Fonds alloués à la CENI : la population de Ngiri-Ngiri s’interroge

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« Nous, population, voulons voir clair dans le processus électoral :
la CENI va-t-elle organiser les élections ? Irons-nous aux élections
avec ces tractations politiques ? » Telles sont les questions que se
posent les habitants de la commune de Ngiri-Ngiri au sujet de la tenue
des élections, fixées au 23 décembre 2018. Elles étaient formulées au
cours d’une tribune populaire organisée hier mardi 7 août 2018 à la
maison communale par l’Observatoire de la Dépense Publique, dans le
cadre du contrôle citoyen des finances publiques en République
Démocratique du Congo.

Cette tribune d’expression populaire visait fournir au souverain
primaire des informations relatives à l’utilisation des fonds alloués
à la Ceni pour les élections, étant donné qu’il s’agit de l’argent du
contribuable congolais. L’objectif visé était de sensibiliser les
futurs électeurs sur le profil des candidats différents scrutins
programmés le 23 décembre 2018.
Il était nécessaire de réveiller les consciences des résidents de
Ngiri-Ngiri pour qu’ils ne se laissent pas berner, lors de la campagne
électorale, par les propos flatteurs et mensongers de la multitude de
candidats non seulement à la députation nationale et provinciale, mais
aussi à la présidentielle. Bref, il fallait saisir cette opportunité
pour les interpeller sur leur devoir civique d’ ‘’aller au vote et de
voter utile’’, afin d’avoir de vrais patriotes comme défenseurs de
leurs intérêts, à tous les niveaux. En effet, s’ils veulent avoir,
dans les 5 années à venir, des emplois, de bonnes routes, un bon
courant, une eau potable, un accès facile à l’école, l’autosuffisance
alimentaire, des soins de santé de qualité… il leur faut faire un
choix utile de leurs futurs gouvernants.
\D’entrée de jeu, Jacques Katchelewa, chargé du programme de
l’Odep a présenté l’état financier des fonds que la CENI a déjà reçus
pour les opérations préélectorales, les résultats d’analyse de
l’exécution du budget 2018 du pouvoir central, dans le cadre du projet
intitulé «Contrôle citoyen pour l’amélioration de la transparence et
la redevabilité du financement du processus électoral » piloté par
l’USAID.
A 5 mois des élections, la CENI n’a bénéficié que de 137 millions de
dollars américains. Comparé aux besoins exprimés par la CENI au début
de l’année, évalués à 432 millions USD, on note un gap de 295 millions
USD. Selon les projections des six prochains mois, les versements
globaux du gouvernement pourraient s’élever, en décembre, à seulement
274 millions de dollars américains, soit une moyenne de 22 millions
par mois.
Pourtant, la loi des finances de 2018 fixe les prévisions des
dépenses exceptionnelles sur ressources propres à 840.000.000.000,00
FC, soit 463.218.264,03 USD au taux moyen de 1813,4 FC/USD, les
dépenses exceptionnelles sur ressources extérieures (Appui logistique
de la Monusco) à 72.536.000.000,00 Fc, soit 40.000.000,00 Fc. Cela
fait que les dépenses totales sont de l’ordre de 912.536.000.000,00
Fc, soit 503.329.288,47 USD. Or, la principale régie financière, DGDA
(Direction Générale des Douanes et Accises) annonce la baisse des
importations et exportations.  L’amenuisement des recettes publiques
ne risque-t-il pas d’avoir un impact négatif sur le financement des
élections ? L’ODEP ne cesse de s’interroger à ce sujet.
Compte tenu du tableau sombre présenté par l’ODEP au sujet du
financement des élections, les participants au forum de Ngiri-Ngiri
ont sollicité une rencontre avec les membres de la CENI,
principalement son président, Corneille Nangaa, afin de comprendre la
réalité du financement du processus électoral. Ainsi Pius Mbwess,
membre du Conseil d’Administration de cette structure, a attiré
l’attention des jeunes sur le suivi de l’évolution du budget national
en général et des fonds alloués aux élections en particulier.
Invité à cette rencontre, Serge Letheta, cadre du parti politique «
Action Alternative pour la Renaissance du Congo » (AARC), membre de la
majorité présidentielle, a salué ce moment d’échanges avec les
habitants de Ngiri-Ngiri, soulignant avoir pris acte des
préoccupations soulevées par les participants. Pour l’essentiel, il a
invité l’Odep et ses sociétaires à garder leur calme, car le
gouvernement tient à la tenue des élections le 23 décembre 2018 et ne
ménage aucun effort pour mettre, selon des échéances bien définies,
les moyens requis à la disposition de la CENI.
Dorcas NSOMUE