Génitrice de l’Editeur du journal Le Phare, Polydor Muboyayi Mubanga : Maman Christine Mbombo, le grand voyage d’une «femme de la résistance»

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Zemanta Related Posts ThumbnailL’émotion était vive, le samedi 24 août 2013, jour de l’inhumation de maman Christine Mbombo wa Malemba. Epouse, mère, grand-mère, tante, marraine et amie : elle a été tout cela pour des nombreuses personnes venues assister à ses obsèques. Commencées le vendredi 23 août 2013 avec la levée du corps de la morgue des Cliniques Universitaires, elles se sont poursuivies le même jour, ainsi que le lendemain, samedi 24 août, à la paroisse catholique la Résurrection de Lemba/Righini, après un passage au domicile familial, pour se terminer par l’enterrement au cimetière de Benseke Nouvelle cité, dans la commune de Mont-Ngafula.

L’énergie singulière qui l’a animée tout au long de son existence qui, même dans la maladie, ne l’a pas quittée, a justifié l’engouement des parents, amis et connaissances autour de sa dépouille.

En effet, dès la levée du corps de la morgue, le vendredi 23 août 2013 vers midi, pleurs et déchirements ont envahi l’assistance. Ils se sont poursuivis sur l’avenue Ishasha à Lemba/Righini où elle vivait, avant d’atteindre son point culminant dans l’enceinte du Complexe scolaire Sekwa, était exposé le corps pour les derniers hommages. Dans ce lieu, les familles éprouvées ont visiblement mobilisé leurs dernières énergies pour faire face à cette disparition et au vide immense qui s’est installé en eux.

            Occasion pour les amis et connaissances de leur apporter du réconfort, celui-ci s’est manifesté par le dépôt des gerbes de fleurs et autres messages de condoléances. Dans le lot des personnes qui ont, tour à tour, témoigné un élan de solidarité aux familles affligées, on a noté la présence des notables, parmi lesquels le sénateur Modeste Mutinga ; le président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi Wa Mulumba ; le gouverneur honoraire de la Banque Centrale du Congo, Pierre Pay Pay ; les députés nationaux Jean-Claude Mvuemba, Martin Fayulu,  les éditeurs des journaux( André Ipakala, Alexis Mutanda, Kasonga Tshilunde Joseph Boucar, Bondo Nsama) ; le directeur de cabinet adjoint du Premier ministre en charges des questions politiques, juridiques, administratives, sociales et culturelles, John Bupila ; les acteurs politiques Joseph Olengankoy, Kangudie, Kaloubi Mansanga, Moleka Albert, Omari Lea Sisi, Katende Wa Ndaya, Valentin Mubake, Jacques Fumunzanza, les professeurs Malembe Tamandiak, Kambayi Bwatshia, Ekambo, etc.

            Sous une animation musicale de l’artiste Paul Balenza et de la fanfare, les chants et danses religieux ont aussi permis, à cette occasion, à l’assistance de plonger profondément dans la méditation sur l’existence humaine.

                                               Témoignages

            «Comme ce fut si souvent le cas au cours de ta vie, c’est autour de toi que nous nous réunissons tous aujourd’hui, Maman…» a sangloté une de ses enfants, le samedi 24 août 2013, peu avant la cérémonie funéraire officielle. Cette dernière a indiqué que la multitude des souvenirs qui s’entrechoquent dans sa tête est la preuve à la fois de l’importance qu’elle avait dans sa vie et de la richesse de ce qu’elle leur a apporté.

Témoignage corroboré par un de ses nombreux petits-enfants, Christian Nkunkadi, qui a révélé que le surnom de « MC » collé à leur Mamy dévoile l’étendue de son caractère : femme joviale, aimable, patiente, conciliante, humble, etc. « Elle se souciait toujours du bien-être de ses petits-enfants et ne cessait de s’informer sur l’évolution de chacun d’eux notamment à propos des études, leurs emplois ou encore leur mariage…», a-t-il souligné, précisant néanmoins que MC  n’aura pas l’occasion d’assister à ses prochaines fiançailles.

            Pour sa part, son fils ainé, Polydor Muboyayi Mubanga, éditeur du journal Le Phare, a raconté à l’assistance le combat que feue Mbombo Christine a mené aux côtés de feu son mari, le chef coutumier Muboyayi. « Vous êtes une femme de la résistance… », a-t-il lancé d’entrée de jeu. Ceci s’explique par le fait que, déjà, son beau-père, le chef coutumier Muboyayi, qui résista en 1923 à un ordre inique du colonialiste belge, subit la relégation à Idiofa, dans le Bandundu. D’où le surnom collé à son mari, Muboyayi « Wa Diofa », né pendant cette période.

            Après la levée de la sanction qui le frappait, ce chef fut déplacé de son village d’origine vers Ilebo où il installa une nouvelle chefferie à 500 km de l’ancienne contrée où il regnait. Obligé d’abdiquer en faveur de son fils pour ne pas cautionner une insulte d’un autre colon en 1946, ce chef fit venir son rejeton Muboyayi, le père de Polydor,  de Lubumbashi où il faisait ses études médicales à Saint Boniface. C’est en 1947 que ce dernier épousa à cette occasion Christine Mbombo. Le successeur, géniteur de Polydor Muboyayi, adopta, à son tour, le même esprit dans la conduite et la gestion, tant des affaires privées, familiales que celles de ses sujets. Promouvant les valeurs de justice, de travail, de conciliation, de solidarité, d’honneur et d’amour, le chef Muboyayi dirigea les siens avec adresse et habilité, avec l’accompagnement soutenu et indéfectible de son épouse, la disparue Mbombo Christine, jusqu’à sa mort. Ce sont ces valeurs que la femme de la résistance a préservé, puis légué à sa postérité.                           Dans ce registre toujours, un fils de la défunte a attesté que déjà petit «mamu» Mbombo Christine Muboyayi prenait un soin particulier des autres, qu’il s’agisse de son entourage proche ou de rencontres plus éphémères. « Elle parlait avec douceur, chantait parfois, parlait des heures avec tes amies et membres de la famille, nous expliquait patiemment sa position, donnait des conseils, … mais cette voix si douce restera pour toujours dans nos cœurs », a-t-il conclu.

            Il convient de noter qu’une messe d’action de suffrages a été dite en mémoire de la défunte, reconnue comme une croyante dévouée dans la Légion de Marie au sein de la paroisse La Résurrection. Dans son homélie, le vicaire Patrice Ikalaba a indiqué que Dieu a confié à chacun de nous une mission, un travail sur terre. «Si tu fais bien ton travail, Dieu va te récompenser…Maman Christine a enseigné à ses enfants la voie du Christ et les vertus. Elle est morte dans la joie du Seigneur…»

            Avant la mise en terre à Benseke Nouvelle cité, son fils ainé, Polydor Muboyayi, a prononcé les dernières paroles en se remémorant les leçons enseignées par sa maman : le respect aux parents, aux ainés, l’obéissance, le sens de l’honneur, de la dignité, l’humilité, le service, la solidarité, etc. Néanmoins, conscient que divers rumeurs sont souvent véhiculées autour de la mort, il a conclu que la mort est comme l’eau, on ne l’arrête pas. «Elle ouvre toutes les portes, et malheureusement, elle a réussi à ouvrir celle de maman. Dieu l’a voulu et nous devons l’accepter, moi en premier. Maman a emprunté son chemin, elle va voir les anges et le Seigneur et retrouver ses parents et sa famille. Adieu maman, que la terre te soit douce et légère…», a-t-il conclu en sanglots.

Tshieke Bukasa

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