autre fausse rébellion se déclare, les autorités de Kinshasa font semblant de l’ignorer et se précipitent à Kigali pour aller régler la question des interahamwe. Un comportement qui scandalise et révolte tous les hommes de bonne volonté. C’est comme si un père de famille délaisse son enfant terrassé par la malaria pour voler au secours de l’enfant du voisin souffrant de la même maladie.  Une véritable capitulation et une humiliation additionnelle qui en rajoutent aux autres traumatismes dans lesquels nagent les Congolais depuis l’avènement de l’AFDL.
 
 F.M. 

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