Guerre de l’Est : le gouvernement réclame des sanctions contre le Rwanda

0
29
Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement, s’est entretenu hier lundi 3 août avec la presse au sujet de la guerre qui sévit dans la province du Nord-Kivu, seul point inscrit à l’ordre du jour. Le retrait des troupes rwandaises du territoire national congolais, estimées à plus de trois cents soldats le plus préoccupé le porte-parole du gouvernement au cours de ce face-à-face avec les journalistes. En effet, ce retrait a suscité de commentaires en sens divers.
D’aucuns ne comprennent pas comment la Rdc devait continuer à garder sur son sol les troupes d’un pays dont l’implication dans la déstabilisation du Congo est aujourd’hui attestée par tout le monde.
Voilà pourquoi le ministre des Médias, Chargé de Relations avec le parlement et de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté s’est-il appesanti sur la question afin de donner le point de vue du gouvernement. Retraçant la genèse de la situation, il a affirmé qu’au terme de l’opération conjointe menée par les armées congolaise et rwandaise en 2009 pour traquer les Fdlr et autres forces négatives, Kinshasa et Kigali avaient convenu du déploiement d’une centaine d’officiers de renseignements militaires de part et d’autre en vue de surveiller la frontière commune.
Pour Lambert Mende, le Rwanda doit avoir profité du retrait de ses officiers de renseignements membres du mécanisme conjoint de vérification pour exfiltrer quelques uns de ses éléments infiltrés en Rdc pour attaquer l’armée nationale « aux côtés du groupe fictif M23 ». A ce sujet, le ministre voit à travers ce retrait entouré d’une publicité tapageuse des troupes rwandaises, la manœuvre de Kigali tendant à soulever l’opinion publique congolaise au motif qu’il existerait un accord secret autorisant la projection de l’armée rwandaise sur notre territoire.
Après avoir dénoncé l’implication avérée du Rwanda dans l’actuelle guerre d’agression imposée à la Rdc, en s’appuyant sur plusieurs rapports et témoignages, Lambert Mende demande, au nom du gouvernement, au Comité des sanctions des Nations unies de faire justice aux trop nombreuses victimes congolaises de cette énième agression gratuite du Rwanda. Cela en prononçant des sanctions à l’encontre des responsables rwandais reconnus comme principaux soutiens du M23 dans le rapport des experts onusiens.
 
A côté de cette requête, le gouvernement congolais exige l’élargissement et le renforcement du mandat de la Monusco. La communication terminée, le ministre s’est livré à l’habituel exercice de jeu des questions-réponses. Beaucoup de préoccupations lui ont été posées soumises : Est-ce la révélation d’un accord secret qui fâche le gouvernement ? Le retrait des troupes rwandaises était-il surveillé par les FARDC ? Le gouvernement est-il disposé à négocier avec le M23, maintenant que les soldats rwandais du moins sont officiellement rentrés ? A quel moment le retrait des troupes rwandaises avait commencé après l’opération conjointe de traque contre les Fdlr ? A cette dernière question, le ministre a affirmé que le retrait comme tel n’a jamais débuté jusqu’à ce qu’il a qualifié de « phénomène d’hier ». Quant à l’existence d’un accord secret que l’opinion ne connaissait pas, L. Mende nie le fait. Avant d’accuser Kigali de chercher à soulever la population congolaise dans l’intention de casser l’élan patriotique qui s’observe actuellement ou mettre en péril la cohésion nationale.
Il a réitéré le refus de son gouvernement de négocier avec ce qu’il considère comme « créature » du Rwanda, le M23. « Même s’il faut que la guerre dure 100 ans, nous ne négocierons jamais avec la créature de Kigali », soutient-il. Ci-dessous l’intégralité de la communication du gouvernement.
 
    Dom  

LEAVE A REPLY

*