Le gouvernement n’a pas droit à l’erreur

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BIAC-GOMBE-604x345Près de 400.000 clients de la BIAC attendent avec impatience, ce mardi 5 avril 2016, la reprise de ses activités et leur normalisation progressive, tel qu’annoncé le dimanche 04 avril par le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, au terme d’une réunion tenue par le ministre des Finances, Yav Mulang, avec la participation de la nouvelle direction de cette banque. Un appel au calme a été lancé, à cette occasion, aux opérateurs économiques (personnes physiques et morales) comme aux particuliers dont les fonds sont logés dans cette
institution financière.

C’est le lieu de souligner que le gouvernement n’a pas droit à l’erreur dans sa campagne de refinancement et de restauration de la crédibilité de la BIAC. La confiance ne peut revenir que si ceux qui craignent le pire pour leurs avoirs retrouvent de nouveau un accès facile à leurs comptes et à leurs liquidités. Aussi faut-il souhaiter que la remise de cette banque à flots se fasse dans le meilleur délai, afin d’éloigner rapidement le spectre du plafonnement drastique des retraits de fonds ou de l’arrêt définitif des activités.

Il ne s’agit plus, pour le cas sous examen, de rassurer la clientèle par des discours. Il faut des actes concrets démontrant que la BIAC n’est pas en cessation de paiement, comme l’a laissé penser le feuilleton de la limitation des sorties de fonds.

Si d’aventure, l’opération de refinancement accuse des ratés, c’est toute la stratégie de relance du secteur bancaire qui risque de tomber à l’eau. Quel compatriote ou expatrié pourrait-il encore faire confiance à des banques du pays ou aux succursales des banques étrangères implantées en RDC qui terminent toujours leur parcours par des faillites difficiles à expliquer, car intervenant au beau milieu de leur période de vaches grasses ?

C’était le cas hier avec la CNECI (Caisse Nationale d’Epargne et de Crédits Immobiliers), la BCA (Banque de Crédits Agricoles), la Banque du Peuple, la Banque de Kinshasa, Barclays Bank et tout récemment la Banque Congolaise. Qui aurait cru que cette dernière, fichée parmi les institutions financières les plus prospères du pays, allait mettre la clef sous le paillasson, et laisser ses clients sur les carreaux, sans espoir de rentrer dans leurs droits ? Aujourd’hui encore, au milieu de leur désespoir, ils continuent d’attendre un geste du gouvernement, en dépit de la liquidation de tout son patrimoine immobilier.

Miracle économique en sursis…

Au moment où l’Afrique entière porte un intérêt particulier sur ce qui passe à ses yeux comme le « miracle économique » de la République Démocratique du Congo, des nouvelles du genre de celle des difficultés de liquidités de la BIAC sont de nature à installer le doute dans de nombreux esprits. Logiquement, si les indicateurs économiques sont réellement au vert et que le taux de croissance économique frôle les 8%, le système bancaire devrait fonctionner normalement. Le gouvernement a l’obligation d’envoyer des signaux positifs en direction du monde des affaires et du grand public pour que l’on accorde du crédit aux efforts de redressement économique qu’il déploie.

Des millions de Congolaises et Congolais qui ont rompu avec la culture de la thésaurisation, seraient tentés de cacher de nouveaux leur argent sous les matelas de leurs lits, dans des trous des murs de leurs maisons, dans les plafonds de leurs habitations, au fond des tiroirs de leurs armoires ou tout simplement dans leurs malles d’habits au cas où le redressement de la BIAC s’avérait impossible. La journée de ce mardi 05 mars 2016 est donc capitale pour l’avenir non seulement de cette banque mais aussi de l’ensemble du système bancaire
congolais.    Kimp