Financement du terrorisme international : la RDC sur la liste noire des USA

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Décidément, le ciel des relations entre Kinshasa et Washington ne va pas s’éclaircir de si tôt. En sus du contentieux du « glissement » du calendrier électoral et du dossier de leur citoyen, Michael Sharp, expert onusien assassiné au mois de mars au Kasaï Central en compagnie de sa collègue suédoise Zaida Catalan restés en suspens, les autorités
américaines sont très irritées après la découverte des transactions financières suspectes entre des réseaux du terrorisme international et une banque installée en territoire congolais, la BGFI/Bank pour le cas d’espèce.

L’administration Trump ne décolère pas depuis que la presse
américaine a consacré de gros titres au rapport publié à ce sujet par
« The Sentry », un groupe d’enquêteurs politiques et financiers
spécialisés dans le suivi des mouvements des capitaux à travers notre
planète. La lutte contre le terrorisme et son éradication étant un des
défis majeurs que s’est assignés le nouveau locataire de la Maison
Blanche depuis sa campagne électorale pour la présidentielle, la RDC
est automatiquement inscrite sur la liste noire des USA.
En effet, on n’accepte pas, de l’autre côté de l’Océan Atlantique,
qu’un Etat, lui-même encore fragile aux plans politique, sécuritaire
et économique, puisse servir de base arrière au contournement des
sanctions américaines contre les réseaux du terrorisme international.
En permettant directement ou indirectement à ces escadrons de la mort
d’accéder au système financier américain, le Congo démocratique est
perçu comme un grand ennemi du peuple américain.
Même si on soutient, du côté de Kinshasa, que BGFI/Bank est en
liquidation et en phase de reprise par Afriland, les « crimes
économiques » commis par ses gestionnaires sont réputés consommés. On
considère du côté de Washington, que les actes posés sous le label de
BGFI/Bank remettent largement en cause l’engagement du gouvernement
congolais en faveur de la lutte contre le financement du terrorisme
international et le blanchiment des capitaux.
L’ouverture du marché congolais à l’argent sale, pense-t-on, est de
nature à affaiblir la gouvernance non seulement en RDC et en Afrique,
mais également à travers le monde.
Le dossier est si sensible qu’il faudrait craindre des représailles
américaines contre les personnes physiques et morales congolaises
présumées avoir trempé dans le financement du terrorisme
international.
Quant à savoir comment en est-on arrivé là, les regards se tournent
machinalement vers la Banque Centrale du Congo, censée jouer le rôle
de sentinelle dans la circulation de l’argent à travers le territoire
national. N’a-t-elle pas pu mettre en place un dispositif solide en
rapport avec les mouvements des capitaux, en vue de détecter l’argent
ayant un caractère illicite ? L’on s’interroge également sur l’inertie
de la BCC face aux remous internes observés en son temps au sein de la
BGFI/Bank, où des agents avaient signalé à leur haute direction,
depuis 2011, l’existence d’une série de transactions financières
suspectes, dans lesquelles était cité le Hezbolla.
Maintenant, qui va payer les frais de l’indignation qui monte au pays
de l’Oncle Sam ? A en croire nombre d’observateurs de la scène
politique américaine, il est pratiquement exclu que restent impunis
des comportements qui mettent en péril la vie des millions de citoyens
américains et la survie de leur nation. On laisse entendre que des
sanctions sévères contre des membres des réseaux terroristes impliqués
dans le blanchiment des capitaux à partir de la RDC ainsi que leurs
parrains politiques seraient à l’étude. De quelle manière les USA
vont-ils régler l’affaire ? C’est la grande question que l’on continue
de se poser.             Kimp