« Fosse » ou « Tombe » à Maluku ? La Monusco donne sa langue au chat

0
45

La conférence de presse hebdomadaire de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation de la RDC du mercredi 15 avril 2015 en son Quartier général de la Gombe, a été dominée par de nombreuses interrogations sur l’inhumation collective de 421 Congolais dans le cimetière Fula-Fula de la commune de Maluku. A ces préoccupations de la presse, le porte-parole de la Monusco, Charles Bambara, a déclaré qu’il est important que la lumière soit faite sur ce dossier qui est déjà entre les mains de la justice congolaise.

Tout en réaffirmant la volonté de la Monusco d’apporter son appui à cette enquête, le porte-parole s’est refusé à commenter la réponse du gouvernement congolais qui a rejeté l’offre de la Belgique se proposant d’appuyer financièrement les investigations avec un montant de plus d’un million et demi d’euros.  

 Au sujet du terme approprié à utiliser face à cette ténébreuse affaire, Charles Bambara a fait noter que la Mission n’a pas de mot précis. « Nous n’étions pas le premier à utiliser le vocable ‘fosse’, le gouvernement a dit ‘tombe’, nous prenons acte ! », a-t-il déclaré.

Au sujet de la sécurisation du site où les 421 Congolais ont été enterrés, la Monusco a souligné qu’elle n’a pas été associée à cette démarche. « Non, nous ne participons pas à la sécurisation du site… », a-t-il précisé, avant d’ajouter cependant que sa structure a participé aux réunions organisées par les autorités à cet effet et a même apporté quelques appuis logistiques.

Dans un autre registre, la Monusco a indiqué qu’elle suit toujours, à travers sa section droits de l’homme, le dossier ‘Filimbi’, du nom de l’organisation pro démocratie dont les membres congolais ont été arrêtés à Kinshasa avec des activistes des mouvements citoyens sénégalais (Y en marre !)et burkinabé( Balai citoyen).

Des échos de Goma renseignent, au sujet de cette affaire toujours, que quatre jeunes activistes du mouvement citoyen ‘Lutte pour le Changement’ (Lucha), arrêtés la semaine dernière puis gardés au parquet, ont été transférés lundi 13 avril à la prison centrale de Munzenze sur ordre du procureur de la République de Goma. Ces quatre membres de Lucha sont : Mulume Zahiga Jeancy, Trésor Akili Kahiwa, Kambere Sylvain et Kasereka Vincent.

Déjà, les membres de la Lucha et leurs avocats ont déposé une demande de liberté provisoire pour ces jeunes. Ils promettent d’organiser d’autres actions pour exiger la libération de ces jeunes militants qui sont étudiants à l’Unigom et à l’ISDR de Goma, si la liberté provisoire ne leur est pas accordée.

            Pour rappel, ces jeunes avaient été arrêtés par la police, le 7 avril, alors qu’ils menaient des actions pacifiques pour réclamer la libération d’autres membres du mouvement citoyen Filimbi détenus à Kinshasa depuis un mois. Parmi les personnes arrêtées à Kinshasa, on compte notamment Fred Bahuma, Jean Kaluseke et le webmaster Yves Makwambala, sollicité pour concevoir le site du mouvement Filimbi. Ils sont tous accusés par les services de sécurité de tentative d’insurrection.

Tshieke Bukasa