Graves suspicions au sein de la Société Civile

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Les rumeurs les plus folles courent, depuis plusieurs semaines, au sujet des segments de la Société Civile congolaise, soupçonnés d’être l’objet de sollicitations politiciennes visant à leur faire jouer un rôle contraire à ses objectifs, dans le cadre des consultations populaires à venir. Selon les informations parvenues au Phare, certains responsables des organisations des forces vives de la Nation auraient été contactés, au niveau de toutes les provinces du pays, afin qu’ils apportent leur caution aux stratégies  que s’apprêtent à mettre en œuvre certains partis et regroupement politiques, dans le dessein inavoué de faire main basse sur les suffrages populaires.
Il s’agit d’une part d’obtenir l’alignement politique de la Société Civile et, d’autre part, de l’amener à fermer les yeux sur les tripatouillages planifiés dans certains états-majors politiques.  Les uns agiraient, laisse-t-on entendre, directement comme représentants de leurs associations respectives dans les bureaux de vote et centres de dépouillement, tandis que les autres se cacheraient derrière le statut d’observateurs prétendument neutres des élections.

     A ce propos, des réunions informelles seraient déjà en chantier à Kinshasa, dans le but de permettre aux délégués de la Société Civile présélectionnés de s’imprégner des enjeux du travail qui est attendu d’eux. Ainsi, sous des dehors de cohésion, de convivialité et de neutralité, ceux qui prétendent s’identifier à « l’église congolaise placée au milieu du village » ont déjà choisi la voie de la trahison des aspirations du souverain primaire.

Il est décevant de constater qu’après 20 ans de combat pour l’indépendance et l’apolitisme de la Société Civile – en fait deux décennies après l’ouverture du pays à la démocratie et la tenue de la Conférence Nationale Souveraine – il se trouve encore au sein de cette « institution » des compatriotes prêts à vendre leur âme au plus offrant et à marcher sur les aspirations du peuple.

Dr Numbi, un martyr trahi ?

Il serait ingrat, de la part de certains acteurs de la Société Civile de République Démocratique du Congo, de salir la mémoire de Dr Numbi Mukanku, ce patriote, alors président national de l’Ordre des Médecins, qui avait bravé la dictature du maréchal Mobutu, pour permettre au peuple de retrouver la voie de la libre expression, à travers la Conférence Nationale Souveraine. Qui ignore que son combat héroïque pour la libération des ex-Zaïrois de l’une des dictatures les plus sanguinaires de la planète fut un franc succès ? Qui ne se souvient pas de la multitude de peaux de bananes jetées sur la route de la libération nationale par les forces réfractaires au changement, à travers un conglomérat d’associations parallèles et « alimentaires » de la Société Civile, dont les effets néfastes ont continué à polluer l’environnement politique et social de la République, jusqu’au Dialogue Intercongolais ?

Au moment où les Congolais du 3me Millénaire cherchent à voir les choses s’améliorer au plan de la gouvernance, du social, de l’économie, des infrastructures et autres, il n’est pas normal que ceux-là mêmes qui clament partout être occupés à défendre leurs intérêts se permettent de les poignarder dans le dos.
     Les deniers de Juda que ces fils et filles égarés sont prêts à empocher seraient-ils suffisants pour permettre aux membres de leurs familles, de leurs villages, de leurs secteurs, de leurs territoires, de leurs districts et de leurs provinces de ressusciter l’Etat de droit, où ils pourraient vivre décemment, comme des êtres crées à l’image de Dieu ?
Pourtant, à l’image des professionnels des médias, les activistes de la Société Civile ont la lourde responsabilité de s’assumer comme sentinelles de la démocratie. Une telle mission peut-elle être remplie correctement s’ils se comportent en politiciens porteurs du masque de la Société Civile ?

Jacques Kimpozo

 

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