Gouvernement et entreprises publiques : Matata ferme les robinets !

0
132

matata-palais-du-peupleAprès l’annonce, par le Chef de l’Etat, de la mise sur pied imminente d’un  gouvernement de « cohésion nationale », les lignes semblent ne plus bouger au niveau du gouvernement et des entreprises du Portefeuille. Selon les nouvelles en circulation dans les salons politiques de Kinshasa, il règne dans les cabinets ministériels et des mandataires publics une atmosphère de fin des carottes.

Tout cela serait lié à l’incertitude du lendemain. L’on apprend que dans un courrier qu’il a adressé hier à tous les membres du Gouvernement, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo les a instruits qu’à dater du jeudi 24 octobre 2013, il leur est interdit d’effectuer la moindre mission à l’étranger ou de signer un quelconque document d’engagement des dépenses. Renseignements pris, il a été constaté que les mêmes mesures concernent non seulement les ministres, mais aussi les mandataires publics.

L’on croit savoir que la restriction des mouvements des membres du gouvernement et des gestionnaires des entreprises publiques ainsi que le « verrouillage » des caisses de l’Etat visent à prévenir des dérapages financiers qui précèdent généralement les remaniements ministériels et les mises en place des mandataires publics. Selon les mauvaises habitudes héritées d’une certaine époque, les gestionnaires des affaires publiques, convaincus  d’être envoyés au « garage » de la République prennent la précaution de se constituer une sorte de « butin de guerre » susceptible de leur permettre d’affronter, à courte ou longue échéance, le temps des vaches maigres.

Cela passe souvent par des missions à l’étranger fabriquées de toutes pièces et des dépenses internes sans tête ni queue. Beaucoup croient que la fin d’un mandat ministériel ou de mandataire public devrait rimer avec libertinage, gaspillage et impunité dans la direction des affaires de l’Etat.

Pour nombre d’analystes politiques, Augustin Matata a bien fait d’anticiper sur des actes d’indélicatesse financière qui, en d’autres temps, laissent les caisses de l’Etat complètement vides à l’occasion d’un remaniement ministériel ou d’un chambardement au niveau des managers des entreprises du Portefeuille. Partant ou non, le Premier ministre tient à s’assumer jusqu’au bout comme le gardien du patrimoine collectif. Son souci de ne pas laisser la porte ouverte au pillage des ressources mobilisées au prix d’énormes sacrifices et de réformes souvent difficiles à faire passer dans le cercle de ceux qui participent à la gestion des affaires publiques mérite d’être salué comme un signal fort de la bonne gouvernance.

L’autre lecture des mesures conservatoires prises par Augustin Matata est que le gouvernement est résolument entré dans la phase de l’expédition des affaires courantes. Personne ne devrait s’étonner qu’un de ses quatre matins, le Premier ministre ne se pointe à la Présidence de la République pour y déposer sa démission auprès du Chef de l’Etat. Quant à la suite, on laisse au temps le soin de se charger d’apporter des réponses aux rumeurs les plus folles qui circulent au sujet de tous et de personne.

Kimp

LEAVE A REPLY

*