Grève de l’Onatra : Matadi menace de couper les vivres à Kinshasa

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Alors que cadres et agents de la Direction générale de l’Onatra (Office National des Transports) ont arrêté de travailler depuis le jeudi 12 août, un autre son de cloche vient de Matadi. Au niveau des agents de ce port maritime en effet, l’on ne veut pas entendre parler de la grève. Dans une lettre datée du vendredi 13 août 2010 et adressée à l’Administrateur Délégué Général intérimaire, Serge Basaula, avec ampliation à plusieurs autorités, dont le Chef de l’Etat, le Premier ministre, le Vice Premier Ministre et ministre en charge de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, au Vice-Premier ministre et ministre des PTT, aux ministres du Portefeuille et des Transports, au Gouverneur du Bas-Congo…, les délégués syndicaux du Port de l’Onatra/Matadi se désolidarisent de leurs collègues grévistes de Kinshasa.

            « En effet, ce mouvement de grève déclenché au mépris de la procédure en la matière, nous étonne et a fait que la Délégation syndicale se réunisse pour en débattre, en raison des effets néfastes d’entrainement qui peuvent en résulter », lit-on. Et de poursuivre : « Car nous avons constaté que la SNCC et la RVA ont respectivement bénéficié de la Banque Mondiale et Banque Africaine de Développement un appui de 250.000.000 Usd et 200.000.000 Usd grâce au comportement responsable de leurs travailleurs ».

Dans la même missive, les syndicalistes de Matadi se font très menaçants : «  Du reste, si ces genres de grève continuent sans pour autant privilégier le dialogue entre les parties en présence, la Délégation Syndicale du Bas-Congo s’interposera dans les transferts de fonds pour le paiement des salaires des gens qui ne veulent pas prendre leur destin en mains. Dès lors, nous privilégierons l’investissement de nos infrastructures et de nos équipements des Ports Maritimes ».

            Matadi exige aussi de la haute direction de l’Onatra des sanctions contre des cadres coupables d’actes d’intoxication du personnel, de politisation des problèmes internes à la société et d’outrages aux autorités nationales. Trois noms sont cités : Osango, Fuki et Tadila.

            Selon les observateurs, le refus des cadres et agents opérant dans les ports de Matadi et Boma ainsi que la voie ferrée Kinshasa-Matadi d’adhérer au mouvement de grève est un mauvais signal pour sa réussite.

Il n’est un secret pour personne que les ports maritimes apportent à l’Onatra des recettes qui frôlent les 90% de l’ensemble de ses ressources mensuelles et annuelles. Pour d’aucuns, la menace de Matadi de couper les vivres à Kinshasa risque d’avoir comme effet immédiat de refroidir l’ardeur des grévistes, qui saisissent mieux que quiconque le sens d’un tel message au sein de cette entreprise publique.

            On rappelle que deux revendication, principales soutendent la grève : le non paiement des arriérés du second palier du Smig et le retard de paiement des frais scolaires. S’agissant de ce dernier point, une note de service affichée le lundi 16 août, sous la signature de l’ADG a.i. Basaula porte à l’attention du personnel que le paiement des frais scolaires interviendra à partir du lundi 16 août 2010. Hélas, l’opération a été perturbée par les grévistes, qui ont pris en chasse les agents payeurs.

            Pour ce qui est de la 3me revendication, que d’aucuns estiment politisée par des candidats à la succession de Basaula, elle concerne la demande de départ de ce dernier, au motif qu’il faisait partie du Comité de gestion Progosa. Ici aussi, l’Onatra est partagé. Nombre de cadres et agents pensent que l’intéressé ayant clairement affiché sa volonté de redresser l’entreprise, l’on devrait lui accorder la chance de démontrer ses capacités ou ses faiblesses de manager.                                 Kimp.

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