Forgeage de la conscience tribale en Afrique et ses conséquences

0
114

(Par le Professeur Kambayi Bwatshia, UPN)
Aujourd’hui l’Afrique constitue pour les Africains, un habitacle
habité par des peuples disloqués vaille que vaille et par la force,
selon la volonté des nations jadis colonisatrices. Il était impérieux,
pour ces dernières, pour mieux connaitre leurs nouveaux sujets, de
valoriser d’une manière ou d’une autre, les spécificités de chaque
groupe humain stoqué. Après, on les appellera «tribus».

En langage colonial, la tribu suppose être un groupe d’hommes, de
femmes et d’enfants ayant une affinité linguistique, culturelle et une
organisation sociale commune. C’est un groupe qui admet avoir une même
origine et un même ancêtre commun, réel ou mystique. Vivant sur un
territoire politiquement propre et autonome, ce groupe s’est organisé
en d’autres sous-groupes qu’on a appelés « clans ». Dans l’ensemble,
cette organisation sociale est caractérisée par une conscience
parentale que les ethnologues, historiens, sociologues au service de
la colonisation, ont appelée «conscience tribale». On imagine qu’elle
est extrêmement forte souvent obsessionnelle, émotionnelle,
identitaire et fêlée. Naturellement, la notion des clans, tribus n’a
pas la même connotation selon qu’on parle en africain ou en
colonisateur. Donc, dès le départ, ces groupes vont entrer malgré eux,
dans une autre identité, celle voulue par les nouveaux maîtres. C’est
cela l’Afrique sans les Africains. Hélas ! On imagina aussi que
plusieurs tribus pouvaient constituer une ethnie. L’ensemble d’une
telle stratification se considère comme héritier d’une même communauté
historique et culturelle. Celle-ci se formule en termes de descendance
commune partageant la volonté de la maintenir et de la défendre d’une
façon ou d’une autre. Sans avoir nécessairement une expression
politique, l’ethnie peut se subdiviser, se regrouper ou se réorganiser
en définissant de nouvelles frontières sociales selon le processus
d’amalgame, d’incorporation, de division ou de prolifération, en
fonction des circonstances économiques ou politiques. Facilement
détectable de l’extérieur et sa mesure dépend du degré de l’expression
de la conscience ethnique groupale de ses membres.

Dans la mentalité populaire africaine et surtout dans les milieux
urbains, le langage ne voit pas d’inconvénient de parler d’ethnie
alors qu’on veut signifier la tribu et vice versa. La doctrine
coloniale, sa littérature et son enseignement ont mentalisé les
concepts «tribu » et «ethnie» en termes de primitivité par opposition
à «société civilisée». L’histoire de ces termes, si l’on veut,
remonter à l’antiquité  gréco-romaine. A l’époque, en effet, pour les
Grecs, le vocable «ethnos» s’applique à l’origine, aux populations
païennes vues comme des «nations au rabais et privées d’histoire». Les
Romains les appelaient les «Barbares», c’est-à-dire ces étrangers sans
organisation sociale fixe. Cette conception, atteignant la modernité
contemporaine, a gardé la même teneur quand, dans le contexte
darwinien, elle fut appliquée à tous les peuples des colonies
européennes de l’Amérique du nord et du sud, d’Afrique ou d’autres
contrées. Leur organisation socio-économique et politique, disait-on,
était assez lâche. La traite d’esclaves, avec son arrogance raciste, a
préféré s’en tenir au terme « tribu». A partir de ce moment, les
ethnologues, anthropologues, sociologues, historiens, coloniaux de
tout bord et de tout genre, ces «spécialiste en Afrique» spécialement
l’ont utilisé alors simplement, pour désigner n’importe quel groupe
humain dont la culture, selon eux, «se présentait comme étranger et
curieuse». Alors, du terme « tribu » on a tiré l’adjectif « tribal »
pour qualifier le « traditionnel » ou simplement tout individu, toute
culture, toute histoire issue hors de « la civilisation » européenne.
Ainsi, il était aisé de qualifier l’idéologie qui sous-tend la façon
d’être tribal, de «tribalisme». La péjoration et la désappréciation
gardent ici, tout leur contenu. A « tribu» aussi, a-t-on collé les
notions complexes et ambigües de «dialecte» et de «patois» en lieu et
place de «langue». Hélas ! Ces «choses», en Afrique, sont historiques
et collent à la peau des Africains qui, malgré eux, doivent faire
avec. Ici, l’identité dite tribale et ethnique sont devenues une
puissante conscience des «origines » des peuples dont il faut bien
tenir compte, tout en sachant que l’ethnicité devenue «ethnisme», et «
tribalité», dérangent énormément l’Afrique dans sa marche citoyenne
vers la démocratie.
Au lendemain de Berlin donc, l’Afrique se présente comme un continent
écartelé, émietté… Elle ressemble à une « chose» monstrueuse,
totalement bigarrée, hirsute et cacophonique, forgée expressément par
l’impérialisme concurrent de la deuxième moitié du XIXème siècle. Elle
est réellement visible comme un gibier marqué par les coups de
cautelas d’épaisseurs. Les «pièces» ou les morceaux du territoire
ainsi désagrégés et vaille que vaille organisés, étaient devenus des
«colonies» appartenant respectivement aux nations impériales
partageuses de l’Europe. C’es clair, ces genres de portions
tribalo-ethniques de territoires n’étaient ni homogènes, ni
économiquement viables. Et pour montrer que cela était bon malgré
tout, il fallait placer ces colonies sous la force d’une main
administrante coercitive et redoutable. Ça y est. Chaque Africain, les
Africains, a où ils ont trouvé sa ou leur nouvelle « patrie », c’est
là qu’ils seraient désormais casernés sous la « loi d’airain » de
l’économie coloniale.
Aujou
rd’hui l’Afrique constitue pour les Africains, un habitacle habité par
des peuples disloqués vaille que vaille et par la force, selon la
volonté des nations jadis colonisatrices. Il était impérieux, pour ces
dernières, pour mieux connaitre leurs nouveaux sujets, de valoriser
d’une manière ou d’une autre, les spécificités de chaque groupe humain
stoqué.
En langage colonial, la tribu suppose être un groupe d’homme, de
femmes et d’enfants ayant une affinité linguistique, culturelle et une
organisation sociale commune. C’est un groupe qui admet avoir une même
origine et un même ancêtre commun réel ou mystique. Vivant sur un
territoire politiquement propre et autonome, ce groupe s’est organisé
en d’autres sous-groupes qu’on a appelés « clans ». Dans l’ensemble,
cette organisation sociale est caractérisée par une conscience
parentale que les ethnologues, historiens, sociologues au service de
la colonisation, ont appelée « conscience tribale ». On imagine
qu’elle est extrême forte souvent obsessionnelle, émotionnelle,
identitaire et fêlée. Naturellement, la notion des clans, tribus n’a
pas la même connotation selon qu’on parle en africain ou en
colonisateur. Donc, dès le départ, ces groupes vont entrer malgré eux,
dans une autre identité, celle voulue par les nouveaux maîtres. C’est
cela l’Afrique sans les Africains. Hélas ! On imagina aussi que
plusieurs tribus pouvaient constituer une ethnie. L’ensemble d’une
telle stratification se considère comme héritier d’une même communauté
historique et culturel. Celle-ci se formule en termes de descendance
commune partageant la volonté de la maintenir et de la défendre d’une
façon ou d’une autre. Sans avoir nécessairement une expression
politique, l’ethnie peut se subdiviser, se regrouper ou se réorganiser
en définissant de nouvelles frontières sociales selon le processus
d’amalgame, d’incorporation, de division ou de prolifération, en
fonction des circonstances économiques ou politiques. Facilement
détectable de l’extérieur et sa mesure dépend du degré de l’expression
de la conscience ethnique groupale de se membres.
Dans la mentalité population africaine et surtout dans les milieux
urbains, le langage ne voit pas d’inconvénient de parler d’ethnie
alors qu’on veut signifier la tribu et vice versa. La doctrine
coloniale, sa littérature et son enseignement ont mentalisé les
concepts « tribu » et « ethnie »en termes de primitivité par
opposition à « société civilisée ».l’histoire de ces termes, si l’on
veut, remonter à l’antiquité  gréco-romaine. A l’époque, en effet,
pour les grecs, le vocable « ethnos » s’applique à l’origine, aux
populations païennes vues comme des « nations au rabais et privées
d’histoire ». les romains les appelaient les « barbares »,
c’est-à-dire ces étrangers sans organisation sociale fixe. Cette
conception, atteignant la modernité contemporaine, a gardé la même
teneur quand, dans le contexte darwinien, elle fut appliquée à tous
les peuples des colonies européennes de l’Amérique du nord et du sud,
d’Afrique ou d’autres contrées. Leur organisation socio-économique et
politique, disait-on, était assez lâche. La traite d’esclave, avec son
arrogance raciste, a préféré s’en tenir au terme « tribu ». A partir
de ce moment, les ethnologues, anthropologues, sociologue, historien,
coloniaux de tout bord et de tout genre, ces « spécialiste en Afrique
» spécialement l’ont utilisé alors simplement, pour désigner n’importe
quel groupe humain dont la culture, selon eux, « se présentait comme
étranger et curieuse. »Alors, du terme « tribu » on a tiré l’adjectif
« tribal » pour qualifier le « traditionnel » ou simplement tout
individu, toute culture, toute histoire issue hors de « la
civilisation » européenne. Ainsi, il était aisé de qualifier
l’idéologie qui sous-tend la façon d’être tribal, de « tribalisme ».
La péjoration et la désappréciation gardent ici, tout leur contenu. A
« tribu » aussi, a-t-on collé les notions complexes et ambigües de «
dialecte » et de « patois » en lieu et place de « langue ». Hélas !
Ces « choses », en Afrique sont historiques et collent à la peau des
Africains qui, malgré eux, doivent faire avec. Ici, l’identité dite
tribale et ethnique son devenue une puissante conscience des «
origines » des peuples dont il faut bien tenir compte tout en sachant
que l’ethnicité devenue « ethnisme », et « tribalité », dérangent
énormément l’Afrique dans sa marche citoyenne vers la démocratie.
Au lendemain de Berlin donc, l’Afrique se présente comme un continent
écartelé, émietté… Elle ressemble à une « chose » monstrueuse,
totalement bigarrée, hirsute et cacophonique, forgée expressément par
l’impérialisme concurrent de la deuxième moitié du XIXème siècle. Elle
est d’épaisseurs. Les « pièces » ou les morceaux du territoire ainsi
désagrégés et vaille que vaille organisés, étaient

LEAVE A REPLY

*