Floribert Chebeya de la VSV assassiné

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Le corps de Floribert Chebeya, président de la Voix des Sans Voix (VSV), une des plus célèbres organisations non gouvernementales congolaises de défense des droits de l’homme, a été retrouvé abandonné, hier du côté de Mitendi, dans la périphérie Ouest de Kinshasa, commune de Mont-Ngafula. Inanimé, il reposait  dans sa voiture, visiblement intacte.

Son chauffeur, Fidèle Bazana Edadi, lui aussi membre du personnel de la VSV, est introuvable jusqu’à ce jour.

La nouvelle s’est répandue hier comme une traînée de poudre à travers la ville, en raison de la notoriété nationale et internationale de la victime et de son organisation. Les défenseurs congolais des droits de l’homme, et leurs partenaires étrangers étaient sous un terrible choc.

A première vue, c’est la thèse de l’assassinat qui est sur toutes les lèvres des observateurs. Car, non seulement l’homme a cessé de donner son signalement exact après son rendez-vous manqué avec l’Inspecteur Général de la Police Nationale dans l’après-midi de mardi 1er juin, mais ensuite il a été tué en dehors de la ville, loin de sa résidence. En plus, comme pour ne pas laisser la possibilité aux enquêteurs de reconstituer les faits, son chauffeur est porté disparu.

Selon les informations diffusées aux premières heures de la journée d’hier dans les communiqués remis à la presse par la VSV et un panel d’Ong comprenant l’ACIDH, l’Asadho/Katanga, la CDH, la COSCCET, la GANVE et la MDR, Floribert Chebeya devait répondre, le mardi après-midi, à l’invitation lui lancée par l’Inspecteur Général de la Police. Mais, indiquaient les mêmes sources, la rencontre n’a pas eu lieu, pour des raisons inconnues.

Revisitant le chronogramme de feu Chebeya dans la soirée de mardi, sur pied des messages qu’il aurait envoyés à son épouse et à ses enfants entre 19 H 44 et 21 H 11, ses amis défenseurs des droits de l’homme ont constaté qu’il aurait coupé toute communication avec les siens après 21 h 15.

Des texto bizarres

Un grand doute pèse sur l’authenticité de ces messages. Selon Robert Ilunga, président de l’Ong « Les Amis de Nelson Mandela », qui s’est confié au journal Le Phare, le contenu et le style des Sms ne correspondaient pas aux habitudes de Floribert Chebeya. Aussi sa petite famille, soupçonnant une mise en scène, a-t-elle décidé de lui parler de vive voix pour s’assurer de cette ballade tout à fait particulière du côté de l’UPN. Craignant sans doute que la supercherie ne soit découverte, le mystérieux rédacteur et expéditeur des messages a résolu, pense-t-on, de boucher simplement le téléphone du malheureux défenseur des droits de l’homme. Dans les milieux de ses proches, on a du mal à croire que Chebeya ait été l’auteur des messages apparemment apaisants mais lourds de sous-entendus envoyés à son épouse et à ses enfants.

Corps à la morgue… voiture au Camp Kokolo

Compte tenu du mystère qui enveloppe la mort de Floribert Chebeya, la police criminelle, arrivée hier sur le lieu de ce qui a tout l’air d’un crime crapuleux, a décidé de consigner le cadavre à la morgue et la voiture au Camp Kokolo. Une enquête est ouverte pour tenter de trouver une explication aux circonstances de cet acte inhumain. Mais, on signale que des indices bizarres auraient été découverts dans sa voiture, à savoir des mèches de cheveux et des préservatifs. Ses mains portaient des traces comparables à celles des menottes ou des cordes. Ses lunettes gisaient sur la banquette. Tout donnait à croire qu’il aurait été torturé.

Ceux qui connaissent bien Floribert Chebeya ne croient pas qu’il se soit engagé dans une aventure amoureuse. D’aucuns pensent que ses exécuteurs ou les commanditaires du crime tenteraient de faire diversion pour semer davantage la confusion dans les esprits. Aussi, faut-il souhaiter la mise en œuvre d’une enquête sérieuse devant conduire à lever le gros voile qui couvre la disparition douloureuse de ce pionnier des défenseurs congolais des droits de l’homme.                 

 Kimp.

 

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