Le G7 sort le carton rouge contre la CENI !

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Très remonté, le G7 a vigoureusement chargé la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI), au cours d’un point de presse organisé hier mardi 19 juillet 2016 en son siège de Gombe/Socimat. Et pour cause ! Cette plate-forme des partis de l’Opposition accuse la Centrale électorale de se lancer dans l’enrôlement des électeurs au Nord-Ubangi dès la fin de ce mois de juillet, sans au préalable présenter un chronogramme global des opérations d’identification et d’enrôlement. « En réalité, la CENI nous ramène ainsi sournoisement au préalable du recensement général de la population congolaise rejeté catégoriquement par le Peuple congolais lors des manifestations du 19 et 20 janvier 2015 réprimées dans le sang par le pouvoir », a martelé Charles Mwando Nsimba, président en exercice du G7.

En effet, a-t-il expliqué, le processus d’actualisation du fichier électoral s’étalant sur 16 mois, en réalité, il ne s’agit pas de la révision du fichier électoral, mais bien de sa refonte totale. « Cette option de la refonte totale du fichier électoral décidée unilatéralement par la CENI aurait dû, au regard du contexte politique, être discutée avec toutes les parties prenantes au processus électoral au sein des cadres cde concertation prévus par la loi organique portant organisation et fonctionnement de la CENI », a appuyé le député national, soulignant que l’option choisie par la CENI consacre le non respect du délai constitutionnel.

Accusant Corneille Nangaa de refuser délibérément de publier le calendrier électoral, en le subordonnant à la tenue du Dialogue politique, Mwando Nsimba et ses pairs ont tranché que c’est inacceptable et insoutenable. « Non seulement la convocation du scrutin pour l’élection présidentielle à la date du 19 septembre 2016 est une obligation constitutionnelle, mais, dès lors que la CENI elle-même a fixé l’échéancier de l’enrôlement, un des éléments du calendrier électoral, elle devrait être en mesure d’indiquer la suite du processus, plus spécialement la date de l’élection présidentielle, soumise à une contrainte constitutionnelle précise et de surcroit plus facile à organiser » a indiqué le président de l’UNADEF.

Soupçonnant la CENI d’avoir un agenda caché en conditionnant la
publication du calendrier électoral à la tenue ou non d’un quelconque
dialogue politique, le G7 lui rappelle qu’elle a la responsabilité
constitutionnelle d’assurer la régularité du processus électoral. «
Faire autrement, la CENI quitte délibérément le champ constitutionnel…
»

Election et alternance absentes dans l’agenda de la MP
Convaincu que la CENI traine délibérément les pieds et allonge
inutilement le délai des opérations préélectorales pour donner du
temps au président Kabila et à ses partisans, le G7 a avancé une
panoplie de preuves pour soutenir sa conclusion. Dans le lot, il
démontre qu’au lieu d’acquérir un nombre suffisant des kits de manière
à commencer l’enrôlement dans plusieurs provinces, sinon dans
l’ensemble du pays, simultanément, la CENI a préféré procéder province
par province, pour étaler naturellement le processus d’identification
et d’enrôlement sur plus d’une année.
S’il y a bonne foi et volonté politique, estiment ces anciens alliés
de la MP, il est encore et toujours possible d’organiser les élections
présidentielle et législatives nationales dans les délais
constitutionnels. « Pour ce faire, nous soutenons la révision du
fichier électoral à la place de sa refonte. (…)Nous sommes convaincus
que si le peuple congolais n’exerce pas de fortes pressions sur la
CENI, elle ne publiera le calendrier électoral que le plus très
tardivement possible, lorsqu’elle en aura reçu l’autorisation du
président Kabila. Le 19 septembre 2016 au plus tard, le peuple
congolais se lèvera comme un seul homme pour réclamer dans la non
violence et par toutes voies légales, la publication du calendrier
pour exercer son droit souverain d’élire ses nouveaux dirigeants
conformément à la Constitution ! » a averti Charles Mwando Nsimba.
Au sujet du meeting populaire du 31 juillet prochain, le G7 a fait
noter que ce sera une manifestation publique de haute portée politique
et historique qui devra être l’occasion pour le peuple d’exprimer sans
équivoque au monde entier son « attachement indéfectible et inoxydable
à la Constitution du 18 février 2006 et à la démocratie universelle ».
« Ce sera l’expression d’une triple revendication : le respect de la
Constitution, la relance du processus électoral conformément à la
Constitution et enfin, l’alternance démocratique exigée par la
Constitution. D’où notre appel à la mobilisation générale pour la
réussite de ce meeting de vérité » a-t-il conclu.
Tshieke Bukasa