Groupe de Sultani : tous candidats !

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Sous prétexte que les préalables à la désignation d’un « Candidat commun » de l’Opposition politique n’étaient pas réunis, un groupe minoritaire des partis de cette plate-forme politique avaient résolu de faire bande à partir, en quittant la salle des Conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima pour l’hôtel Sultani. Et, c’est à partir de ce palace que pendant deux semaines ses ténors, notamment Léon Kengo wa Dondo (Union des Forces du Centre), Vital Kamerhe (Union pour la Nation Congolaise), Thomas Luhaka (Mouvement de Libération du Congo), Oscar Kashala (UREC)… semblaient travailler pour la définition du profil de leur « candidat commun » à eux et du programme commun de gouvernement.

Curieusement, ceux qui prétendaient cheminer ensemble pour maximiser les chances de l’opposition en vue de battre Joseph Kabila à la présidentielle et lui arracher la majorité au Parlement viennent de surprendre l’électorat en se présentant, en ordre dispersé. On compte, à l’arrivée, autant de candidats qu’il y a de partis répertoriés à Sultani : Kengo (UFC), Kamerhe (UNC), Adam Bombole (MLC), Kashala (UREC). Même si le MLC ne reconnaît pas Adam Bombole comme son candidat, l’homme ne reste pas moins cadre de ce parti.

Les observateurs sont tentés de croire, après la chute de différents masques, que le groupe de Sultani n’était pas du tout engagé dans la défense de la thèse de la candidature unique de l’opposition à la présidentielle. Si les opposants de Fatima les avaient suivis, ils seraient empêtrés aujourd’hui dans une grande distraction, avec le risque de perturber terriblement les électeurs. Ainsi, la division tant redoutée se trouve du côté de Sultani et non de celui de Fatima, où la discipline de groupe est fortement maintenue et où tout le monde joue franc jeu.

Au vu de la multitude de candidatures enregistrées pour la présidentielle et les législatives nationales, il est à espérer que le pouvoir en place va laisser les différents protagonistes poursuivre une campagne électorale lancée avant l’heure, comme dans toutes les démocraties qui se respectent.
Il serait injuste d’enfermer les candidats dans des interdits qui ne se justifient plus, compte tenu de la mosaïque des panneaux, calicots, affiches, meetings, spots radiodiffusés et télévisés que l’on rencontre aux quatre coins du pays et qui invitent, sans détours, les électeurs à soutenir tel ou tel autre candidat. Prétendre que la campagne électorale n’a pas encore commencé en RDC serait un gros mensonge. Ce qu’il faut plutôt, c’est l’ouverture effective de l’espace politique et des médias à tous ceux qui aspirent à un mandat politique. Les autorités civiles et militaires devraient particulièrement afficher leur neutralité pendant la période préélectorale et électorale, de manière que les urnes puissent sortir ceux qui méritent réellement de conduire les affaires publiques, à tous les niveaux, de 2011 à 2016.

Jacques Kimpozo

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