Goma : baisse de tension mais…

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images (9)Après les affrontements à l’arme lourde entre les FARDC et les rebelles du M23 pendant le week-end, dans la périphérie de Goma, cette ville était sous la psychose d’une attaque de ce mouvement rebelle jusque hier matin. Mais, au fur et à mesure que les nouvelles du front confirmaient le bon comportement des troupes loyalistes face aux assaillants, la forte tension qui régnait dimanche soir au chef-lieu de la province du Nord-Kivu s’est mise à baisser. Et, en début d’après-midi, la décrispation paraissait totale, avec la reprise de toutes les activités commerciales, administratives et autres.

         Même si une nouvelle promenade de santé du M23 dans la ville de Goma, comme en novembre 2012, est théoriquement exclue, au regard du solide verrou mis en place aussi bien par les FARDC que par les troupes de la Monusco, la vigilance reste maximale. Il y a lieu de saluer cette fois, au plan sécuritaire, le sens d’anticipation des forces congolaises et onusiennes.

Les observateurs pensent cependant que les FARDC ne devraient pas se focaliser uniquement sur la défense de Goma. Tout en prenant les dispositions requises pour empêcher la répétition du cauchemar de novembre 2012, les autorités civiles et militaires congolaises ne devraient pas perdre de vue le fait que plusieurs localités du Nord-Kivu se trouvent encore sous l’occupation du M23. Ce que des millions de Congolaises et Congolais attendent de leurs compatriotes sous le drapeau, c’est la mise en œuvre des plans de bataille devant intégrer l’objectif de la libération des « territoires occupés ».

         Cela implique qu’au-delà des engagements militaires de la périphérie de Goma et des stratégies d’éloignement de toute velléité d’invasion de la cette ville par les hommes du Colonel Sultani Makenga, les FARDC devraient d’ores et déjà préparer des actions de harcèlement du M23 sur les terres où il règne encore en maître. Laisser cette force négative imposer son autorité militaire, politique et administrative dans des localités congolaises telles que Bunagana, Masisi, Rutshuru, Rumangabo, Kiwanja et autres, c’est donner la triste impression que cette partie du territoire national lui est gracieusement concédée.

         C’est du reste le fait que le M23 a pu s’aménager un ancrage territorial au Nord-Kivu qui accrédite la thèse de la crise congolo-congolaise que développe le Rwanda dans les fora internationaux. Et tant que Sultani Makenga et ses acolytes disposeront d’un espace géographique dans l’Est de notre pays, ils n’auront de cesse de revendiquer la prise en compte de leur cahier de charges relatif à leur intégration dans les institutions politiques nationales et provinciales, les entreprises publiques, l’armée, la police, les services de renseignements, la diplomatie et la territoriale.

                                      Kimp

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