Goodluck Jonathan : nouvelle leçon de démocratie à l’Afrique !

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téléchargementAprès Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf (Sénégal), Jomo Kenyata (Kenya), Julius Nyerere (Tanzanie), Nelson Mandela et Thabo Mbeki (Afrique du Sud), Ketumile Masire (Botswana)…Goodluck Jonathan, président sortant du Nigeria, vient d’administrer une nouvelle leçon de démocratie à l’Afrique. Battu à l’élection présidentielle du samedi 28 et dimanche 29 mars 2015, il n’a pas attendu une quelconque pression populaire ou internationale pour rendre le tablier. En reconnaissant spontanément sa défaite et en téléphonant à son virtuel successeur, Muhammadu Buhari, il a eu le mérite de faire baisser rapidement les tensions politiques, tribales et ethniques qui auraient pu faire basculer son pays dans une crise post-électorale, alors que la crise politico-militaire provoquée par l’incapacité de l’armée régulière à mater la rébellion de Boko Haram est encore vive.

Dans une Afrique où plusieurs Etats vivent dans la fièvre préélectorale et où s’observent plusieurs velléités de prolongation des mandats des hommes au pouvoir, à travers des initiatives de révision des Constitutions, l’on ne peut que saluer l’honnêteté de Goodluck Jonathan de n’avoir pas cherché à tripatouiller les urnes, et son courage politique de s’effacer au profit du vainqueur des urnes. Sans penser à ce qui pourrait lui arriver après son départ du pouvoir, il a choisi la voix de la dignité, laquelle pourrait lui ouvrir d’autres perspectives de rebondissement au niveau africain ou mondial, à l’image d’Abdou Diouf, Masire, Mbeki et son compatriote Olusegun Obasanjo, très sollicités comme médiateurs des conflits politiques ou armés voire gestionnaires d’organisations internationales.

La démocratie aurait déjà connu d’avancées significatives à travers notre continent si, au lieu de s’accrocher au pouvoir contre la volonté de leurs peuples, plusieurs dirigeants africains pouvaient se mettre à l’école de leurs illustres prédécesseurs tels que Senghor, Diouf, Kenyata, Nyerere, Mandela, Mbeki et autres Masire.

L’histoire renseigne que certains dictateurs, aveuglés par leur longévité au pouvoir, leur fausse popularité, leurs armées aux pieds d’argile, leur enrichissement illicite, leurs partis uniques déconnectés des masses, ont fini piteusement leurs mandats à vie à la suite des coups d’Etat, des coups d’éclats des rébellions ou des soulèvements populaires. On ne rappellera pas assez les cas malheureux de l’Empereur Hailé Sélassié d’Ethiopie, de l’Empereur Bokassa de la RCA, de Sékou Touré de Guinée/Conakry, du Maréchal Mobutu Sese Seko de l’ex-Zaïre, de Hissène Habré du Tchad, de Mouammar Kadhafi de Libye, de Laurent Gbagbo de Côte-d’Ivoire, de Ben Ali de Tunisie, de Hosni Moubarak d’Egypte, de Blaise Compaoré du Burkina Faso.

Il est à espérer que l’exemple de Goodluck Jonathan va faire des émules dans tous les pays d’Afrique où s’annoncent des échéances électorales au sommet, et que la recherche de la vérité des urnes serait le maître des candidates à leur propre succession. Quant aux gouvernants interdits de renouveler constitutionnellement leurs mandats, ils devraient intérioriser la leçon de leur ancien collègue du Nigeria et respecter effectivement leurs engagements de ne pas exécuter des passages en force.
Kimp