Greenpeace : des accusations préjudiciables aux Congolais

0
132

GREENPEACE LOGO_550x300L’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF) a sorti dernièrement un rapport qui attend le visa du ministère de l’Environnement en vue de sa validation éventuelle. Mais alors que tous ceux qui s’intéressent à l’exploitation du bois se réservent du moindre commentaire à ce sujet, l’organisation non gouvernementale internationale Greenpeace a pris les devants pour porter des accusations graves non seulement contre les exploitants forestiers, mais aussi contre le gouvernement congolais.

L’attitude de cette Ong passe, aux yeux des experts, pour une violation des règles de procédure en la matière. Car, avant toute validation dudit rapport, une possibilité de réplique, en termes d’éclairage, devrait être accordée aux personnes ou morales incriminées, en vue d’une appréciation correcte des données. Hélas, cela n’a pas été le cas.

L’impression qui se dégage pour l’instant est que Greenpeace a fait de l’anticipation, pour sans doute justifier les libéralités qui proviennent de ses donneurs. En effet, selon les chiffres en circulation, cette Ong bénéficierait d’un budget annuel de 300 millions d’Euros pour ses activités de surveillance des atteintes à l’environnement.

S’agissant du cas précis de la RDC, cette ONG pourtant réputée internationalement, est totalement absente sur le plan social. Les populations autochtones congolaises, dont elle prétend défendre farouchement les intérêts, attendent impatiemment ses interventions dans le secteur des infrastructures scolaires et hospitalières ou de celui de l’environnement, où l’on aimerait la voir implanter ne serait-ce que des décharges publiques dans les villes. Elle se contente de financer des ONG locales plus ou moins sérieuses et de récupérer des rapports parfois fallacieux, qui incriminent des entreprises du secteur formel et plus particulièrement celles opérant dans le secteur forestier.

En ce qui concerne les investissements sociaux, ce sont les exploitants forestiers diabolisés par Greenpeace à longueur de journées qui s’emploient à financer la construction d’écoles et centres de santé, à aménager des bornes fontaines, à réhabiliter des routes de desserte agricoles, bref à redistribuer aux villageois les dividendes de l’exploitation forestière.

 On rappelle, à ce sujet, le cas d’une société opérant dans le secteur d’Engengele, territoire de Bumba, province de l’Équateur, où les attaques de Greenpeace et des ONG locales ont été l’un des facteurs importants pour la décider à quitter la zone. Il est surprenant de noter que Greenpeace ne publie plus actuellement les témoignages des populations se récusant et regrettant amèrement leurs actions dictées par des bénéfices à court terme.

En effet, découragées par les campagnes d’intoxication de Greenpeace et ses partenaires, plusieurs exploitants forestiers se sont retirés du Congo profond, provoquant du coup la montée du chômage, la détérioration des routes de desserte agricoles, ainsi que des infrastructures scolaires et sanitaires. Ce qui fait mal, c’est le fait que cette Ong ne propose toujours de solution de rechange pour les autochtones abandonnés à leur triste sort, avec des forêts qu’ils ne savent pas mettre en valeur.

D’après des sondages, la part des exportations du bois vers l’Europe est en constante baisse, ce qui est peut-être le but recherché par Greenpeace. Ce qui est à craindre à présent, c’est qu’à moyen terme, ce genre de campagne ne puisse entrainer l’interdiction d’exportation du bois de la RDC vers l’Europe, ce qui pourrait entraîner la fermeture en chaîne de sociétés forestières d’entreprises et porterait un coup dur à l’économie congolaise.

Ce sont, au bout du compte, les autochtones congolais qui risquent de payer la lourde facture du chômage, de l’enclavement de l’arrière-pays, du manque des mouvements des biens et personnes, de la pénurie des biens manufacturés dans les villages, de l’impossiblité pour les villageois d’évacuer les produits de leurs champs, etc.

            Si l’on peut comprendre l’idéologie de Greenpeace, mais non ses méthodes, on peut s’interroger sur celles de l’OGF. En effet, comment son rapport encore non approuvé est-t-il tombé entre les mains de Greenpeace, sans réaction de sa part, entraînant du coup le blocage du cargo Safmarine Sahara dans le port de la Rochelle en France, le 22 mars dernier ? On signale qu’après être entrés illégalement dans l’enceinte du port, des agents de Greenpeace ont tagués du bois transporté par Safmarine Sahara et finalement arraisonné le cargo. Cela s’apparente à un acte de piraterie. Brandissant le rapport de l’OGF non validé et non publié sur le site du ministère de l’Environnement, ils ont affirmé que le bois trouvé dans ce cargo était illégal.

            Pour, dans ce rapport, certaines allégations ne reposent sur aucune base juridique ou ni preuve. Il est bon de noter que le principe de droit universellement admis est le devoir de preuve incombe à celui qui accuse.

            En conclusion, on réalise que Greenpeace a été coupable de piraterie et de diffamation envers des entreprises et l’Etat congolais. L’on pourrait, sur ce point, lui réclamer des déclarations correctives, voire le paiement de dommages et intérêts, car le blocage du bateau a entrainé des coûts supplémentaires à Safmarine Sahara.

            Mais pourquoi l’État congolais, accusé d’autoriser l’exportation illégale de son bois illégal, ne réagit-il pas? L’opinion aimerait connaître la position du ministère de l’Environnement sur le dossier du bois de Safmarine Sahara et vis-à-vis de l’OGF, qui n’a pas respecté les termes du contrat conclu avec le gouvernement congolais.

                                                           Dorcas Somwe

LEAVE A REPLY

*