Frais académiques à l’E.S.U. : le gouvernement favorise le sabotage de sa propre monnaie

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Les étudiants contestent le taux d’échange du dollar – soit le taux budgétaire de 1.452 Fc pour un dollar américain – que le Gouvernement, à travers son Ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (E.S.U.), a imposé aux institutions de formation pour le payement des frais académique. Cette contestation qui s’est manifestée hier lundi, 13 novembre 2017, à l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (I.S.T.A.), à travers un malheureux affrontement entre les étudiants et les agents de l’ordre public (policiers), n’est pas la première de la série. En effet, rien qu’en ce début de l’année académique 2017-2018, la ville de Kinshasa a déjà vécu cette fièvre de contestation estudiantine avec les étudiants de l’Institut Supérieur Pédagogique et Technique (I.S.P.T.), de l’Institut Supérieur de Commerce de la Gombe (ISC/Gombe), de l’Université Pédagogique Nationale (U.P.N.), etc. Malgré cela, aucune solution viable n’est en vue jusqu’à ce jour. Toutefois, diverses propositions ont été soumises aux contestataires pour fractionner le payement de ces frais académiques en plusieurs tranches, tout en respectant la parité dollar américain/francs congolais décidée par les autorités hiérarchiques.

 

Mais les étudiants ont refusé cette proposition et réclament de payer les frais académique au taux budgétaire de l’année dernière, soit 9,6O Fc/le dollar. En effet, selon les instructions académiques transmises aux gestionnaires des établissements d’enseignement de l’ESU, à travers la circulaire n°019 du 30 septembre 2017, au chapitre 4.1, il est demandé que tous les frais académiques soient fixés en dollars américains, mais payables en francs congolais, au taux budgétaire en vigueur. Comme l’opinion congolaise en général, et kinoise en particulier le sait, devant le Parlement, le Premier ministre a fixé le taux budgétaire en vigueur à 1.452 Fc pour un dollar américain, alors que l’année académique dernière, ce taux était de 960 Fc pour un dollar. Même si les frais académiques restent invariables en dollars américains, cette augmentation du taux d’échange entraîne automatiquement un majoration notable des frais académique à libérer par étudiant.

 

En fixant les frais académique en dollar US : où serait partie alors notre souveraineté !

 

L’opinion publique s’étonne que le même Gouvernement qui demande à tous les opérateurs économiques du pays de fixer les prix en Francs congolais, puisse lui-même imposer à ses mandataires de les fixer en dollars américains, une devise étrangère, au détriment de sa propre monnaie. Ceci est une catastrophe pour notre économie, pour le petit peuple, les fonctionnaires et les enseignants dont les salaires sont libellés chaque mois en Francs congolais. Le fait que la même circulaire exige que les frais libellés obligatoirement en dollar US soient payables en Francs congolais n’enlève rien au sabotage de notre monnaie. Par là, un énorme tord vient ainsi d’être causé à l’économie. Où serait alors parti notre sainte souveraineté ? Et dans leurs subconscience, la Population congolaise et les étrangers vivant dans notre pays ont vite fait de tirer comme leçon que mieux vaut prendre en considération les devises étrangères que les Francs congolais parce que le Gouvernement lui-même – dont sa politique conditionne la valeur de sa monnaie – n’a pas confiance dans sa propre monnaie et a demandé à tous ses mandataires à l’ESU de fixer les frais (donc les prix) uniquement en dollars.

Les étudiants l’ont aussi compris et expliquent que leurs parents – qui sont des agents, fonctionnaires et enseignants payés par l’Etat congolais – n’ont jamais touché des salaires indexés au taux budgétaire actuel annoncé par le Gouvernement. D’ailleurs ce dernier n’a jamais respecté ce taux. Ils s’étonnent qu’à l’ESU, on s’acharne à l’appliquer. Par contre, plusieurs mandataires de l’ESU sont restés branchés sur cette circulaire et disent qu’ils n’ont pas le pouvoir de refuser d’appliquer une instruction officielle. Pour eux, les étudiants doivent nécessairement se plier et payer. Une impasse qui exige donc une issue heureuse.

SAKAZ

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