Forces et faiblesses de N’Sele, le site pilote de la zone économique spéciale

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Juillet 2009. Le gouvernement de la RD Congo, à travers le Comité de pilotage des Zones économiques spéciales(ZES) désigne le site de la N’Sele pour aménager la première zone pilote dans notre pays. A en croire les décideurs politiques, ce site serait adapté au développement d’entreprises du secteur agro-alimentaire, permettant notamment la production et le conditionnement de produits pour approvisionner la région de Kinshasa. « La relance de la production industrielle à la N’Sele permettrait ainsi de créer de la valeur ajoutée en RDC, de développer l’emploi et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations » a-t-on soutenu. Pour permettre la mise en place effective d’une ZES pilote, le Groupe de la Banque Mondiale fournit, dans le cadre d’un Accord de coopération signé en aout 2009, une assistance technique sur le cadre juridique, institutionnel et réglementaire, et sur la planification de la zone. Par ailleurs, une Cellule d’appui au Programme de Zones économiques spéciales(CAZES) a été établie par le gouvernement, sous la tutelle du ministère de l’Industrie en décembre 2009.

Après quelques mois de travail, les Services-conseil du Groupe de la Banque Mondiale pour le climat des investissements ont organisé, hier mardi 13 avril 2010 au Cercle français de Kinshasa à Gombe, une séance de restitution des livrables de l’étude de faisabilité pour la mise en place d’une ZES pilote. Ces travaux, présidés par Anicet Kuzunda Mutangiji, ministre de l’Industrie et président du Comité de pilotage,  ont porté sur l’état d’avancement de l’étude sur l’analyse de la demande, centrée sur la ville-province de Kinshasa ; le diagnostic du site ; et enfin, la présentation d’un avant-projet de loi.

Concernant l’analyse de la demande, l’objectif stratégique est de qualifier et de quantifier une demande théorique pour une ZES. Pour les experts, il ressort de cette étude de préfaisabilité en ce que la RDC pouvait bel et bien développer un programme sur le site de la N’Sele, mais également le caractère diversifié de l’économie de Kinshasa. Cependant, il y a quelques facteurs qui peuvent limiter la réussite du projet. Particulièrement, l’isolement du site par rapport aux zones de concentration des activités économiques ; le problème de connectivité car s’il n’est pas résolu de manière effective, il y a une forte probabilité que la zone économique spéciale n’attire pas le secteur privé en nombre critique. Aussi, pour parvenir à réaliser son potentiel, les spécialistes estiment que le projet de la zone économique de la N’Sele doit donc être en mesure de résoudre, d’une manière ou d’une autre, le problème que présente cette distance physique, temporelle et économique qui sépare le site du centre économique de Kinshasa et de l’accès vers Matadi. Somme toute, face à l’insuffisance seule de l’activité industrielle, les experts recommandent une multi-activité de la zone, incluant des activités de services. « Le gouvernement devra donc travailler d’arrache pieds pour réaliser son vaste projet de modernisation des infrastructures pour donner plus de chances de succès à ce projet… » complètent-ils.

Au sujet du diagnostic du site, l’analyse a mis un accent particulier sur l’infrastructure et une étude en détail a été faite sur l’endroit. Elles portent notamment sur le statut foncier, l’accessibilité et connectivités, la topographie et contraintes de construction, les infrastructures existantes sur le site, les conditions environnementales et sociales ainsi que la délimitation du site. Il a été cependant proposé de chercher d’autres pistes parce que ceux existants ne sont plus praticables. Ainsi, les experts ont identifié quelques projets prioritaires pour l’accessibilité à la zone. Il s’agit, entre autres, de la remise en état et l’élargissement de la voirie ; du balisage et le dragage du fleuve Congo ainsi que la suppression des tracasseries sur les voies fluviales ; et de l’amélioration des transports en commun. 

Pour ce qui est du troisième et dernier point, la présentation de l’avant-projet de loi, partant du modèle des autres projets des lois existants dans quelques pays et un état des lieux juridico-institutionnel a été établi grâce à des rencontres avec les opérateurs publics et privés. Pour une meilleure appropriation de ce texte, affirme-t-on, les experts ont fait recours aux références législatives congolaises afin d’atteindre les mêmes objectifs. 

Au regard de cette restitution, le ministre Kuzunda a assuré aux experts de son soutien, ainsi que de tous les ministres membres du Comité de pilotage (ministères du Plan, Affaires foncières etc.) afin d’atteindre les objectifs fixés lors de la mise en place de ce programme. Soulignons qu’aux terme sdu Décret n°09/016 du 30 avril 2009, c’est le ministère de l’Industrie qui donne des orientations précises et se prononcera sur cette étude réalisée par la Société Financière Internationale.  

Tshieke Bukasa

 

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