Grève des chauffeurs : Le général Oleko dit non à l’incivisme fiscal

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Réagissant à la grève déclenchée hier dans la ville de Kinshasa, par les chauffeurs des taxis et des mini-bus, ainsi que les propriétaires des véhicules de transport en commun, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, a tenu un point de presse pour éclairer l’opinion sur ce qu’il pense de ce mouvement de débrayage.
S’il est vrai que cette grève qui a perturbé le transport dans la capitale, répond à un mot d’ordre, l’inspecteur provincial de la police reconnaît à tout citoyen la prérogative constitutionnelle de recourir à la grève au cas où ses droits sont bafoués.  
Mais pour le présent mouvement de conducteurs des véhicules de transport, l’inspecteur divisionnaire adjoint fustige le chantage utilisé par les transporteurs qui pour la plupart ne sont pas en ordre avec leurs véhicules, aussi bien sur le plan de l’état mécanique que la charge autorisée et les documents de bord.

 Cette grève n’a pas de raison d’être et de relever qu’elle intervient au moment où est menée la campagne de recouvrement forcé des taxes et redevances dues à l’Etat, et où sont exécutés les travaux de modernisation de la voirie urbaine de Kinshasa.
 Le prétexte des tracasseries policières invoqué par les chauffeurs pour déserter les artères de Kinshasa et pénaliser les paisibles citoyens, ne se justifie donc pas pour le responsable de la police provinciale.

 A cette occasion, il a tenu à rappeler que des négociations avaient été menées l’année passée avec les dirigeants de l’Association des chauffeurs du Congo. A l’issue de ces concertations, un délai de grâce a été accordé aux transporteurs pour qu’ils puissent se mettre en ordre. La période de courtoisie routière a couru d’octobre 2009 à janvier 2010. La plupart des chauffeurs n’ont pas mis cette période à profit pour régulariser leurs documents. Le délai de grâce étant largement dépassé, les services de l’Etat ont alors lancé la campagne de recouvrement forcé des taxes et redevances dues à l’Etat. La PSR n’apporte qu’un appui pour la réussite de cette opération.
 L’inspecteur provincial de la police a condamné les actes de vandalisme des grévistes qui ont cassé les pare-brises de certains véhicules de transport, refusant par la suite de dire si les auteurs de ces actes ont été appréhendés.
Il a rappelé que les chauffeurs n’ont pas que des droits, mais aussi des devoirs, comme celui de s’acquitter des taxes et des redevances dues à l’Etat, et de mettre les véhicules de transport en circulation. On ne peut pas se dérober derrière le prétexte de non paiement de ces différents frais pour brandir les tracasseries policières. A la population, le patron de la police dans la ville de Kinshasa a lancé un message de civisme fiscal, avant de s’interroger quel est ce pays au monde où l’on ne s’acquitte pas de taxes et redevances de l’Etat ? On ne peut pas vouloir à la fois une chose et son contraire. D’une part, on demande à l’Etat de construire des routes et de l’autre, on refuse de donner à l’Etat, les moyens pour entretenir ces routes.
 Par cette campagne de recouvrement forcé, l’Etat, a dit l’inspecteur provincial de la police, demande aux transporteurs, leur contribution pour la réfection des routes.
 Haussant par la suite le ton, il a déclaré qu’on ne peut pas continuer à supporter l’insupportable. Mais il en convient qu’il faudrait qu’il y ait une rupture avec le passé. Et cette rupture doit commencer avec nous.
Car, comment pouvions-nous encore admettre que dans ce pays, des chauffeurs qui transportent des clients, soient torse nue, en singlet, pieds nus et très sales ?  Et que dire de l’état mécanique défectueux de certains véhicules, ainsi que des violations au code de la route ?
Si ce n’est pas la police qui rappelle ces règles de savoir-vivre et du code de la route, quel est l’autre service de l’Etat qui peut le faire ? s’est-il interrogé.
Au sujet des tracasseries, il a exhorté les chauffeurs à se mettre en ordre vis-à-vis des services de l’Etat pour éviter les tracasseries, et d’ajouter que les amendes ne se payent pas dans la rue ou au bureau, mais à la banque, après avoir reçu une note de perception de la DGRAD.
Voilà qui est clair. J.R.T.

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