Firmin Yangambi entre la vie et la mort

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La cour militaire de Kinshasa/Gombe rend, ce mercredi, le prononcé du jugement dans l’affaire Ministère public contre Firmin Yangambi et consorts, accusé du chef de tentative d’organisation d’un mouvement insurrectionnel.

A la deuxième audience de la mi-février, le ministère public avait requis la peine de mort contre tous les prévenus pour tentative de participation à un mouvement insurrectionnel, dont la peine varie pourtant entre 10 et 20 ans.

Les exceptions soulevées par la défense de Firmin Yangambi et ses codétenus ont été rejetées. Elles portaient essentiellement sur l’irrégularité de la composition de la cour. L’avocat prévenu avait pris sa propre défense et a présenté ses excuses à la cour militaire pour solliciter sa libération. Le prévenu Yangambi avait, de nouveau, clamé son innocence, insistant auprès de la cour qu’il n’a jamais participé à une entreprise criminelle comme elle l’en accuse.

Le procès qui oppose le ministère public à Me Firmin Yangambi, Eric Kikunda, Ben Olangi et le colonel Elia Lokundo était entré dans la phase des plaidoiries lors des audiences du 27 janvier et du 3 février 2010.

Yangambi avait déclaré que ce procès n’est pas judiciaire, « puisqu’il n’a rien du droit ». Selon lui, c’est une affaire purement et simplement politique. L’avocat du prévenu a cependant déclaré à la Cour militaire qu’il est poursuivi pour avoir déclaré que les gens sont massacrés, qu’ils ne sont pas bien payés qu’ils ne sont pas bien nourris. « Car c’est l’objectif poursuivi aussi par le chef de l’Etat dans le cadre de 5 chantiers. Par conséquent, il n’est pas contre le président de la République ». Pour preuve, avait-t-il ajouté, « le Chef de l’Etat lui-même avait renvoyé le Budget 2010 au Parlement pour qu’on puisse tenir compte de tous ces paramètres ».

A l’attention du 1er avocat général Mukuntu, organe de la loi, le prévenu Firmin Yangambi Libote avait lancé : « Tu auras le sang de celui que tu poursuis. Est-il que ce n’est pas le sang de Me Firmin seul que tu auras, mais celui de tout le peuple congolais ». Et il avait dit aux juges militaires : « Je suis comme Jésus-Christ sur la croix. Le ministère public est en train de chercher ma tête, comme la femme de Hérode qui réclamait celle de Jean-Baptiste sur un plateau ».

Principal prévenu dans cette affaire, Me Firmin Yangambi avait déclaré que le réquisitoire du ministère public contient des affirmations gratuites et traduit la haine d’un individu, d’un réseau représenté par le rédacteur de ce réquisitoire. Selon lui, « il n’y a aucune preuve, il s’agissait d’un problème politique et le général Mukuntu – directeur de cabinet du conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité – est en train d’utiliser des renseignements pour les transformer en pénal ». Et de lâcher : « C’est un réquisitoire de la honte ! ».

L’avocat du prévenu avait affirmé que dans les dix-neuf pages du réquisitoire, il n’y avait que trois paragraphes qui parlent de l’insurrection. Pour lui «le réquisitoire du ministère public ne répond pas au standard minimal du réquisitoire en droit pénal congolais ».

Quant à la Cour elle-même, le prévenu Firmin Yangambi avait considéré que le procès n’a pas été équitable. Ceci, du fait que « toutes les requêtes formulées par le ministère public ont été acceptées, toutes celles que la défense a introduites ont été rejetées ». A titre d’exemple, avait-il poursuivi, la défense avait exigé mais sans succès la comparution des ministres Bongeli et Mende, ainsi que celle du gouverneur de la province Orientale.

Tout en soulignant avoir regretté d’avoir été traité de mégalomane dans ce réquisitoire, le principal prévenu avait aussi insisté sur le fait que « le ministère public ne doit pas siéger, parce qu’il est directeur de cabinet du conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité. Il ne peut donc pas faire les deux à la fois ».

DIK

 

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