Grève dans le ciel congolais : un sursis d’une semaine accordé au gouvernement !

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C’est d’extrême justesse que le mouvement de grève programmé par les compagnies aériennes opérant sur le réseau domestique a été suspendu dans la nuit de lundi à mardi aux environs d’une heure du matin. Et c’est donc d’extrême justesse aussi que les voyageurs programmés sur les vols de demain et qui n’étaient pas au courant du conflit qui déchire le secteur de transport aérien n’ont pu embarquer à bord des avions pour rejoindre les différents aéroports de destination. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Le Phare qui était l’unique journal à avoir annoncé dans son édition de mardi, l’orage qui menaçait le ciel congolais, est aujourd’hui en mesure de donner davantage les détails sur la situation qui prévaut dans le secteur et les voies de sortie envisagées.

 Faire comme à la Miba

Selon plusieurs sources contactées par le quotidien de l’avenue Lukusa, le fond du problème demeure la surfacturation des compagnies aériennes. La surtaxe est devenue tellement abondante que les entreprises opérant dans le secteur de l’aviation civile se sentent comme prises à la gorge au point de considérer que l’objectif poursuivi  par les auteurs de ces taxes multiples est de les voir jouer le rôle naguère assumé par la Miba qui a été saignée à blanc pour soutenir aussi bien les efforts de guerre que politiques avant d’être jetées dans le bac à ordures aussitôt que son outil de production non renouvelé ne parvient plus à opérer des miracles.

 A titre d’exemple, les transporteurs signalent que le billet Kin-Brazza contient en réalité 80% des taxes et qu’un billet Kin-Moanda en contient 50%. Comment peut-on encourager les échanges et les mouvements des populations en usant de tels procédés ? Lorsqu’il a été procédé à l’augmentation de la taxe de la Régie des voies aériennes (RVA), il était entendu que les frais de parking subiraient, en contrepartie, une réduction drastique. Mais aussitôt la première taxe passée, on a oublié les promesses concernant le parking des avions. Bien plus, s’agissant des rapports avec la Direction de l’aviation civile (DAC), il est relevé une multiplication par 20 ou 30 des frais à payer pour l’obtention d’une autorisation de voler ou d’une licence pour pilote.

 Licence : un casse-tête

Il en est de même de la validation de différents rapports. A titre d’exemple, une licence pour pilote qui était délivrée moyennant payement de 350 dollars américains, l’est aujourd’hui contre payement de 1400 dollars et c’est pour une validité de six mois. En clair, la licence coûte 2800$ par an. Le conflit porte aussi sur un élément capital. Il s’agit du retard constaté dans la délivrance de licence des compagnies aériennes opérant sur le réseau domestique. Au jour d’aujourd’hui, la situation est plus que dramatique car de l’aveu d’un spécialiste du secteur, l’insécurité est totale dès lors que les compagnies opérant sur le réseau domestique travaillent dans l’illégalité parce que non couvertes par des licences ad hoc. La conséquence de cette situation est grave. En cas de crash, aucune compagnie d’assurances ne pourra se manifester.

 Suspension du Directeur de l’Aviation Civile

Le mal qui prévaut dans le secteur de transport aérien est donc très profond. Si profond qu’il a poussé la ministre de tutelle à suspendre le numéro un de la DAC pour cause de « manquements graves ».

En déclenchant le mouvement de grève, les compagnies aériennes ont voulu prendre l’opinion à témoin. Et c’est en prenant conscience du sens de ce geste que le gouvernement a rapidement réagi. D’abord au niveau du ministère des transports et, ensuite au niveau de la vice-primature en charge des PTT. Une bonne partie de la nuit de lundi à mardi a été aussi consacrée aux discussions sur les problèmes soulevés et sur les solutions à envisager.

S’agissant des problèmes soulevés, un accord a été trouvé pour que la discussion soit élargie à d’autres ministères impliqués dans la multiplicité des taxes. Et c’est pour permettre à cette commission de travailler dans la sérénité que les compagnies d’aviation ont décidé d’accorder un sursis au gouvernement en suspendant leur mouvement de grève pour une durée d’une semaine.

Dans le cadre des réponses structurelles, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer des changements à la DAC mais la grande question qui est immédiatement revenue sur les lèvres est celle de savoir quel homme ou quelle femme pourra succéder à une personne de poigne. La crainte la plus formulée est de voir à l’occasion d’un tel mouvement des prédateurs de tous bords faire, par personne interposée, main basse sur la Direction nde l’Aviation Civile, ouvrant ainsi grandement les portes du ciel congolais aux avions-poubelles du monde entier. On en est là en attendant le deuxième feuilleton.             

D-I.K

 

 

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