FMI- RDC : nouveau report des négociations

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En principe, des experts du FMI (Fonds Monétaire International) étaient attendus à Kinshasa au mois de septembre, en vue d’évaluer, avec le gouvernement congolais, l’état de l’économie congolaise, au regard des observations faites lors des revues antérieures, dont la dernière est intervenue en mai-juin 2017. Cet état des lieux est considéré, par cette institution de Breton Wood, comme un des préalables à tout appui budgétaire ou aux projets de développement à consentir en faveur la République Démocratique du Congo.
Parmi les critères d’éligibilité imposés à la partie congolaise, il y
a, entre autres, ceux relatifs à l’accroissement des recettes
publiques, surtout dans les secteurs des mines, de la douane et des
impôts, à la compression des dépenses, notamment celles liées au
fonctionnement des institutions et de leurs animateurs. Il y a aussi
l’amélioration du climat des affaires, la gestion rationnelle de la
dette tant publique qu’intérieure, etc.
En sus des paramètres économiques, les experts du FMI ont mis sur la
table une conditionnalité politique, à savoir le respect de l’Accord
du 31 décembre 2016 et du délai butoir de décembre 2017 pour
l’organisation de l’élection présidentielle.
On rappelle qu’en juin dernier, le Premier ministre Bruno Tshibala a
écrit à la Directrice Générale du Fonds Monétaire International,
Christine Lagarde, pour solliciter une assistance financière
d’urgence, en lui faisant savoir que le pays s’était engagé dans la
voie des réformes  économiques destinées à booster ses recettes
minières, douanières et fiscales, le tout assorti d’une forte
discipline dans leur affectation. Le nouveau chef du gouvernement l’a
même assurée de la mise en œuvre du compromis politique du Centre
Interdiocésain, soulignant au passage que le « Rassemblement » avait
effectivement le contrôle du gouvernement et du Conseil de Suivi de
l’Accord du 31 décembre 2017.
On croit savoir que Kinshasa n’a pas tenu ses engagements aux plans
tant de la gouvernance économique que de la décrispation du climat
politique. D’où le report sine die du round d’évaluation prévu en
septembre et, partant, de tout appui financier du Fonds Monétaire
International ainsi que des partenaires bi et multilatéraux dont les
partenaires dépendent de l’état des relations entre un pays et cette
institution de Breton Wood. Ce qu’il faut craindre est que la
République Démocratique du Congo, très mal en point financièrement, ne
connaisse des lendemains catastrophiques avant la fin de l’année. Le
fait que le FMI insiste sur la clarification des enjeux politiques
dans ses rapports avec la RDC est fort gênant pour le pouvoir en place
à Kinshasa, qui estime que l’extérieur ne devrait pas s’ingérer de ses
affaires internes. Pendant combien de temps le pays va-t-il vivre
coupé de ses bailleurs de fonds traditionnels ? La question reste
posée.
Kimp