Gaz lacrymogènes à la maternité Saint Benoît : plusieurs bébés entre la vie et la mort !

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Selon Jeune Afrique, plusieurs bébés ayant inhalé des gaz lacrymogènes lancés par des policiers le dimanche 25 février sur des manifestants retranchés dans l’enceinte de la paroisse Saint Benoît, dans la commune de Lemba, laquelle est contigüe à une maternité, se trouvent dans un état fort inquiétant. Plusieurs d’entre eux, indiquent des
sources hospitalières, ont changé de couleur à la suite de l’effet de ces gaz sur leurs frêles organismes.

Présentant de graves difficultés respiratoires, certains sont placés sous le régime de la respiration artificielle. L’un d’eux aurait été ramené au domicile de ses parents en dépit de l’insistance du personnel médical leur conseillant de ne pas prendre un tel risque. On
ignore, depuis dimanche, le sort de ce bébé qui échappe à tout contrôle médical. Quant à ceux encore internés à la maternité Saint Benoît, les médecins, les infirmières et infirmiers ainsi que de bonnes volontés se mobilisent pour leur sauver la vie. Un religieux
curé de la paroisse Saint Benoît, l’abbé Jean-Claude Tabu, s’est placé en première ligne dans cette campagne de sauvetage des vies d’innocentes créatures.

Par ailleurs, des nouvelles fort alarmantes ne cessent de parvenir de l’hôpital Saint Joseph de Limete, où l’un des bébés intoxiqués aux gaz lacrymogènes se trouve pratiquement à l’article de la mort. A en croire le Docteur Kajingulu, responsable de cette formation médicale, ses chances de survie sont fort réduites. Il craint sérieusement qu’il
ne rende l’âme un de ces quatre matins. Placé lui aussi sous respiration artificielle, le pauvre bébé perd ses signes vitaux au fil des heures.

A la maternité Saint Benoît comme à l’Hôpital Saint Joseph, membres
des familles, amis et connaissances des parents des bébés en grand
danger de mort condamnent le manque de professionnalisme et le zèle
des éléments de la Police Nationale Congolaise, qui jettent des gaz
lacrymogènes et tirent à belles réelles sur des manifestants, sans se
soucier de l’environnement immédiat des paroisses.
On rappelle que le 21 janvier 2018, des gaz lacrymogènes avaient été
jetés sur la maternité de Saint Sacrement, à Binza-Delvaux, sous
prétexte qu’il fallait neutraliser des délinquants qui se seraient
mêlés aux chrétiens catholiques de ladite paroisse. Ici aussi,
plusieurs bébés avaient failli passer de vie à trépas, après avoir
avalé des gaz lacrymogènes. Bien que tous les bébés aient pu être
tirés de la mort, le personnel médical redoute des effets secondaires
sur leur santé dans les années à venir.
Le vœu des parents des bébés et du personnel médical qui les prennent
en charge est que le gouvernement se penche au plus tôt sur la
situation pour une intervention financière et logistique d’urgence,
mais aussi pour diligenter rapidement une enquête pour identifier les
policiers auteurs de cet acte criminel et les donneurs d’ordres.
On constate que dans le communiqué que la hiérarchie de ce corps
spécialisé dans le maintien de l’ordre et de la sécurité avait remis
dimanche à la presse, il était fait état de « zéro mort », tandis que
dans celui diffusé lundi, elle reconnaissait le bilan revu et corrigé
de deux morts. Mais, aucun mot n’a été dit sur les bébés « gazés » à
la maternité Saint Benoît et dont l’état de santé inspire beaucoup
d’inquiétude. Les responsables de la PNC attendent-ils une nouvelle
hécatombe pour « corriger » le bilan des morts et annoncer de nouveaux
procès en flagrance contre des éléments de leur corps n’ayant pas
respecté les consignes ?
A propos des consignes, que dit-on aux policiers que l’on voit
s’attaquer systématiquement à tout ce qui bouge au niveau des
paroisses catholiques, avant comme à la fin des cultes religieux
précédant les marches pacifiques ? Si la Police Nationale Congolaise
faisait montre de professionnalisme, elle ferait facilement la
différence entre d’authentiques terroristes et de paisibles citoyens
porteurs de bibles, crucifix, rameaux et autres chapelets. Si ses
éléments n’avaient pas la gâchette facile et se gardaient de tirer à
balles réelles sur des manifestants, l’aspirante religieuse Dechade
Kapangala, l’assistant de l’enseignement supérieur Rossy Mukendi
Tshimanga et l’élève finaliste des humanités Eric Bolokoloko seraient
encore en vie.

Il s’avère, finalement, qu’en lieu et place des délinquants et autres
casseurs que l’on accuse avoir infiltré les rangs des fidèles
catholiques, des balles assassines éliminent de valeureux filles et
fils de ce pays.
Kimp