Le G7 n’attend rien de Kabila et lance un nouvel appel à l’unité de l’opposition

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Après les manifestations pacifiques du 31 décembre et 21 janvier dernier initiées par le CLC (Comité Laïc de Coordination) en vue de l’application intégrale de l’accord politique du 31 décembre 2016, le G7, regroupement de 7 partis politiques de l’opposition et membre du
Rassemblement, a lancé le dimanche 28 janvier 2018 à son siège, un nouvel appel à l’unité de l’opposition pour des actions communes.
C’était au cours du point de presse animé par Pierre Lumbi Okongo,
président en exercice de cette plate-forme pro-Moise Katumbi.
Il a rappelé à cette occasion la position du G7 quant à l’impératif
de l’application de l’accord de la Saint Sylvestre, préalable pour la
tenue des élections à la date du 23 décembre 2018. Au menu des
préalables, le président du G7 a notamment épinglé l’application des
mesures de décrispation, l’arrêt des poursuites judicaires à
l’encontre des opposants politiques dont leur candidat président Moise
Katumbi en exil, l’ouverture de l’espace politique, la fin des
dédoublements des partis politiques, etc.
Il a également réagit au sujet du bras de fer engagé dernièrement
entre le gouvernement congolais et certains de ses partenaires
notamment la Belgique. Saluant la décision de la Belgique d’arrêter la
coopération avec le gouvernement congolais, Pierre Lumbi a fustigé par
ailleurs la réaction des autorités de la RDC suite à la décision de la
fermeture de la maison Schengen. Une mesure, selon le G7, inutile et
ridicule à laquelle le gouvernement congolais doit renoncer.
Quant à la dernière sortie médiatique du président Kabila, Pierre
Lumbi a déploré sans surprise, l’attitude du chef de l’Etat qui n’a
nullement été au rendez-vous des attentes du peuple congolais, une
preuve selon ce regroupement politique cher à Moise Katumbi, qu’il
tient à se maintenir au pouvoir. D’où l’appel du G7 à l’endroit
également du peuple congolais à intensifier les pressions pour obtenir
l’application dudit accord.                       Myriam Iragi

«ON NE PLEURE PAS LES MARTYRS… ON POURSUIT LEUR COMBAT…»
Mieux vaut tard que jamais. Au nom du G7, je voudrais souhaiter à
vous-mêmes et à l’ensemhle du Peuple. congolais les voeux les
meilleurs pour l’année 2018, une année nouvelle pleine de courage et
de réussite.
En effet, pour le G7, quoi qu’il en coûte et quoi que le président
Joseph Kabila et ses partisans fassent, l’année 20 18 doit être celle
de la fin de la dictature, de la fin du règne des dirigeants
illégitimes el illégaux en République Démocratique du Congo.
Au C7, nous en sommes très sûrs. Notre assurance est fondée d’autant
plus qu’en répondant massivement à l’appel du Comité Laïc de
Coordination, CLC, les Congolais de toute confession religieuse qui
ont marché pacifiquement par millions, le 31 décembre dernier et le 21
janvier en cours, à Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Mbandaka, Goma,
Bukavu et ailleurs à travers la République, ont démontré sans
équivoque que notre Peuple a vaincu la peur et est déterminé à se
libérer des chaînes de la dictature d’un régime illégitime et illégal
qui ne survit désormais que par les armes et la corruption.
Le G7 s’incline devant le martyre des compatriotes qui ont perdu leur
vie ou ont été atteints dans leur intégrité physique au cours de ces
deux marches historiques réprimées sauvagement par le pouvoir décadent
du Président Joseph Kabila.
On ne pleure pas les martyrs. On poursuit leur combat jusqu’au
triomphe de l’idéal et des valeurs pour lesquels ils se sont
sacrifiés. Tel est l’engagement que le G7 a pris avec toutes les
forces de changement dans notre pays.
Le G7 salue le courage du CLC, de nos vaillants Abbés, de l’Eglise
catholique et de toutes les confessions religieuses qui ont permis de
relancer notre combat commun pour la démocratie et l’Etat de droit en
RDC. Il félicite les forces de l’opposition et du mouvement citoyen
qui se sont impliquées activement dans la réussite des marches du 31
décembre 2017 et du 21 janvier 2018.
Le G7 se félicite de l’attitude des partenaires extérieurs de la RDC
qui ont unanimement condamné les tueries et autres violences exercées
gratuitement par les forces de l’ordre et de sécurité sur des
citoyens, marchant avec  des bibles, des chapelets, des rameaux de
paix, etc. et sans provoquer personne, pour n’exiger rien d’autre que
le respect de la Constitution et la tenue d’élections démocratiques,
dont la mise en oeuvre effective de l’Accord politique global et
inclusif du 31 décembre 2016 constitue la seule garantie réelle.
Le G7 souscrit à la demande d’une enquête impartiale formulée
notamment par l’opposition congolaise, les organisations non
gouvernementales des droits de l’Homme, l’Union Africaine (UA), le
Secrétaire Général des Nations Unies, l’Union européenne (UE), la
Belgique et les Etats-Unis d’Amérique afin d’identifier les auteurs
intellectuels et matériels de ces crimes abominables et de les
sanctionner sévèrement.
Dans le même sens, le G7 trouve fondée la décision du gouvernement
belge de ne plus coopérer avec le Président Joseph Kabila et son
gouvernement car non seulement ils n’ont plus de légitimité pour
diriger la RDC et engager le Peuple congolais, mais aussi parce qu’ils
maintiennent le pays sous tension en sabotant délibérément l’Accord de
la Saint Sylvestre et en violant constamment les droits de l’homme et
les libertés fondamentales.
Aussi, le G7 exprime-t-il sa plus vive indignation face à la réaction
épidermique et irresponsable des autorités congolaises qui, au lieu
d’appliquer l’Accord de la Saint Sylvestre et de libérer l’avenir de
la Nation comme ne cesse de le revendiquer notre Peuple, se lance dans
des mesures de rétorsion contre le Gouvernement belge en décidant de
fermer l’Agence de coopération belge et la Maison Schengen à Kinshasa,
sachant très bien que, d’une part, elles pénalisent beaucoup de
Congolais,  et, de l’autre, la fermeture de la Maison Schengen ne
concerne pas que la Belgique mais aussi 16 autres pays membres de
l’Union Européenne.
Le G7 demande avec insistance au gouvernement de la RDC de renoncer à
ces mesures aussi inutiles que ridicules et de s’appliquer à la mise
en oeuvre intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre, des résolutions
pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, plus spécialement la 2348
(2017) et des recommandations des partenaires extérieurs en la
matière.
Joseph Kabila tient à rester au pouvoir quel qu’en soit le prix.
Néanmoins, les marches populaires du 31 décembre 2017 t du 21 janvier
20181 ont ébranlé et ont remis en cause certaines certitudes qui
alimentaient ses illusions jusque-là. Autrement comment expliquer sa
sortie médiatique subite et celle de son Ministre de la justice ?
Des millions des Congolaises et Congolais parmi lesquels près de 3
millions qui ont marché le 31 décembre 2017 et le 21 janvier 2018,
attendaient du Président Joseph Kabila, à l’occasion de son interview
du 26 janvier 2018, des signaux forts pour décrisper le climat
politique extrêmement tendu et explosif.
Les Congolais attendaient qu’il présente ses condoléances aux familles
éprouvées el les excuses du Gouvernement congolais pour les victimes
causées par les forces de l’ordre le 31 décembre 2017 et le 21 janvier
2018 autrement qu’au détour d’une question d’un journaliste.
Ils attendaient qu’il annonce le retour de la dépouille d’Etienne
Tshisekedi pour qu’il soit enterré dans la dignité et l’abandon des
poursuites judiciaires contre Moïse Katumbi.
Ils attendaient la libération immédiate des prisonniers politiques
emblématiques tels que Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Diomi
Ndongala, Huit Mulongo et bien d’autres. En lieu et place, son
Ministre de la justice a annoncé la libération d’une dizaine de
prisonniers membres de l’ex-Mouvement rebelle M23 et d’autres groupes
armés, bénéficiaires d’une loi d’Amnistie votée et promulguée il y a 4
ans, privant les Congolais amnistiés de leur liberté au mépris de la
Constitution et des lois de la République.
Ils attendaient qu’il annonce la fin de l’exil des opposants menacés
d’arrestation à leur retour au pays, la libéralisation des espaces
médiatiques et la réouverture des médias injustement fermés, la fin du
dédoublement des partis politiques, le libre exercice des activités
politiques par tous notamment le droit de manifester et la liberté des
mouvements, la restructuration de la CENI, la confirmation par le chef
de l’Etat qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme l’exige la
constitution.
De tout cela, rien n’a été évoqué. Encore une fois, le Président
]oseph Kabila, n’a pas été au rendez-vous de l’histoire. Nous, membres
du G7 n’en sommes pas surpris. En 2015, nous avions déjà fait
l’expérience de l’entêtement obstiné d’un homme insensible aux
aspirations de son peuple. A trois reprises, nous lui avions écrit
pour lui demander de baisser les tensions dans le pays. Nous luis
avions demandé de respecter la Constitution, organiser les élections
en temps et heures et se préparer à une alternance démocratique et
apaisée. Depuis, que de morts, que de sang et de larmes versées, de
familles endeuillées et déchirées, de victimes innocentes sacrifiées
pour une famille et un clan. Que de chances envolées, d’opportunités
manquées de redonner à la Nation un élan vers un avenir meilleur pour
une poignée de partisans avides de conserver le Pouvoir pour le
pouvoir !
Tout ceci montre que le président Joseph Kabila, son gouvernement et
ses partisans ne veulent ni de la démocratie, ni de l’Etat de droit,
ni de la réconciliation nationale ni de la paix, ni des élections
crédibles pour sortir du chaos dans lequel ils précipitent chaque jour
davantage la RDC.
C’est pourquoi, le G7 réitère son appel au Peuple congolais
d’intensifier les pressions pacifiques afin que toutes les mesures de
décrispation politique et d’assainissement de la CENI ainsi que de
l’environnement électoral convenues dans l’Accord politique global et
inclusif du 31 décembre 2016, seule feuille de route valable pour la
tenue des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles en
RDC, soient effectivement appliquées.
Nous continuerons ensemble main dans la main avec le peuple congolais
à nous dresser contre la dictature pour réclamer la libération sans
condition des prisonniers politiques tel que d’Eugène Diomi, de Jean
Claude Muyambo, de Franck Dio IgO, de Huit Mulongo, de tous les autres
prisonniers politiques et activistes des mouvements citoyens, la fin
des poursuites judiciaires infondées contre Moise Katumbi et Sindika
Dokolo, le retour des opposants exilés, injustement condamnés ou
menacés d’arrestation à leur retour comme Mbusa Nyamwisi et Floribert
Anzuluni et tant d’autres, la libéralisation des espaces ~\
médiatiques et la réouverture des médias, la fin du dédoublement des
partis politiques, le libre exercice des activités politiques par tous
notamment le respect du droit de manifestations pacifiques et la
liberté des mouvements, la confirmation par le chef de l’Etat qu’il ne
briguera pas un troisième mandat comme l’exige la constitution. Nous
voulons la restructuration de la CENI telle que décidée dans l’Accord
de la Saint Sylvestre. Tels sont les préalables à la tenue d’élections
crédibles et transparentes qui assureront la paix et la stabilité de
notre pays.
A cet effet, j’en appelle encore une fois, comme beaucoup d’autres
l’ont fait avant moi, à l’unité de l’opposition. Cette unité qui doit
avoir comme socle les valeurs républicaines, va se construire autour
des actions communes. A cet effet, j’invite tous les principaux
leaders de l’opposition quels que soient les reproches que les uns et
les autres se font, de transcender leurs états d’âme, les rancoeurs,
pour privilégier l’intérêt général de notre nation.
Aussi, serait-il opportun qu’une rencontre entre ces leaders soit
organisée dans les meilleurs délais pour que les lignes de convergence
sur l’unité d’action soient établies.
Que vive la République Démocratique du Congo!

Je vous remercie

Kinshasa, le 28 janvier 2018
Pour le G7
Le Président en exercice
Pierre LUMBI OKONGO