Fin de l’aventure de deux braqueurs à  bord des voitures «  ketches »

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D’Ouest en Est, et du Nord au Sud, la ville de Kinshasa est devenue,
depuis quelques temps, leur territoire où ils s’attaquent impunément
aux paisibles citoyens transportés à bord des voitures «  ketches ».
Les braqueurs ont tellement semé la terreur et la désolation sur nos
routes, que de nombreux Kinois préfèrent aujourd’hui se déplacer à
bord des bus ou mini-bus bondés de monde que d’être confortablement
assis dans des taxis surnommés « Ketches » pour leur petite taille.
Quelques inciviques ont vu un matin du mois de juin, leur sale besogne
stoppée. Et ce, grâce au coup de filet réussi par des éléments du
Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants. Parmi
plusieurs bandes de malfaiteurs neutralisées, deux méritent d’être
présentées et leurs méfaits mis en exergue.

Le premier groupe, composé du chauffeur de taxi Matondo Ngoma Lendo,
se sert d’une voiture de couleur grise, immatriculée 7061 AY / 01,
comme appât. Toujours à bord, deux braqueurs déguisés en passagers à
l’air inoffensif, attendent des victimes sans distinction de race, de
sexe et d’âge. Brigadiers Bidima Onema Patrick et Kamayekwa Songbama
alias Evapo, tous deux sont domiciliés au camp Kabila à Lemba.
A leur actif, les enquêteurs ont retenu l’enlèvement d’Ali Yassine,
sujet libanais, qu’ils avaient transporté un certain 24 mai, vers 18
heures, au Rond-point Ngaba. Cet homme d’affaires se rendait à son
domicile du quartier Bon Marché à Barumbu. Durant le trajet, vitres
relevées, portes verrouillées, la victime a été menacée de mort. Ne
pouvant se défendre seul contre ces bandits, Ali Yassine avait décidé
d’être consentant. C’est ainsi qu’il avait été dépossédé de la somme
de 540 dollars et de ses téléphones, avant d’être abandonné sur le
boulevard Lumumba, à la hauteur de l’église Shekinah, quartier
Salongo, commune de Limete.
La mort dans l’âme et tremblotant de peur, l’homme d’affaires
libanais avait pris un autre taxi express pour sa résidence, où il a
raconté aux siens, la mésaventure qu’il venait de vivre. Le jour
suivant, une plainte en bonne et due forme était déposée à la police.
Mis enfin hors d’état de nuire, les trois malfaiteurs ont reconnu
lors des interrogatoires devant les OPJ de la police, le braquage
d’Ali Yassine d’autres méfaits perpétrés dans la ville de Kinshasa.

Un braqueur venu de Matadi frappe à Kinshasa
Kinshasa, terreau des malfaiteurs de tous acabits, ici de groupes des
bandits de certaines provinces à y faire mouvement.
Kofale, de son vrai nom Mbongi Luamba Trésor, une figure bien connue
dans les milieux de caïds de la ville portuaire de Matadi, a décidé un
matin, de venir implanter sa bande des braqueurs à Kinshasa. La
capitale lui a ouvert grandement ses portes et c’est aux côtés de
Botomoyito Asenge Bob, un malfrat de sinistre réputation du quartier
Kauka, dans la commune de Kalamu, qu’il fera l’étude du milieu dans
une ville où il avait tout à apprendre. Avant de faire venir ses
lieutenants.
Premier coup du duo; l’extorsion d’une voiture. Ils l’ont arrachée
grâce au braquage d’un chauffeur qui les avait transportés dans un
coin isolé. Dépossédé de cet engin, le conducteur, larmes aux yeux,
était allé porter plainte à la police. De leur côté, les deux bandits
s’étaient alors lancés dans une campagne de braquages des passagers
qu’ils embarquaient sur les artères de Kinshasa. Dans le lot, il y a
le cas de Nitu Nianza Alida embarquée le 23 décembre 2017 sur l’avenue
Nyangwe à Lingwala et qui se devait se rendre au rond-point Victoire.
Il était très tard. Au cours du trajet, les brigands avaient sorti
leurs armes et menacé d’abattre la jeune fille sans défense. La
victime, tremblotante comme une feuille morte, avait été dépouillée de
quelques billets de banque, de ses bijoux et ses téléphones. Elle sera
abandonnée sur l’avenue du 24 novembre baignée dans l’obscurité, non
loin du rond-point Moulaert.
Six mois plus tard, dans leur traque des malfaiteurs, des éléments du
Groupe de lutte contre la criminalité et les stupéfiants tombaient sur
les deux brigands Botomoyito Asenge Bob et son comparse, Mbongi Luamba
Trésor alias Kofale, qui se déplaçaient allègrement dans une voiture
de couleur grise, portant plaques minéralogiques 1292 AB/ 01.
Présentement, la police cherche à reconstituer le palmarès des coups
perpétrés par ce duo dans la ville de Kinshasa. Ce qui n’est pas chose
facile pour des délinquants ne dressent pas des statistiques
hebdomadaires ou mensuelles pour pouvoir évaluer leurs performances.
Qu’ont-ils retenu dans leur mémoire qui flanche ? La suite des
investigations de la police pourra le dire.

J.R.T.