Forces et faiblesses des femmes aux élections dévoilées

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A l’initiative de l’ONG américaine Institut national pour la démocratie (NDI), les femmes politiques congolaises, toutes tendances confondues, ont bénéficié d’un séminaire dénommé « Femmes et Elections », hier mercredi 2 septembre 2015 au siège de cette organisation à Ngaliema. Sous la facilitation de Patrick Lembo, cette session avait pour objectif de débattre et de relever les défis et solutions pour la mise en application des prescrits de la loi en matière d’inclusion et de participation des femmes aux élections.

Invitées à repérer justement les faiblesses de leur participation au processus électoral, les récipiendaires ont, elles-mêmes, fait noter que le manque des moyens financiers, la discrimination de certaines candidates, le manque de confiance de femmes elles-mêmes, l’absence de solidarité entre elles, les pesanteurs culturelles, etc. justifient, entre autres, ce comportement.

Cependant, grâce aux différentes formations de renforcement des capacités dont elles ont bénéficiées de la part des organisations telles que NDI les femmes politiques ont indiqué se sentir ragaillardies et prêtes à affronter les prochains scrutins.

Peu avant ce diagnostic, Me Pelagie Ebeka Mujangi a brossé l’état des lieux du cadre légal de la participation féminine au processus électoral au pays. En somme, au sujet de la principale question liée à la manière d’impulser une volonté politique autre que celle des gouvernants, l’avocate a indiqué que mises à part  des lois difficilement applicables et de belles déclarations d’intention, rien n’est encore palpable en ce qui concerne la représentativité des femmes, même pour ce qui est des postes nominatifs (cf. article 81 constitution) qui eux ne nécessitent pas des listes électorales, mais seule une volonté ferme d’assurer une représentation équitable des femmes dans les instances de prise de décision.

« Quel bilan la RDC donnera-t-elle lors de l’évaluation en Décembre 2015, de la mise en œuvre du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement qui stipule notamment en son article 15 al 1 : »Les Parties s’efforceront de s’assurer qu’au plus tard 2015, 50% des postes de prise de décision dans les secteurs public et privé, notamment par le biais des mesures de discrimination positive visées à l’article 5 ? » s’est interrogée Me Pélagie Ebeka.

Pour sa part, Patrick Lembo a rappelé qu’en 2011, près de 10% seulement des femmes ont été élues. Les prochaines élections locales courent le risque de ne pas voir la situation s’améliorer car seulement 1988 femmes sur 17410 sont dans la course (soit 11,4%).

            Pour rappel, lancé le 30 janvier à Kinshasa, le programme « Tomikotisa» [« impliquons-nous », en français. NDLR] vise à améliorer, pendant trois ans, la gestion et l’organisation des partis politiques congolais. Ce programme met également l’accent sur la promotion de la participation des femmes et des jeunes au sein des partis politiques. L’agence américaine de développement international (USAID) finance ce programme à hauteur de 3 millions de dollars américains.

            Plusieurs activités sont prévues dans le cadre de ce programme: des focus group sur le rôle des partis politiques et la démocratisation en RDC, des formations diverses sur la participation politique des femmes et des jeunes, la planification stratégique, l’organisation et la croissance des partis, le leadership et le civisme, et autres, des séminaires et ateliers en faveur des partis politiques, des femmes et des jeunes, des cadres d’échanges “Mukutano” pour les leaders politiques, l’utilisation des médias et des nouvelles technologies

Tshieke Bukasa