Groupes armés de l’Est : pas d’enquêtes sérieuses sur leurs agissements

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enfant_soldatS’il est admis que le retour à la paix dans les territoires de l’Est de la République est conditionné par un accord international conclu avec les deux Etats voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda qui ont créé et alimentent en armes et munitions de guerre les mouvements rebelles opérant dans cette partie du pays, il en de même avec les différents groupes armés aux dénominations aussi épiques que variées.

Jusque-là, à part le BUNDU DIA KONGO et les ENYELE, le gouvernement central n’a jamais mené des enquêtes sérieuses sur les groupes armés. On rappelle que pour les ENYELE, Kinshasa avait mis le paquet en organisant une descente des forces armées régulières dans les villages où ce mouvement armé avait sévi, provoquant une fuite des villageois vers le Congo-Brazzaville. On avait même dénoncé de violations graves des droits humains, notamment des pillages, des viols, des tueries et des déplacements forcés des villageois. Le géniteur du chef de guerre dénommé OUDJANI fut capturé et conduit manu militari à Kinshasa et fut présenté à la presse internationale en compagnie de certains de ses complices. Des négociations furent menées avec les autorités brazzavilloises pour mettre hors d’état de nuire le fameux OUDJANI alias «Etoko» et certains de ses compagnons d’armes en attendant leur extradition pour être entendus par la justice sur leurs méfaits.

En ce qui concerne le mouvement BUNDU DIA KONGO, l’opinion avait découvert grâce aux médias que ses adeptes irréductibles et récalcitrants avaient été tués au cours des accrochages avec des éléments de la Police Nationale et de l’armée régulière. On avait dénombré une centaine des morts parmi les adeptes de ce mouvement politico-religieux et chose curieuse, le chef spirituel n’avait jamais été inquiété ni entendu par la justice. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, le général d’Armée Denis KALUME Numbi avait même été convoqué à l’Assemblée Nationale pour donner des éclaircissements à ce sujet au cours d’une séance plénière spéciale. Des enquêtes avaient été menées aussi bien par les services de sécurité que de l’administration publique et un procès fut organisé devant le tribunal de garnison militaire de Mbanza-Ngungu.

Politique de deux poids, deux mesures 

 

            Il est quand même étonnant de constater qu’en ce qui concerne les groupes armés opérant dans les quatre provinces de l’Est, le gouvernement central n’a jamais mené une enquête sérieuse les concernant. Ce sont soit des journalistes de la presse internationale, soit des ONG internationales de défense des droits de l’homme, en l’occurrence Human Rights Watch et International Crisis Group qui réalisent souvent des enquêtes à ce sujet. C’est grâce à la dernière enquête de Human Rights Watch que le gouvernement américain a lancé un ultimatum au Rwanda de retirer ses militaires de la province du Nord- Kivu et de cesser tout soutien au M23.

            Bien au contraire, à l’issue de toutes les négociations politiques, des cadres de ces mouvements armés surtout ceux créés, alimentés en armes par Kigali et Kampala se retrouvent nommés dans les institutions de la Républiques au niveau tant national que provincial et même dans la diplomatie et les entreprises du Portefeuille. Quant aux éléments militaires, ils se voient promus à des grades et fonctions enviables dans les FARDC et la Police Nationale.

            Il y a trois jours, Gabriel KYUNGU Wa Kumwanza s’est fait rappeler à l’opinion internationale en lançant sur les ondes de la Radio OKAPI une invitation aux éléments du groupe armé « BAKATA KATANGA » à privilégier la voie du dialogue. Jusque-là, aucune enquête sérieuse n’a été entreprise ni par le gouvernement central ni par celui de la province. Alors que ces éléments se sont permis de descendre jusqu’au chef-lieu de la province pour y dérouler le drapeau du nouvel Etat indépendant. Ils furent appréhendés et deux cents éléments parmi eux furent acheminés jusqu’à Kinshasa dans l’attente d’un procès. Depuis lors, c’est le silence radio.

            Au cours d’un rassemblement populaire, le gouverneur de la Province du Katanga, Moïse KATUMBI, avait pris son courage en mains pour dénoncer le jeu malsain de certaines personnalités locales qui seraient les commanditaires de ce mouvement politico-armé. Qui sème la terreur, multiplie les pillages, viols, destructions méchantes et déplacements massifs des populations habitant dans les territoires du Nord de cette province.

F.M.

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