Gouvernement, OMS, INRB, Province de l’Equateur : Mobilisation générale pour Boende

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logo_OMSComme indiqué dans notre édition d’hier jeudi 21 août 2014, le territoire de Boende, dans la province de l’Equateur, se trouve sous la coupe d’une maladie mystérieuse qui tue silencieusement. Apparue il y a un mois, elle aurait déjà causé la mort de 65 personnes, selon des sources locales qui se sont confiées à la radio onusienne Okapi. Mais des rumeurs difficiles à contrôler font état d’un bilan qui serait plus lourd, à savoir au-delà de la centaine.

            Les localités les plus touchées sont concentrées dans la périphérie de la ville de Boende, dans un rayon variant entre 15 et 25 kilomètres. On cite notamment Wetshikengo, Lokalia, Wafania et Djera.

            Jusque-là non identifiée, l’épidémie qui sévit dans le territoire de Boende se caractérise par la diarrhée, les vomissements et de fortes fièvres chez les sujets atteints, lesquels succombent en l’espace de quelques heures. La rapidité avec laquelle elle se répand et la rage avec laquelle elle supprime des vies humaines viennent de semer un vent de panique à travers la province de l’Equateur et même en dehors de celle-ci.

            Face à cette situation qui tend à prendre des proportions inquiétantes, une mobilisation générale est constatée du côté du Gouvernement central, de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), section RDC, de l’INRB (Institut National des Recherches Biomédicales) et des autorités provinciales de l’Equateur. Une sorte de « Comité de crise » campe depuis le mercredi 20 août 2014 dans la ville de Boende, sous la supervision du ministre national de la Santé, Félix KabangeNumbi. L’OMS y est présente à travers plusieurs de ses experts en maladies infectieuses.

            On apprend que les experts de l’INRD (Institut National des Recherches Bio-médicales) y sont également à pied d’œuvre, sous la direction de leur numéro un, le professeur Jacques MuyembeTamfum, un spécialiste congolais qui n’est plus à présenter, car ayant déjà fait ses preuves sur plusieurs « fronts » médicaux nationaux et africains, notamment Yambuku en 1979, dans la province de l’Equateur, avec la fièvre hémorragique de Yambuku, Kikwit en 1995, dans la province de Bandundu, avec la fièvre hémorragique Ebola, au Gabon, etc.

De quoi s’agit-il ?

            Jusqu’hier jeudi, les équipes médicales déployées sur le terrain n’avaient toujours pas réussi à diagnostiquer le mal qui fait des ravages, depuis un mois, chez nos compatriotes du territoire de Boende. Selon des informations parvenues au Phare, les premiers prélèvements de sang, selles et urines effectués sur des sujets malades et analysés sur place n’auraient pas permis de dénouer le mystère. De nouveaux prélèvements ont dû être faits et acheminés dans les laboratoires de l’INRB, à Kinshasa.

            Il est possible que les résultats tant attendus puissent être disponibles ce week-end, en vue de permettre l’amorce d’une riposte et d’une prise en charge correcte des patients.

            Alors qu’à la lumière des symptômes enregistrés en quatre semaines, à savoir diarrhée, vomissements et fortes fièvres, le mot Ebola hante maintenant tous les esprits, personne n’ose risquer un pronostic dans cette voie. Les experts présents à Boende préfèrent parler, à ce stade, d’une maladie qui serait apparentée au terrible fléau qui décime des dizaines de personnes en Afrique de l’Ouest (Guinée/Conakry, Nigeria, Liberia).

            Tout ce que demandent les populations de la province de l’Equateur et celles du reste de la République Démocratique du Congo, c’est d’être rapidement et clairement fixées sur ce qui se passe dans le territoire de Boende, afin que chacun puisse prendre les dispositions requises pour faire face à toute éventualité. S’il s’agit réellement du virus Ebola, il serait imprudent de faire la rétention de l’information, car l’ignorance risque de tuer davantage que la connaissance du mal.

Kimp

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