FPI : Germain Kambinga, avocat du ‘‘Privilège du Trésor’’

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Germain Kambinga A l’issue d’une visite guidée au prochain nouveau siège du Fonds de Promotion de l’Industrie(FPI), situé sur l’avenue Lokele au quartier Gare centrale à Gombe, le 13 janvier 2016, le ministre de l’Industrie, Germain Kambinga, a salué les travaux de construction de deux immeubles baptisés « tours jumelles » ou « immeuble du Millénaire » pour leur confort et modernité à outrance. Ouvrages exécutés en 14 mois sur fonds propres du FPI, le patron de l’industrie nationale n’a pas manqué d’estimer le programme des reformes dans lequel cette structure de financement du secteur industriel s’est engagé. « Le gouvernement de la République est très attentif à toutes ces réformes dont l’une d’elles est le processus de transformation de ce dernier en ‘banque’ à proprement parler… », a-t-il martelé.

Au sujet de l’affaire des « 141 millions USD du FPI » jamais remboursés par ses débiteurs qui continue de faire couler encre et salive, le ministre Kambinga a confirmé avoir saisi son collègue de la Justice à cet effet. « Nous sommes déjà allés rencontrer le ministre de la Justice, avec qui nous avons échangé et l’intelligence que nous avons retirée de cette rencontre a été traduite par une note circulaire du ministre de l’Industrie adressée au FPI, et des mesures d’encadrement, des mesures correctives sont à l’œuvre… » a-t-il souligné, tout en précisant que la note circulaire demande également aux cadres et agents du FPI à redoubler d’ardeur.

A l’en croire, en effet, lorsqu’on parle de 140 millions USD, il faut comprendre que c’est une accumulation, une agrégation des crédits. Celle-ci peut également s’expliquer par une seule chose, à savoir, le devoir de l’État. « Le FPI étant le démembrement de l’État, il a le devoir d’aller là où les privés ne vont pas, après avoir évalué le risque d’investir dans le secteur industriel. Tandis que l’État qui considère le secteur industriel comme terreau de la transformation de son économie, son devoir c’est d’oser. Aujourd’hui, parce que les institutions fonctionnent, il y a une sonnette d’alarme qui est tirée pour dire une seule chose, non pas l’État a failli, mais qu’il doit tirer les conséquences de l’audace qu’il a eu d’aller vers des entrepreneurs congolais qui avaient des idées, et qui n’avaient peut-être pas d’accès, compte tenu de conditionnalités au secteur privé, parce que c’est ça en fait le rôle de l’État. Il en va c’est vrai dans le secteur industriel que nous relançons, c’est aussi vrai dans les secteurs de la santé, de l’énergie, etc. » a-t-il expliqué.

            En clair, indique-t-il, là où le privé ne peut pas aller parce que le risque est élevé, le rôle de l’État est d’y aller. Mais, conclut-il, une fois que nous constatons, nous n’avons pas à nous plaindre, mais plutôt à agir. « Et comment est-ce que nous agissons, nous entreprenons des reformes. Le FPI dans les années à venir doit devenir une banque. C’est une réforme qui nous permet de résoudre ce problème. Le FPI, dans l’entretemps, doit bénéficier d’un certain nombre des dispositifs législatifs pour lui donner ce qu’on appelle  ‘le privilège du trésor’. Ceci lui permet d’ester en justice et de contraindre, comme le font les autres administrations de cette nature comme la DGI, les débiteurs indélicats à rembourser ou donner le pouvoir au FPI de se saisir des biens mis en caution, beaucoup plus rapidement. » a éclairé le ministre.

           Tout en insistant sur le fait que ce dossier repose sur une procédure parlementaire laquelle dénie toute interférence extérieure, Germain Kambinga a adressé un message clair aux oiseaux de mauvais augures : le travail est bien fait au FPI, allusion faite aux tours jumelles qu’il est venu visiter.

Tshieke Bukasa