Forum sur la paix et la sécurité en RDC : la MP, l’Opposition et la Société Civile à Addis-Abeba

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Des délégués de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition (toutes tendances confondues) et de la Société Civile sont attendus ce week-end à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie, en vue de prendre part, du lundi 26 au mardi 27 septembre 2011, à un forum portant sur « Le processus électoral et les perspectives de paix et de sécurité en République Démocratique du Congo ». Sur la liste des participants apparaissent des membres du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) et leurs « alliés », de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) et leurs « alliés », de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise) et leurs « alliés ».

La Société Civile aligne surtout des représentants des organisations professionnelles des médias, notamment l’OMEC (Observatoire des Médias Congolais), UNPC (Union Nationale de la Presse du Congo), JED (Journaliste en Danger) et CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication). La CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), le ministère congolais de l’Intérieur, la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) et l’Union Européenne font également partie du panel des participants. Initiée par l’Institut d’Etudes de la Paix et de la Sécurité (IPSS) de l’Université d’Addis-Abeba, sous le parrainage de l’Union Africaine, à travers son Conseil de Paix et de Sécurité, cette rencontre devrait permettre une large concertation entre Congolais de tous les horizons autour de grands défis de l’heure.

Il s’agit entre autres de l’organisation « d’élections libres, transparentes et démocratiques, garantes d’une alternance apaisée et crédible », de la « restauration de l’Etat, des services publics, de la paix et de la sécurité sur tout le territoire congolais » et de « l’assurance du développement de la RDC à la hauteur de ses variées et immenses richesses naturelles grâce à une leadership responsable ».

L’Union Africaine vise comme objectif principal de « permettre aux principaux acteurs du processus électoral en RDC de réfléchir sur les perspectives de paix et de sécurité en RDC à la veille des élections. Selon plusieurs sources, la communauté internationale est fort inquiète de la marche du processus électoral congolais. Elle redoute notamment des contestations et violences post-électorales si les acteurs politiques congolais, sous l’œil vigilant des professionnels des médias, n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les termes de référence devant garantir la transparence des résultats et l’atterrissage en douceur de différents scrutins.
Afin de favoriser la réflexion, les « tables rondes » devraient se focaliser sur deux grands thèmes : « Les enjeux des élections et les perspectives d’un scrutin transparent et démocratique » et « Les solutions pour des élections transparentes et pacifiques en RDC ».

Le rassemblement des Congolais à Addis-Abeba, après celui de Johannesburg, en Afrique du Sud, où ils avaient adopté un Code de bonne conduite en vue de contribuer aux élections apaisées par l’acceptation élégante et honnête de la sanction du souverain primaire, s’inscrit pratiquement dans la même optique. Il appartient dès lors aux différents prétendants aux mandats électifs de prendre conscience du fait que si les résultats des urnes sont faussés par des actes de fraude ou de violence, la RDC court le grand risque de s’engager dans un nouveau cycle de conflit armé, et d’imploser comme Etat.
Ainsi donc, après le trou noir connu par le peuple congolais entre 1965 (date de secondes élections démocratiques et pluralistes remportées par la Conaco de Moïse Tshombe après celles de 1960 ayant consacré la victoire du MNC de Lumumba) et 2006 (date de troisièmes élections multipartites de l’histoire nationale), les Congolais ont intérêt à ne pas gâcher la nouvelle chance de paix, de démocratie, de cohésion nationale, de saine compétition, de libre choix des élus qui s’offre à eux.
L’entrée en scène de l’Union Africaine, de l’Union Européenne et de la Communauté Internationale, à travers la Monusco, indique que l’heure est grave pour le pays.

Kimp

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