Le G7 laisse la Primature à l’UDPS

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pierre numbiPlate-forme politique regroupée autour du candidat à la présidentielle Moïse Katumbi, le G7 vient de mettre fin à la polémique qui s’installait sur la gestion des ambitions autour de la primature confiée au Rassemblement. Le samedi 7 décembre 2017 en son siège situé
à Socimat à Gombe, son président en exercice, Pierre Lumbi Okongo, est formel:« Nous pensons, nous acceptons même que l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social(UDPS) puisse nous proposer un candidat Premier ministre !». Car, à ce stade, le Rassemblement n’a pas encore levé d’options pour la Primature. On discute encore sur le profil et le mode de désignation. On travaille sur les propositions concrètes à soumettre aux Evêques.

Pour ces dissidents de la Majorité Présidentielle(MP), il y a un critère important pour briguer ce poste: le poids politique. « Il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître que l’UDPS a un poids historique qu’aucun autre parti n’a» a-t-il appuyé.

Puis d’enchaîner:« Il faut être malhonnête pour ne pas reconnaître qu’Etienne Tshisekedi a un poids Intuitio personae qu’on ne peut distinguer du président de l’UDPS. Il faudra qu’un jour que ce pays lui donne ce qu’il mérite et entre au panthéon de l’histoire».

Somme toute, Pierre Lumbi a indiqué qu’on l’aime ou pas, Étienne Tshisekedi est l’homme qui a tout sacrifié, y compris sa propre vie, et tous les plaisirs du monde, pour l’avènement d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit en RDC.

Quant aux rumeurs qui imputent au G7 des ambitions effrénées d’entrer
au gouvernement, la hiérarchie du G7 a simplement rappelé qu’ils ont
quitté jadis la MP, laissant ministères et autres postes important
pour un idéal: le combat pour le respect de la Constitution.
Toutefois, a-t-il insisté, faire confiance à l’Udps ne veut pas dire
qu’on va accepter n’importe qui. Nous allons discuter et une option
sera levée…».

L’accord du Centre Interdiocésain est une victoire

Content de l’issue des tractations du Centre Interdiocésain conduites
par les évêques de la Conférence nationale épiscopale du Congo(CENCO),
le G7 a salué l’accord qui en a découlé. « Généralement, tout accord
est imparfait, car chacun a mis un peu d’eau dans son vin. On est fier
puisqu’on a gagné l’essentiel : pas de 3ème mandat pour le président
Joseph Kabila et les élections présidentielle et législatives à la fin
de l’année 2017. Ceux qui n’y croient pas, c’est leur affaire. Nous,
nous y croyons et pensons que le gouvernement, le Conseil national de
suivi de la Transition seront gérés par des hommes sérieux,
incorruptibles et professionnels. Nous saluons le travail
extraordinaire abattu par la CENCO, bien que les princes de l’église
ne sont pas des spécialistes des négociations comme la communauté San
Egidio… », a souligné le président du MSR.
Doit-on laisser à l’UDPS diriger le Conseil national de suivi de la
Transition et la Primature ? A cette question qui taraude l’opinion,
Pierre Lumbi a répondu que les deux structures ne sont pas sur le même
registre. « Le Conseil national ne gère pas les affaires de l’Etat,
mais les suit. C’est un organe politique et technique, pour assurer le
suivi de l’Accord. Sa force, c’est la personne d’Etienne Tshisekedi… »

Retour de Katumbi : la balle dans le camp de la MP

Interrogé sur le principal sujet qui tient à cœur le G7, le retour de
son candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi Chapwe, Pierre Lumbi
Okongo n’y est pas allé par le dos de la cuillère : « En principe,
c’est à l’autre partie qu’il faut poser cette question. Nous avions
respecté nos engagements, entre autres, celui de ne lancer aucun mot
d’ordre pour la journée du 19 décembre, marquant la fin du deuxième et
dernier mandat présidentiel de Joseph Kabila. C’était notre signal
fort de bonne foi d’aller à un compromis. Nous avons cessé les feux et
espérons que l’autre camp va aussi respecter sa parole ».
Néanmoins, il a rappelé que le « poulain » du G7 à la présidentielle
a joué un rôle important dans le processus de décrispation, en
refusant de bloquer la machine pour ses intérêts personnels.
À propos de Gabriel Kyungu wa Kumwanza, un autre leader du G7, le
président en exercice a indiqué qu’il devait en principe rejoindre
tous les autres membres de la plateforme pour la conférence de presse
mais il a été empêché de prendre son avion à l’aéroport.
Tshieke Bukasa