Folles rumeurs autour du colonel Eddy Kapend, condamné à mort dans le dossier LD Kabila !

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Divers bruits faisant état de la mort du colonel Eddy Kapend, un des principaux accusés dans l’assassinat  de l’ancien Chef de l’Etat Laurent-Désiré Kabila, se sont répandus comme une traînée de poudre dans la capitale, le week-end dernier. Vérification faite, il appert que l’ancien aide de camp de LD Kabila se porte plutôt comme un charme dans sa cellule de la prison centrale de Makala, contrairement à ce que la radio trottoir a fortement véhiculé ces trois derniers jours. Au stade actuel, nul ne connaît l’origine de la rumeur et encore moins les motivations qui la sous-tendent.

Colonel de l’armée congolaise, il remplaça Joseph Kabila au poste de chef de l’armée congolaise le 20 octobre 1998, après que celui-ci a brièvement remplacé Pierre-Célestin Kifwa. Le 16 janvier 2001, Eddy Kapend abattit Rashidi Mizele, garde du corps du président Laurent-Désiré Kabila, qui venait d’assassiner ce dernier. Une enquête fut ouverte pour déterminer l’implication d’Eddy Kapend dans l’assassinat.

Condamné à mort lors d’un procès historique de neuf mois devant la cour d’ordre militaire, une juridiction d’exception, ayant poursuivi cette peine n’est jamais exécutée. Sans trembler, se souvient-on, la tête haute et le visage fermé, le colonel qui a toujours clamé son innocence s’est fait alors immédiatement dégrader.

Jusqu’à la mort du président Kabila, il était le respecté colonel Eddy. Celui qui avait son bureau à côté de celui de Kabila père croupit depuis une décennie dans une cellule de la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dans l’indifférence totale.

 Le général Yav Nawej emporte son secret

Commandant militaire de la ville de Kinshasa au moment de l’assassinat de l’ancien président congolais, Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, le général Yav Nawej Jean est décédé le jeudi 30 mai 2013 à l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa où il a été interné à la suite de maladie. Condamné à mort pour sa « participation » au meurtre du Chef de l’Etat, cet officier supérieur a passé 12 années à la Prison centrale de Makala dans l’attente d’une réouverture du procès pouvant le réhabiliter.

En effet, à en croire Me Jean-Marie Eley Lofele, avocat des condamnés du procès de l’assassinat de l’ancien chef de l’Etat, ce grand cadre de l’armée et compagnon de lutte de Laurent-Désiré Kabila était « un digne fils du Katanga et un client qui avait toujours cru à son pays…».

S’attardant sur les circonstances de son décès, Me Eley a rapporté que l’infortuné avait commencé des soins en prison. « Pendant longtemps, on n’acceptait pas qu’il aille à l’hôpital compte tenu de la gravité de l’infraction qu’on lui reprochait (…) Il avait l’espoir de voir aboutir la procédure. Au moment où nous acheminons vers un dialogue national et au moment où le problème devait être versé dans ce dialogue national pour la réconciliation, mon client a rendu l’âme, et cela n’honore pas la République démocratique du Congo. »

25 condamnés à morts encore en prison

 Il convient de rappeler que dans cette affaire, il y avait plus de trente condamnés à mort. Certains sont déjà morts, d’autres se trouvent toujours en prison. «Aujourd’hui, ils sont au moins 25 condamnés à morts toujours en prison, confirme l’avocat. Et comme le dialogue national va commencer, j’espère bien que les autorités vont tirer des leçons (…). Il faut tourner la page. Lorsqu’une juridiction exceptionnelle condamne quelqu’un à mort et qu’on vous promet qu’on va continuer les enquêtes, dix ans après, il est anormal que le procès ne continue pas. Or, les gens commencent à mourir, c’est l’occasion pour libérer nos compatriotes qui sont en prison. ». Dans le lot de ces détenus, il y a le colonel Eddy Kapend ; l’ancien conseiller spécial en matière de sécurité, Nono Lutula ; le capitaine Itongwan, Leta Mangasa, Nely ; etc.

Notons qu’en mai 2001, trois mois après le meurtre de Laurent-Désiré Kabila, la commission chargée de l’enquête avait publié le mercredi 23 mai un pré-rapport qui avait mis en cause l’Ouganda, le Rwanda et les rebelles du RCD-Goma (qui ont tous rejeté ces accusations). Mais avait passé sous silence les complicités éventuelles de nombreux officiers congolais, en fuite (comme le major Bora Uzima) ou au cachot depuis fin février (comme le colonel Eddy Kapend).

 «L’assassinat (de Laurent-Désiré Kabila) n’est pas un acte isolé. Il fait partie d’un Coup d’Etat préparé. L’Ouganda, le Rwanda et le RCD-Goma (mouvement rebelle pro-rwandais) ont travaillé ensemble», avait indiqué le président de la commission chargée de l’enquête, le Procureur général d’antan, Luhonge Kabinda Ngoy qui avait présenté une version très «langue de bois» d’un événement qui avait secoué toute la région.

Pour ce magistrat, «des collaborateurs des services» des rebelles du RCD-Goma et de leurs alliés «étaient présents à Kinshasa et dans des pays voisins» au moment du meurtre. Admettant tout de même que toute la lumière n’a pas été faite sur cet assassinat, Luhonge Kabinda Ngoy confirmera que certaines personnes arrêtées sur ordre de cette commission s’étaient «évadées». Au total 155 personnes avaient été arrêtées ou entendues dans les jours qui avaient suivi la mort de Kabila, et 104 sont toujours en prison, selon le procureur.

Tshieke Bukasa

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