Grève à la RVA : les cadres soutiennent l’ADG et font des suggestions

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Un feu couve à la Régie des Voies Aériennes (RVA). Un mouvement de grève a été déclenché le jeudi 12 août 2010, à la direction générale de cette régie. Le mot d’ordre a été lancé à l’issue de la réunion de la restitution organisée par la délégation syndicale nationale de cette entreprise publique, suite au constat de refus du comité de gestion de répondre favorablement aux revendications du personnel. Celles-ci portent sur les frais préscolaires et l’application du deuxième pallier du Smig. 

            De cette poignée de revendications,la délégation syndicale nationale en est arrivée à la résiliation du contrat liant le gouvernement congolais à ADPI-KPMG et au départ immédiat de l’ADG Jean Assice. Prétexte avancé : l’échec des objectifs assignés à ce contrat d’assistance technique. Selon le président de la délégation syndicale nationale, Martin Nsungi, « sur tous les plans (technique, financier, administratifs et même l’aspect humanitaire), le contrat n’a pas donné des résultats attendus ».

            Soucieux de trouver une voie de sortie à cette crise dont les tireurs des ficelles se retrouvent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la régie,les cadres de la RVA se sont retrouvés vendredi 13 août 2010, dans la commune de la Gombe. Dans leur déclaration rendue publique à l’issue d’un débat sans complaisance sur l’état des lieux de leur entreprise, ils ont réitéré leur soutien à l’Adg Jean Assice et tout son comité de gestion. « Nous sommes soucieux de notre entreprise, nous voulons que le comité Jean Assice reste en place, surtout en ce moment où tout marche dans les différents aéroports éparpillés à travers la République démocratique du Congo », a déclaré le porte-parole circonstanciel, le commandant Tabora, commandant de l’aéroport international de Kisangani. Pour le commandant Tabora, les travailleurs et les cadres sont très conscients des efforts considérables que ne cesse de conjuguer le comité Jean Assice. Et cela, sur tous les plans.

            Dans leur concertation de la Gombe, les cadres ont également émis un certain nombre de propositions pour éteindre la petite flamme qui risque d’embraser cette régie, mais dont la primeur est réservée à l’Adg Jean Assice et son comité de gestion. il s’agit entre autres de trouver les ressources nécessaires pour répondre à la demande des travailleurs relative à la paie du deuxième pallier. 

Qui en veut au comité Jean Assice ? 

            « Pas de tout repos, la fonction d’ADG en RD Congo. Surtout depuis les années de la transition. La fonction de gestionnaire d’entreprise publique attire toujours autant de convoitises du commun des mortels comme des technocrates en principe mieux avertis des difficultés de la tâche… », fait observer notre confrère Africa News dans son édition du vendredi 13 août 2010. A l’ONATRA comme à la RVA, c’est la même chanson, le même cantique, le même refrain.

            Le 22 avril 2010, le comité Jean Assice avait organisé un point de presse à la demande de la presse nationale, afin d’éclairer la lanterne des Congolais sur ses dix-huit mois de gestion de la RVA. En présence de la délégation syndicale nationale, la gestion de l’IDF et de tous les domaines de l’entreprise ont été passés au peigne fin.

            Cette grève est intervenue quarante-heures après la cérémonie de présentation-synthèse des marchés des travaux à réaliser sur trois sites aéroportuaires, à savoir Kinshasa/N’Djili, Lubumbashi/Luano et Kisangani/Bangoka, ainsi que du marché d’acquisition et installation des équipements CNS/ATM.

De la gestion de l’IDF 

            L’IDF est une taxe instaurée par la Régie des Voies Aériennes dans les cinquante-quatre aéroports que compte la République démocratique du Congo. Chaque passager paye à l’embarquement dix (10) dollars américains pour un vol national et cinquante (50) dollars américains pour l’international. Selon l’Adg Jean Assice, l’IDF a permis à la RVA de réaliser des études sur la réhabilitation de la piste et du pavillon présidentiel de l’aéroport international de N’Djili et d’autres pistes des aéroports de la RDC. Cette taxe a permis également de financer les travaux de réhabilitation de la piste de Moanda et d’exécuter les travaux de réhabilitation du pavillon présidentiel de N’Djili.

            Il a tenu à rappeler que ce n’est pas le comité de gestion de la RVA qui perçoit les taxes. Les passagers paient à l’embarquement leur taxe, selon le vol, auprès des agents de la Banque Internationale pour l’Afrique au Congo (BIAC). Le montant global récolté par mois est estimé à plus ou moins 357.000 dollars américains par aéroport. Ainsi donc, chaque vendredi, le comité de gestion établit un rapport sur la gestion de cette somme à l’intention du gouvernement congolais. De même, le ministère de tutelle dont notamment celui des Transports et Communications et d’autres ministères attitrés ont un accès direct à l’Internet pour des raisons de transparence.

            Et c’est grâce à la bonne gestion de l’IDF, de tous ses mécanismes de contrôle et d’audit tant internes qu’externes, a-t-il renchéri, que la RVA a attiré la confiance des bailleurs de fonds dont notamment la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Banque Mondiale. A cet effet, la BAD a financé la réalisation des travaux de construction de la nouvelle tour de contrôle de l’aéroport international de N’Djili pour un montant de 145 millions de dollars américains. Et ce, en vue d’améliorer les conditions de sécurité et de surveillance de cet aéroport. De son côté, la Banque Mondiale a décaissé 10 millions de dollars américains pour la balise de la navigation  dans nos aéroports.

             Il a, enfin, fustigé le comportement de certains compatriotes à vouloir véhiculer de fausses informations dans le seul but de salir la réputation des membres du comité de gestion et de la RVA.

            Amélioration des conditions socio-économiques et formation du personnel : pari gagné pour le comité Jean Assice

            Les conditions socio-économiques et salariales ont connu une nette amélioration. Le comité Assice a absorbé tous les arriérés de 2008 et toutes les gratifications. Il négocie, actuellement, avec les représentants du personnel le smig qu’il compte payer par pallier. Mais, il s’est déclaré très surpris par ce coup de rafale qui balaie la RVA depuis jeudi 12 août 2010. Les tireurs des ficelles, a-t-il fait observer, se recrutent parmi les aigris, les conservateurs des anti-valeurs.

            Dans le domaine de l’emploi, le comité Assice a engagé quarante-cinq (45) jeunes contrôleurs, plusieurs informaticiens spécialisés, des architectes et ingénieurs, ainsi que des secrétaires bilingues.

            Quant à la formation du personnel, clé de voûte de la sécurité dans les aéroports, le comité Assice a également marqué des points. Après la mise à niveau  des dizaines des pompiers, le comité de gestion s’investit pour parachever la formation de soixante contrôleurs en Angleterre. 

Michel LUKA

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