Fosses communes au Kasaï : le BCNUDH accuse les FARDC

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Les FARDC en patrouille dans l'Est de la RDC. Photo MONUC/Marie Frechon
Les FARDC en patrouille dans l’Est de la RDC. Photo MONUC/Marie Frechon

Dans son dernier rapport sur la situation des droits de l’homme en RDC entre janvier et juin 2017, le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) révèle que la plupart des 42 fosses communes identifiées par le Bureau dans les trois provinces du Kasai en date du 30 juin 2017, auraient été  creusées par des éléments des FARDC ,suite à des affrontements avec des présumés miliciens. José Maria Aranaz, représentant du BCNUDH en RDC, qui a présenté ledit rapport à la presse hier mercredi 26 juillet 2017 au cours de la conférence de presse hebdomadaire des Nations, a précisé par ailleurs
que cela n’était pas synonyme de la responsabilité des FARDC en tant qu’auteures de ces massacres.

« Selon les témoignages que nous avons compilé, les FARDC ont creusé les fosses communes. Cela ne veut pas dire qu’elles sont responsables
de ces massacres. C’est pour ça que notre Bureau et tout le système
des Nations Unies sont prêts à donner leur appui aux autorités pour
conduire une enquête transparente et crédible pour établir la
responsabilité des auteurs de ces massacres », a-t-il affirmé. En
dépit de quelques avancées accomplies récemment, le BCNUDH regrette le
peu d’efforts engagés pour assurer des enquêtes crédibles et
indépendantes visant à traduire en justice les responsables de graves
violations des droits de l’homme dans ces provinces.
Il exprime aussi dans ce rapport son extrême inquiétude suite à la
détérioration alarmante de la situation des droits de l’homme dans les
trois provinces du Kasaï, en raison de la répression brutale et
disproportionnée contre la milice de Kamuina Nsapu par les forces de
défense congolaises. Au total selon le BCNUDH, au moins 428 personnes,
dont 17 femmes et 140 enfants, ont été tuées par des militaires des
FARDC, et au moins 37 personnes, dont trois femmes, par des miliciens
de Kamuina Nsapu. A en croire BCNUDH les pertes humaines dans les
provinces du Kasai  pendant cette période sont en réalité beaucoup
plus élevées.

La PNC en tête de liste des violations des DH

Il sied de relever que dans ce rapport semestriel du BCNUDH, qui a documenté durant cette période un total de 2 822 cas de violations et atteintes aux droits de l’homme sur l’ensemble du territoire national, il est fait état d’une grande responsabilité des agents de l’Etat évaluée à près de 58% soit 1 627 violations.  Il s’agit notamment des agents de la Police Nationale Congolaise, des militaires des Forces Armées de la RDC, des agents de l’Agence Nationale de Renseignement et des autorités administratives ou judiciaires. Dans ces statistiques, les agents de la PNC sont ceux ayant commis le plus grand nombre de
violations au cours du semestre, avec 693 violations à leur charge ce qui représente près d’un quart de l’ensemble des violations documentées sur l’ensemble du territoire kasaïen. Il s’agit principalement des violations du droit à la liberté et la sécurité de la personne et de l’exécution extrajudiciaire de 47 hommes, six femmes et neuf enfants. Les agents de la PNC sont également restés les principaux auteurs des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales liées à des restrictions de l’espace démocratique.

Et pour ce qui est des militaires des FARDC, 663 violations ont été
documentées contre eux, en majeure partie dans les provinces du
Nord-Kivu, du Haut-Katanga et du Kasaï Central.
Myriam Iragi