GUERRE DE L’Est : le jeu de Susan Rice dévoilé

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Pressentie pour la succession d’Hillary Clinton au poste de Secrétaire d’Etat américaine, Susan Riche, l’ambassadeur actuel des USA aux Nations Unies, se trouve au centre d’une vive controverse. A en croire le New York Times, une large partie de l’opinion américaine estime qu’elle ne devrait pas prendre la tête du Département d’Etat, en raison de son rôle, qu’elle juge négatif, dans la gestion de la crise congolaise par l’administration Obama durant les quatre années de son premier séjour à la Maison Blanche.

D’aucuns pensent qu’au regard de l’enlisement de la situation sécuritaire au Nord-Kivu et des réactions en chaîne contre la participation de l’armée Kigali aux combats entre les FARDC et le M23, les Usa sont de plus en plus mal cotés sur la scène internationale. On les soupçonne de sacrifier la paix, l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC sur l’autel de leurs relations supposées privilégiées, avec le président rwandais Paul Kagame.

Nombre de citoyens américains persistent à croire que si les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas pu peser de tout leur poids dans un dossier comme celui de l’appui du Rwanda aux rebelles du M23, auteurs de violences diverses dans le Nord-Kivu et de la déstabilisation de la République Démocratique du Congo, c’est à cause des rapports peu fidèles transmis par Susan Rice à la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et au président Barack Obama.

Il s’est finalement avéré, à l’analyse, que c’est la représentante des USA à l’Onu qui est à la base de la désinformation de l’opinion américaine et du locataire de la Maison Blanche. Selon des informations livrées par le New York Times sur le passé de Susan Rice, cette dernière avait noué des contacts suivis avec le régime de Kigali à l’époque où elle travaillait pour le compte de la firme Intellibridge, dont le Rwanda était un des grands clients. Depuis lors, une amitié solide était née entre elle et Paul Kagame, au point que dès qu’elle est entrée dans les méandres du Département d’Etat, elle s’est positionnée comme l’avocate attitrée de son pays.

Le New York Times, qui s’appuie sur des témoignages des diplomates, révèle que Susan Rice s’était battue avec acharnement au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour que le rapport des experts onusiens citant le Rwanda et l’Ouganda comme principaux soutiens financiers et logistiques du M23 ne soit pas porté à la connaissance du grand public. Mais, mise en difficulté par les fuites parvenues aux médias dès juin 2012, au moment où la guerre faisait rage dans l’Est de la RDC, elle s’était organisée pour faire élaguer la résolution condamnant le Rwanda et l’Ouganda, ce qui avait bloqué toute idée de sanctions contre les pays de Paul Kagame et Museveni.

Bref, pense-t-on, si les USA n’ont pas pu élever une forte protestation contre le rôle du Rwanda dans l’insécurité enregistrée dans la partie Est du Congo ni pris des sanctions draconiennes contre ce pays, cela tient aux obstructions de Susan Rice contre toute démarche allant dans ce sens. Mais, à ce jour, le drame congolais est perçu à sa juste mesure par l’opinion américaine, qui attend de l’administration Obama des réponses appropriées, conformes au poids de son pays sur l’échiquier international.

Jacques Kimpozo

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