Général Kanyama : « Le selfie avec le policier affaiblit l’autorité de l’État »

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kanyama_celestin_13_001Deux groupes de criminels ont été présentés au public, le mardi 29 mars 2016 au terrain Annexe du stade des Martyrs, par le commissariat provincial de la Police nationale congolaise ville de Kinshasa, en marge d’une parade de toutes les unités de ce corps œuvrant dans la capitale. Le premier, c’est la bande  au sous-lieutenant Ngoy Kasongo Jean de Dieu alias « Moto ya Katanga », (chef de bande) ; sergent major Tshimbalanga Kasaji Jibril alias « Foudre »; du sergent Tshikama Musawu Gabin alias « Mura »; et de M. Kusu Tezo Patou, habitant n°42 avenue Opala, quartier Shaba, commune de Kasa-Vubu.

Ces malfrats concoctaient, le 13 mars à 22 heures, un plan d’assassinat de l’évangéliste Claude Kabundi Walessa, chef spirituel et représentant légal du Centre de Réveil spirituel du quartier Bon Marché à Barumbu. « Les trois militaires de cette bande sont des repris de justice qui se sont connus à la prison de Makala. Le chef de bande avait été impliqué dans le meurtre  de feu Boteti, député provincial de la ville de Kinshasa » a indiqué l’officier présentateur.

Quant à la 2ème bande, elle est constituée de Fataki Luyeye, habitant au n°25 de l’avenue Panzu, quartier Sekeseke, commune de Mont Ngafula ; Landu Kapaya Michel, domicilié au n°41, Route de Matadi, quartier Matadi Kibala, commune de Mont Ngafula ; Lubaki Benga Joël, habitant au n°47 avenue Manduku, quartier Matadi Kibala, commune de Mont Ngafula et Mwanana Mutunga Chirac, sans domicile fixe. Ces hors-la-loi, souligne-t-on,  sont auteurs du meurtre de Mme Victorine Faïda Ntanama, domiciliée au n° 9 de l’avenue Kabikibwabawa, quartier Matadi Kibala, commune de Mont Ngafula. La victime a été tuée le 19 mars à l’aide d’un couteau à 5h30.

Saluant le travail abattu ces derniers temps par les éléments de la PNC, le général Célestin Kanyama a ensuite rappelé la mission régalienne de la police, à savoir la sécurité des personnes et de leurs biens ; garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens à travers la ville ; symboliser l’autorité de l’Etat. « Vous êtes un corps  apolitique. Vous devez refléter la force dissuasive à travers votre travail. Certes, la courtoisie, mais aussi la fermeté ! » a indiqué le général.

Pour lui, les policiers ne doivent pas se familiariser avec les comportements qui affaiblissent l’autorité de l’État, voire qui la tuent. « Pas de selfie. C’est inacceptable ! Il faut être ferme, car l’autorité de l’Etat, on doit le sentir à travers la police. On ne peut pas se fragiliser à cause de ça. Les policiers ne font pas de campagne, ne cherchent pas d’electorat et se laissent pas distraire … » a-t-il martelé.

Rappelons qu’un selfie, aussi appelé autophoto ou égoportrait au Québec, est un autoportrait photographique, est réalisé en général avec un appareil photographique numérique, un téléphone mobile (smartphone ou photophone), voire unewebcam. Il est souvent partagé avec d’autres personnes par l’intermédiaire de MMS ou téléversé sur les réseaux sociaux pour, notamment, attester de sa présence sur un lieu ou auprès de quelqu’un (notamment lors d’une photo volée ou consentante aux côtés d’une célébrité), renseigner son profil utilisateur ou son avatar sur un réseau social, partager son état du jour ou publier certaines scènes particulières. Généralement pris sur le vif, ce type de photographie est réalisé avec un appareil porté à bout de bras, ou à l’aide d’un miroir lorsqu’il ne comporte pas de caméra frontale, ou bien avec une perche à selfie.

            Invité à exhorter les policiers, à cet effet, l’ambassadeur Théodore Mugalu, chef de la Maison civile du chef de l’Etat, a convié le policier congolais à la discipline à l’image du centurion romain. Au-delà de la soumission à l’autorité de l’Etat, le policier doit aussi et surtout intégrer la dimension spirituelle dans son travail, car il n’a pas seulement à se soumettre à l’autorité temporelle qui est l’Etat, mais aussi à l’autorité spirituelle.

            Le pasteur est convaincu qu’il y a des phénomènes naturels qui accompagnent la Police nationale congolaise, notamment celle de la ville de Kinshasa qui est placée sous l’autorité du général Célestin Kanyama, un chrétien pratiquant. Pour ce faire, soutient l’ambassadeur Mugalu, le commissaire provincial de la PNC travaille avec la bénédiction de Dieu. « C’est comme  cela pourra opérer un changement dans la prévention des crimes, car la prévention est du domaine de Dieu », a  indiqué le pasteur Mugalu.

            Le choix de la Place Pont Cabu est un symbole. « Il y a quelque temps, Pont Cabu était la place forte de la pègre de la ville. On y arrachait bijoux, montres, sac à main, téléphones…, le lieu de crimes. Il faut reconnaître que la police est en train de réaliser un  travail qui mérite d’être applaudi », s’est félicité le chef de la Maison civile du chef de l’Etat.

            Notons qu’en marge de cette parade, deux policiers ont été  gratifiés des congélateurs de 400 litres. Ces éléments sont les plus méritants. Il s’agit du brigadier en chef Mbongo Mosi Alpha de la Police de circulation routière opérant à l’entrée du boulevard Triomphal, carrefour PNMLS, et du commissaire supérieur adjoint (major) Boloko Bola Nyama, œuvrant à Masina.

Tshieke Bukasa