Gouvernement – Ceni : la guerre des chiffres !

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CENIAucune institution de la République ne veut endosser la responsabilité du « glissement », ce virus de la prolongation des mandats des sénateurs, députés provinciaux et gouverneurs de province élus entre 2006 et 2007 ainsi que du Chef de l’Etat et des députés nationaux élus en 2011 au Congo démocratique. Le débat de l’heure s’articule autour des retards accumulés par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) dans l’exécution du calendrier électoral global qu’elle avait rendu public en février 2015.

Selon ce chronogramme, le peuple congolais devrait aller aux urnes le dimanche 25 octobre 2015, pour les élections locales, municipales et législatives provinciales. Mais, l’on est encore au point zéro. Le principal obstacle à la tenue des scrutins, à tous les niveaux, se trouve être le manque ou l’insuffisance de fonds. Dans le rapport qu’elle a déposé en juin dernier au Bureau de l’Assemblée Nationale, la CENI se plaint du faible niveau des décaissements des fonds, alors qu’elle avait fait parvenir au gouvernement, en son temps, ses états de besoin en vue de la bonne conduite du processus électoral.

On rappelle que pour permettre au gouvernement de planifier les dépenses liées aux opérations préélectorales et électorales, la Ceni avait chiffré le coût global de l’ensemble du processus électoral à plus d’un milliards de dollars américains. C’est le lieu de signaler que de son côté, dans le souci d’éviter des dépenses improvisées, l’Assemblée Nationale avait pris soin de voter, en faveur de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), de 2012 à 2015, des budgets annuels qui devaient lui permettre de faire face aux coûts de différentes étapes du processus électoral. Selon des sources parlementaires, la sommation de tous ces fonds doit avoir dépassé les 800 millions de dollars américains.

D’où la surprise de plus d’un d’apprendre, lors du dépôt du dernier rapport d’activités de la CENI au bureau de la Chambre basse du Parlement, en juin dernier que les prévisions budgétaires du Parlement n’ont pas été respectées. On cite, comme cas typique, celui de l’exercice 2013, où la CENI n’a reçu aucun rond du gouvernement, alors que l’Assemblée Nationale lui avait alloué plus de deux cents millions de dollars américains. Pour ce qui est de l’année 2014, sur un montant de 195.304.000.000 de francs congolais, soit 212.286.957.000 dollars américains, l’exécutif national n’avait décaissé que le ¼, soit environ 24 %. S’agissant de l’année 2015, l’on fait état d’un fond de 186.637.000.000 francs congolais destinés à la CENI, qui n’a bénéficié, au finish que d’une quotité estimée à 22 %

A la lumière de la modicité des fonds qui tombent effectivement dans les caisses de cette institution d’appui à la démocratie, on ne devrait pas s’étonner du blocage du processus électoral.

Le pavé de Modeste Bahati

Alors qu’on croyait le gouvernement K.O. et sans voix face au tableau sombre de l’impasse financière dans laquelle se trouve plongée la CENI, un membre du gouvernement a jeté un véritable pavé dans la mare. En effet, Modeste Bahati Lukwebo, le ministre de l’Economie Nationale, intervenant à la Radiotélévision nationale congolaise le 05 octobre 2015, a laissé entendre que l’exécutif national s’acquittait correctement sa part du contrat lié au financement du processus électoral.

A l’en croire, la CENI est gratifiée de versements réguliers de fonds en rapport avec les opérations préélectorales et électorales. Par conséquent, si son calendrier connaît des retards, on devrait cherchait les causes ailleurs.

Cette sortie médiatique du ministre de l’Economie Nationale a eu, pour effet, de sortir la CENI de ses gongs. Dans un communiqué distribué aux médias en date du 07 octobre 2015, le Rapporteur de cette institution, Jean-Pierre Kalamba, a contesté cette version des faits et renvoyé le gouvernement au rapport circonstancié déposé au bureau de l’Assemblée Nationale. Dans le souci de fixer l’opinion, il a sollicité une réunion de clarification entre l’exécutif national et la CENI, afin de savoir de quel côté se trouve la faille.

En attendant que ces deux institutions de la République bouclent leur guerre des chiffres, le processus électoral ne fait que s’enliser, principalement à cause des difficultés de financement des scrutins.

                                      Kimp