Fusillade au Camp Lufungula

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Ambiance de profonde tristesse, vendredi , au camp Lufungula, lors des funérailles de l’inspecteur Moba Poa doublées des honneurs lui rendus par l’inspection provinciale de la police ville de Kinshasa, l’Inspection générale de la police nationale congolaise, l’Hôtel de ville de Kinshasa, les autres unités de la police et des Fardc, dont la Justice militaire.

 Rien ne présageait que cette journée allait se terminer par un drame. Il était en effet, 14 heures. Alors que la hiérarchie de la police accompagnait à pieds le cortège funèbre jusqu’à la porte de sortie du camp Lufungula, une fusillade a été entendue.

Un policier de la Direction des Renseignements généraux et de Services Spéciaux, juché sur une jeep de passage devant le grand hangar du camp Lufungula, a manœuvré son arme et tiré deux coups de balle.

La première a atteint au visage, le major Richard Mulumba du Service de Renseignements Militaires ( ex-Demiap), venu aux obsèques pour se recueillir sur la dépouille mortelle de l’inspecteur Moba qu’il avait connu à la BSRS, unité où il avait œuvré à une certaine époque, avant d’être affecté au Bureau 2 de l’état-major de la défunte Gendarmerie nationale.

Cet officier supérieur est mort sur le coup.

La seconde victime des tirs du policier à la gâchette facile, n’est autre que le commissaire Abwa, du pool OPJ de la Direction des renseignements et des services spéciaux qui escortait leur chef. Atteint à l’épaule droite, il a apostrophé son collègue qui venait de tuer quelqu’un et l’avait blessé. Il commençait à saigner abondamment et a été vite acheminé à l’hôpital général de référence de Kinshasa.

A la suite de la forte hémorragie, cet officier a succombé vers 16 heures, les médecins traitants n’ayant pu rien faire pour le sauver.

La levée du corps du major Richard Mulumba a été ordonnée, comme  sur instruction d’un magistrat dépêché sur le lieu, par le procureur de la république, près le Tribunal de grande instance de Kinshasa – Kalamu, après le constat et la procédure en la matière.

De nombreux magistrats militaires présents sur le lieu, visiblement choqués ont évoqué la possibilité de juger le policier auteur de la fusillade en procédure de flagrance.

Mais d’ores et déjà, cet agent  de la DRGSS a été appréhendé sur décision de son chef qui s’est indigné de ce comportement injustifiable. Fâché et à la fois troublé, il l’a écroué en attendant de le soumettre aux autorités judiciaires militaires compétentes devant qui il devra répondre de ses actes.

Cet incident malheureux déploré par toute la hiérarchie de la police, a été mal accueilli par les responsables du Service des renseignements militaires qui réclament que toute la lumière soit faite sur ce meurtre, dont on dit qu’il ne s’agirait pas d’un cas de règlement de comptes. Ils espèrent que l’interrogatoire auquel sera soumis le tireur permettra de fixer les esprits sur ses intentions réelles en manoeuvrant son arme dans un milieu aussi bondé de monde, sans prendre toutes les précautions d’usage.

L’affaire, croit-on savoir, intéresse l’Auditorat militaire de garnison de la Gombe.

JRT

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