Genève : un Parti-Etat est mort-né !

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Depuis une semaine, l’actualité nationale se focalise sur le retrait, par Félix Tshisekedi (UDPS) et Vital Kamerhe (UNC), de leurs signatures de l’Accord dit de Genève portant désignation d’un candidat commun de l’Opposition en personne du député national Martin Fayulu, président national de l’Ecidé). Les deux personnalités sont traitées de tous les noms, et notamment de traitres à la lutte du peuple congolais pour le changement de gouvernance à la tête de l’Etat
congolais.
Rien ou presque n’est dit sur le contenu réel de ce fameux Accord de
Genève. Pourtant, sa lecture attentive permet à qui le veut de relever
un certain nombre d’anomalies d’une extrême gravité et de déceler
l’agenda caché d’un Parti-Etat en chantier dans le laboratoire des
candidats invalidés à la présidentielle, principalement Jean-Pierre
Bemba Gombo (MLC) et Moïse Katumbi (Ensemble).

L’Accord de Genève se présente notamment comme un nouveau cadre
institutionnel en contradiction flagrante avec tous les textes
fondamentaux qui régissent le pays. La souveraineté du peuple
congolais est délibérément mise entre parenthèses au profit d’un
pouvoir que devraient exercer exclusivement les signataires, avec des
règles du soi-disant jeu démocratiques fixées selon leur vision de
l’après 23 décembre 2018.
En effet, dans l’hypothèse de la victoire électorale du candidat
commun de l’opposition à la présidentielle, l’alternance démocratique
tant clamée dans les discours du groupe des « 7 », aujourd’hui réduit
«à « 5 », allait être vidée de tous son contenu car l’objectif visé
n’était pas le « changement » de gouvernance mais plutôt la sauvegarde
des intérêts des candidats invalidés.
La programmation rapide de nouvelles élections, dans un délai qui ne
devrait pas excéder deux ans, est à inscrire dans la vision de ceux
qui rêvaient de contourner leur « mort politique » décrétée par la
Ceni et la Cour Constitutionnelle. Concrètement, les institutions qui
devraient découler des élections présidentielles, législatives
nationales et provinciales du 23 décembre 2018, selon leurs calculs,
allaient fonctionner comme des coquilles vides car selon le deal
politique de Genève, le pouvoir réel devrait être exercé par les
signataires.
La démocratie allait cesser d’être le pouvoir du peuple par le
peuple, exercé par ses représentants.
Ainsi donc, placés sous la coupe des signataires de l’Accord de
Genève, les nouveaux élus tant à la présidence de la République qu’au
Parlement, allaient se tourner les pouces et servir de caisses de
résonance des désidératas de la bande des « 7 ». La RDC allait être
régie par une institution suprême, dite des leaders, qui allait
disposer du pouvoir d’orientation et décision de la politique
nationale, exactement comme à l’époque du MPR (Mouvement Populaire de
la Révolution), Parti-Etat, du Président-Fondateur Mobutu Sese Seko.
Le nouveau décor serait celui où les paroles et les actes des
signataires de l’Accord de Genève auraient force de lois.
Le nouveau président de la RDC allait, en fait, devenir l’otage du
groupe des « 7 » leaders, maîtres exclusifs du jeu politique. La
Constitution actuelle allait, à bref délai, être révisée de fond en
comble, de manière à limiter le mandat du Chef de l’Etat à deux ans,
comme en période de transition.
Bref, une maffia politique était planifiée sous couvert d’un Accord
qui allait faire du président élu le dindon de la farce. On comprend
dès lors la colère et la déception des architectes du piège à cons
tendu à F. Tshisekedi et Kamerhe à Genève.
Kimp